Fabrice Sommier « Il y a un avant et un après le titre de MOF »

Originaire du Berry, Fabrice Sommier est Meilleur Ouvrier de France en Sommellerie depuis 2007, Master of Port 2010 et président de l’Union de la Sommellerie Française (UDSF) depuis 2023, succédant à Philippe Faure-Brac. Après avoir fait ses armes dans plusieurs grandes maisons, notamment auprès de Jean Bardet, Philippe Groult et Bernard Loiseau, il rejoint en 2000 la maison Georges Blanc, à Vonnas, où il exerce pendant plus de vingt ans, de chef sommelier à directeur du groupe. En 2021, il fonde à Mâcon la Wine School by Fabrice Sommier, dédiée à la formation, à la dégustation et à la transmission. Engagé depuis de nombreuses années dans l’organisation des compétitions professionnelles, il participe en qualité de juré aux épreuves finales de l’examen Un des Meilleurs Ouvriers de France, organisées les 7 et 8 octobre 2026 au Lycée Hôtelier International de Lille. Il revient sur ce que représente le prestigieux col bleu-blanc-rouge, le changement de statut qu’il entraîne et les exigences de cet examen d’État.

Entretien

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Le titre de Meilleur Ouvrier de France marque un véritable tournant dans une carrière. Il y a un avant et un après, une reconnaissance qui dépasse la seule maîtrise du métier et transforme le regard des autres. « Avant, je parlais. Maintenant, on m’écoute. » Cette formule résume le changement de statut que peut apporter le prestigieux col bleu-blanc-rouge. Il confère une légitimité nouvelle, une autorité professionnelle et une crédibilité qui permettent aussi d’aborder des sujets plus larges, notamment les enjeux économiques de la profession. Mais cette reconnaissance s’accompagne d’une responsabilité : représenter son métier, défendre ses valeurs, transmettre son savoir-faire et contribuer à son rayonnement.

L’examen Un des Meilleurs Ouvriers de France ne récompense pas simplement une performance technique. Il distingue des professionnels capables de conjuguer excellence, rigueur, créativité, organisation et savoir-être. Les candidats doivent démontrer une maîtrise complète de leur métier, mais également leur capacité à anticiper, à s’adapter, à gérer la pression et à transmettre leurs connaissances. L’exigence est d’autant plus forte qu’il ne s’agit pas d’un concours avec un classement : chacun est évalué selon un niveau d’excellence défini. Plusieurs candidats peuvent obtenir le titre, comme aucun ne peut être distingué.

Au-delà des épreuves, le MOF représente ainsi une forme d’accomplissement personnel et professionnel. Le titre ne constitue pas une fin en soi, mais le début d’une nouvelle responsabilité envers la profession et les générations futures. C’est toute sa singularité : une distinction individuelle qui engage celui qui la porte au service d’une ambition collective.

Par Sandrine Kauffer-Binz

Fabrice Sommier ©Sandrine Kauffer
9 finalistes au titre du MOF Sommellerie en 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz