Boris Alliès remporte la Meilleure Tropézienne 2026 présidée par Christophe Michalak

Samedi 2 mai 2026, la place des Lices à Saint-Tropez a accueilli le concours de la Meilleure Tropézienne, organisé dans le cadre de l’événement Les chefs fêtent les producteurs et les artisans.

Présidé cette année par Christophe Michalak, le concours a réuni huit finalistes venus défendre leur interprétation de cette pâtisserie emblématique. Tous ont proposé une vision personnelle de la Tropézienne, entre respect de la tradition et lecture contemporaine.

Le film

Palmarès

1er Boris Alliès – Cheval Blanc Saint-Tropez
2e Juliette Hyllaire – Le Catering Robuchon, Monaco
3e Charlotte Cavagnaro – Cheffe privée

Les finalistes

Huit candidats ont été sélectionnés pour cette édition 2026. Tous ont porté une vision personnelle de la Tropézienne :

  • Bastien Amiard – La Mare aux Oiseaux, Saint-Joachim
  • Tom Eckerlen – La Réserve Ramatuelle
  • Manon Gouin – Mallory Gabsi, Paris
  • Cédric Rochette – Maison Gaillardet, Saint-Rémy-de-Provence
  • Maxance Teillon – Althoff Villa Belrose, Gassin
Boris Alliès remporte la Meilleure Tropézienne 2026 présidée par Christophe Michalak ©LeaGil

Entretien Christophe Michalak

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Pour Christophe Michalak, la Tropézienne lauréate s’est imposée par une évidence : l’émotion. Au-delà de la technique, c’est une création complète, à la fois belle, équilibrée et immédiatement lisible, qui a su convaincre l’ensemble du jury. « Elle cochait toutes les cases », résume-t-il, insistant sur la nécessité, pour une Tropézienne, de pouvoir à la fois séduire le regard, porter le goût et s’inscrire dans une forme de rayonnement médiatique. Le détail a fait la différence. Une brioche façonnée à la main, signe d’une grande maîtrise, une texture imbibée parfaitement exécutée, et une crème associant pâtissière et légèreté, relevée par des notes d’agrumes. Un ensemble subtil, précis, sans excès, où chaque élément trouvait sa place. Le pâtissier rappelle également la complexité de ce dessert en apparence simple : « une brioche et une crème », mais un équilibre qui demande des années de pratique pour atteindre la justesse. Cuisson, fermentation, texture, tenue de la crème – tout repose sur une maîtrise fine et une grande rigueur. Enfin, il souligne l’esprit du concours, marqué par une forte complicité au sein du jury et une dimension humaine assumée. Dans un cadre exigeant, en extérieur, avec des contraintes techniques réelles, cette édition aura confirmé une chose : la Tropézienne reste un exercice de précision, mais aussi de sensibilité. Chacun a proposé une interprétation fidèle mais personnelle de cette spécialité tropézienne. Derrière chaque création, une histoire, un souvenir, un territoire. L’authenticité s’est imposée, portée par une technique mise au service de l’émotion. La Tropézienne s’est exprimée dans toute sa finesse : une brioche délicatement levée, parfois légèrement imbibée, une crème onctueuse et aérienne, une touche subtile de fleur d’oranger, et ce sucre grain qui signe son identité.

Boris Alliès soulève le trophée de la Victoire de Patrick Rougereau ©LeaGil

Premier concours et déjà première victoire. Discret de tempérament, Boris Alliès mesure le risque qu’il a pris en se lançant dans cette compétition, mais aussi le chemin parcouru pour arriver jusqu’à ce résultat. « Je me suis donné un maximum, j’ai fait énormément d’essais pour en arriver là », confie-t-il, encore marqué par l’intensité de l’épreuve. D’autant qu’il a ouvert le bal en tant que premier candidat, une position particulièrement impressionnante : « C’est quelque chose de compliqué. J’ai essayé de faire de mon mieux malgré la pression. »

Son parcours s’est construit auprès de grandes maisons. Après avoir travaillé chez Georges Blanc et Marc Veyrat, il évolue depuis douze ans dans le groupe Cheval Blanc, et cela fait cinq ans qu’il est chef exécutif  pâtissier de La Vague d’Or, à Saint-Tropez.

Pour cette victoire, il a choisi de revisiter un gâteau d’enfance, une tropézienne qu’il aime profondément. Son parti pris : ne pas utiliser de vanille. Un choix volontaire, pensé comme un véritable défi personnel. « Il fallait vraiment retravailler de zéro », explique-t-il. La recette repose ainsi sur une infusion d’orange confite, pour retrouver dans le pain ce petit fruit confit que l’on associe à la brioche. L’orange est travaillée sous forme de marmelade, avec une légère amertume, puis associée à une crème à la fleur d’oranger, destinée à contrebalancer le fruit.

La forme, elle aussi, revendique la simplicité. Pas de cercle parfait, mais un façonnage à la main, dans l’esprit d’une brioche vivante et légère. Pour lui, une tropézienne doit rester contenue, maîtrisée, afin de préserver toute sa légèreté.

Le jury 2026

  • Christophe Michalak – Chef pâtissier, fondateur de Michalak Paris
  • Pascal LacMaison Lac, Nice
  • Lilian BonnefoiPâtisserie Lilian Bonnefoi, Antibes
  • Julien DugourdPâtisserie Julien Dugourd, Nice
  • Philippe EtchebestLe Quatrième Mur, La Table d’Hôtes, Maison Nouvelle, Signature, Le Classique, Bordeaux
  • Julie MathieuFou de Pâtisserie, Paris
  • Albert DufrêneLa Tarte Tropézienne®, Saint-Tropez
  • Maxime FrédéricCheval Blanc Paris, Plénitude, et Pleincœur
  • Christophe FelderLes pÂtissiers (avec Camille Lesecq), Mutzig / Dorlisheim
  • Maxence BlondelAirelles Saint-Tropez, Pan Deï Palais

Pensé comme un moment de partage, le concours s’est inscrit dans l’esprit des Chefs fêtent les producteurs et les artisans, dont Mauro Colagreco était le parrain en 2026. Le public, venu nombreux, a pu découvrir et déguster les créations, renforçant la dimension conviviale de ce rendez-vous. À la clé, une récompense singulière : une œuvre en bronze signée Patrick Rougereau, conçue comme un objet d’art autant qu’un symbole de reconnaissance.

Née à Saint-Tropez en 1955 de l’imagination du pâtissier Alexandre Micka, la Tropézienne doit son nom à Brigitte Bardot, séduite par cette brioche garnie d’une crème dont la recette reste encore aujourd’hui jalousement gardée. Depuis, elle s’est imposée comme une icône de la gourmandise méditerranéenne, inspirant chaque année une nouvelle génération de pâtissiers.

À Saint-Tropez, le concours lui a offert une scène à sa mesure : celle d’une tradition vivante, fidèle à ses racines, mais toujours ouverte à de nouvelles interprétations.

Par Sandrine Kauffer-Binz

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Maxime Frédéric Membre du jury