Guillaume Gomez et Sydney Biasotto: »le bon duo chef/ producteur »

Du 3 au 5 mai 2025, la place des Lices à Saint-Tropez a réuni 160 chefs et 300 producteurs et artisans pour célébrer ceux qui nourrissent la gastronomie. Une édition marquée par le passage de relais d’Arnaud Donckele, initiateur de l’événement, à un duo local incarnant le lien essentiel entre terre et cuisine.

L’association Les Chefs fêtent les Producteurs et Artisans, présidée d’honneur par Arnaud Donckele, a lancé la 5ᵉ édition de cet événement unique à Saint-Tropez. Le chef trois étoiles de La Vague d’Or a choisi de passer la main, « s’effaçant pour la cause », tout en confiant la co-présidence à deux figures locales : Vincent Maillard, chef de Lili of the Valley et Sydney Biasotto, potagiste de la Plantation du Seed, à Grimaud. L’idée, c’était de garder l’identité locale de cet événement, en associant un chef et un producteur comme symboles de ce lien essentiel. Arnaud l’a voulu ainsi : passer le flambeau pour que l’événement perdure, main dans la main.

Donner la parole à ceux qui cultivent

Dans une interview croisée sur son stand, Sydney Biasotto évoque son engagement dans l’association, son lien avec les chefs et la manière dont il représente les producteurs :

« Ce qui compte, c’est de créer des interactions sincères entre producteurs et chefs, pour favoriser des échanges enrichissants. »

Une philosophie que partage Guillaume Gomez, ancien chef de l’Élysée et ambassadeur de la gastronomie française, très attaché à la valorisation des savoir-faire agricoles et artisanaux :

« Ce festival, ce n’est pas les chefs ET les producteurs, c’est les chefs QUI FÊTENT les producteurs. Ce n’est pas un décor, c’est le cœur du projet. Même les chefs les plus connus viennent ici s’effacer devant cette cause. C’est fort.»

Arnaud Donckele annonce la co-présidence du collectif

Le duo idéal : écoute, respect et terroir

Ce festival met en lumière la complémentarité et la complicité qui se tissent entre ceux qui font et ceux qui transforment.
Pour Sydney Biasotto :

« La première rencontre est essentielle. Il faut se parler, se comprendre, goûter ce que fait l’autre. On apprend à connaître la personnalité culinaire du chef. Ensuite, on sait lui proposer ce qui lui correspond. C’est un dialogue sur mesure. »

Guillaume Gomez ajoute :

« Pendant longtemps, les chefs faisaient leurs cartes sans se soucier des saisons ni des producteurs. Ce qui a changé ces vingt dernières années, c’est l’humilité. Aujourd’hui, un chef n’impose plus, il écoute. Et parfois, c’est le produit qui décide de l’assiette. »

Rassembler 160 chefs et 300 producteurs et artisans pendant trois jours dans un même lieu est un exploit rare, et un signal fort en faveur d’une gastronomie consciente, responsable et collective.

À Saint-Tropez, sous le soleil de la Place des Lices, producteurs et chefs réaffirment leur engagement commun.
Un dialogue entre la terre et la table, entre les racines et les mains, pour une gastronomie française toujours plus humaine et durable.

Par Sandrine Kauffer