L’assemblée générale de la Fédération des Chefs d’Alsace s’est déroulée lundi 8 juin 2026 au Royal Palace de Kirrwiller, privatisé pour l’événement. Dans ce lieu emblématique, connu pour son univers festif et spectaculaire, la fédération a vécu un moment important de son histoire : une transmission de présidence, une passation de fonctions et de responsabilités entre Roger Bouhassoun, qui quitte la présidence après huit années d’engagement, et Yann Eber, chef de l’Auberge de la Chèvrerie à Griesheim-près-Molsheim, élu nouveau président des Chefs d’Alsace.
Cette assemblée générale a pris des allures de rendez-vous fédérateur, dans une ambiance à la fois professionnelle, amicale et solidaire. Les membres présents ont salué le travail accompli par Roger Bouhassoun, dont les deux mandats ont contribué à structurer, moderniser et renforcer la fédération. Bons cadeaux, communication, digitalisation, refonte du site internet, rassemblement des membres : autant d’actions menées collectivement, mais portées avec constance par un président qui aura marqué une étape dans la vie des Chefs d’Alsace.
« C’est une transmission heureuse, c’est que du bonheur », confiait Roger Bouhassoun au moment de passer le relais. « Ce qui est beau, c’est d’avoir emmené la fédération aussi loin sur ce beau chemin. Elle va encore faire un très beau parcours, je l’espère et je le souhaite de tout mon cœur. » Pour l’ancien président, la fédération est aujourd’hui apaisée, unie, structurée. « Elle fonctionne presque comme une vraie entreprise, et je trouve cela formidable. Nous avons créé un réseau très fort, une fédération très familiale, très unie. »
Yann Eber, entré aux Chefs d’Alsace en 2014, connaît bien la maison. Membre du comité depuis près de dix ans, trésorier depuis quatre ans, il s’inscrit dans une continuité assumée. « Je dirais que c’est venu presque naturellement », explique-t-il. « Roger me disait : “Tu ferais un bon président. Qu’est-ce que tu en penses ?” Petit à petit, comme nous sommes vraiment sur la même longueur d’onde, j’ai décidé de me lancer. »
Pour le nouveau président, cette élection représente à la fois une responsabilité et une fierté. « C’est beaucoup d’investissement, mais c’est un réel bonheur pour moi de m’engager pour les Chefs d’Alsace, de travailler pour la gastronomie alsacienne, pour les restaurants alsaciens, pour la transmission et pour toutes les valeurs que les Chefs d’Alsace incarnent. » Yann Eber entend poursuivre le travail engagé, tout en insufflant sa propre dynamique, notamment autour de la jeunesse, des écoles et de la transmission. « La jeunesse, c’est notre avenir, et notre devoir est de transmettre notre savoir. Il est important de préserver les traditions, notamment culinaires, parce que l’Alsace est une terre de restaurants et de gastronomie. »
Le nouveau bureau
Lors de cette assemblée générale, le nouveau bureau de la Fédération des Chefs d’Alsace a également été élu. Yann Eber, chef de l’Auberge de la Chèvrerie à Griesheim-près-Molsheim, en devient le président. La vice-présidence et le secrétariat sont confiés à Thibaud Haeffelin, du restaurant Au Bon Coin à Wintzenheim. Joël Philipps, du 5 Terres Hôtel & Spa – MGallery Hotel Collection à Barr, est élu vice-président. La trésorerie revient à Sacha Bender, du restaurant Le Freiberg à Obernai.
Les assesseurs élus sont Alexis Albrecht, de l’Auberge au Vieux Couvent à Rhinau, Didier Roeckel, du restaurant À la Couronne à Scherwiller, Sylvain Scherer, du Resto de la Gare à Mundolsheim, Nicolas Laurent, de La Charrue à Sand, Christophe Poujol, du restaurant À La Truite à Illhaeusern, et Hélène Ober, du Caveau de l’Étable à Niederbronn-les-Bains.

Cette assemblée générale a également été marquée par l’arrivée de nouveaux membres, qui ont reçu leur panonceau et rejoignent officiellement l’association. Parmi eux figurent Le Couvert à Sélestat, La Croisée des Chemins à Eichoffen, Le Bouton d’Or à Lapoutroie, qui a remporté le concours de la meilleure bouchée à la reine, ainsi que La Vieille Tour à Sélestat.
Dans son discours, Roger Bouhassoun a invité les membres à garder confiance dans une fédération désormais connue et reconnue des Alsaciens. À propos de Yann Eber, il évoque « une force tranquille », un homme réfléchi, déjà engagé dans le fonctionnement de l’association par ses années de trésorier. « Il est sur les rails. Il est devant la locomotive, tout le monde est derrière dans les wagons, et ils sont là pour l’accompagner. »

Cette image résume l’esprit de cette assemblée générale : une fédération en mouvement, soudée, tournée vers l’avenir, sans renier son histoire. Dans un contexte où les restaurants alsaciens doivent plus que jamais défendre leur identité, transmettre leurs savoir-faire et renforcer les liens entre les générations, les Chefs d’Alsace ouvrent une nouvelle page avec Yann Eber à leur tête.
Une page écrite dans la continuité, avec la volonté de servir la gastronomie alsacienne, ses maisons, ses chefs, ses équipes et ses traditions. Une passation heureuse, portée par de bonnes ondes, et le sentiment partagé que la fédération avance désormais sur des bases solides.
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La soirée s’est poursuivie autour d’un dîner signé Bruno Schlewitz, chef du Royal Palace et Maître Cuisinier de France, accompagné de sa brigade. Dans l’esprit de cette assemblée générale à la fois conviviale et fédératrice, le menu a déroulé une partition très alsacienne, élégante et précise.
Après les amuse-bouches, le repas s’est ouvert sur un lingot de foie gras de canard associé à la quetsche et au girofle, relevé par une chlorophylle de menthe et d’Opalroot. La fraîcheur végétale s’est ensuite invitée avec une salade d’asperges à la vinaigrette miso, accompagnée de burrata, de jaune d’œuf mimosa et de raifort, dans un équilibre entre douceur lactée, vivacité et notes alsaciennes.

La truite saumonée confite de la Pisciculture de Sparsbach a prolongé cette lecture du territoire. Servie avec une choucroute cuite au cumin et un bouillon de légumes, elle était escortée de wakamé et d’un condiment de betterave rouge, dans une composition entre tradition régionale et ouverture contemporaine.
Le plat principal mettait à l’honneur une bûchette de volaille fermière Label Rouge, accompagnée de räjgebradeldi, de cébette et de truffe, avec une mousseline de petits pois au curry vert. Une assiette généreuse et soignée, où la cuisine de terroir dialoguait avec des touches plus actuelles.
L’assiette des trois fromages du Domaine des Bufflonnes a précédé le dessert, construit autour d’un Bun & Roll aux fraises d’Alsace et à la rhubarbe, d’une crème diplomate vanillée au kirsch et d’un sorbet cacao. Une dernière séquence gourmande, ancrée dans la saison, qui venait conclure cette assemblée générale sur une note douce et festive.
Par Sandrine Kauffer-Binz
crédit photos ©Celine De Monte, Umih67 et Sandrine Kauffer-Binz,
crédit vidéos ©Sandrine Kauffer-Binz

Le menu de la soirée





