À l’occasion d’un déjeuner chez Jean-Yves Schillinger, au JY’S à Colmar, pour préparer un grand reportage destiné à la Revue culinaire, l’entretien s’est prolongé, dense et sincère. J’ai abordé avec le chef différents sujets, bien sûr Kathia, l’amour de sa vie, mais aussi la figure de son père, entre conflit, respect et admiration. Jean-Yves Schillinger a poursuivi son chemin en pensant à lui, avec cette quête d’une deuxième étoile Michelin, qui résonne aussi comme une revanche intime, une manière de prouver sa valeur.
La boucle est bouclée. De son enfance à l’internat à sa trajectoire new-yorkaise, jusqu’à son retour en Alsace, il se raconte avec cette franchise et ce franc-parler qui le caractérisent.
Un déjeuner au JY’S mai 2026
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Le charriot de mignardises Kathia
Aujourd’hui, le souvenir de Kathia imprègne chaque recoin du restaurant. Dans la salle apaisée où le service conserve cette précision discrète qu’elle incarnait, un détail bouleversant attire désormais le regard : le chariot de mignardises, baptisé « Kathia ». Motorisé, rétroéclairé, doré avec pudeur, il s’avance lentement entre les tables, imposant le silence. Ses lignes sont fines, élégantes, ses reflets chauds, et chaque passage semble suspendre le temps. Ce chariot, imaginé avec amour, lui rend hommage à chaque service, dans la lumière tamisée, au moment où le repas s’achève et que la douceur prend le relais de l’émotion.

Par Sandrine Kauffer
Photos et videos ©SandrineKauffer


