Président de l’Association des Barmen de France depuis 2018 et de la classe Barman du concours Un des Meilleurs Ouvriers de France, René Delvincourt défend la reconnaissance d’un métier qui conjugue précision du geste, créativité, connaissance des produits et sens de l’accueil. À Lille, lors des finales MOF 2026, dix candidats sélectionnés parmi 39 participants aux qualifications tentent de décrocher le prestigieux titre. Une compétition exigeante qui illustre aussi la place grandissante des métiers du bar dans la gastronomie française.
À Lille, cette cinquième session témoigne de l’attractivité croissante du titre : 49 candidats inscrits, 39 présents aux qualifications et dix finalistes. Pendant deux journées, les épreuves conçues par une commission spécialisée ont exploré les différentes dimensions du métier : connaissances générales, découverte des produits, taille de glace, maîtrise technique et création de cocktails. L’œuvre imposée, construite autour de trois thématiques et de trois procédés d’élaboration, devait être présentée, argumentée puis réalisée dans les conditions d’un salon professionnel international. Présentation marketing, découverte du matériel, réalisation devant le public et dégustation finale ont ainsi permis au jury d’apprécier autant la cohérence du projet que sa parfaite exécution. Les profils des candidats reflètent également la diversité de la profession : barmen de palaces, professionnels indépendants, entrepreneurs de l’événementiel, autodidactes et enseignants. Pour René Delvincourt, l’excellence ne se résume pas à la réussite d’un cocktail : « Il faut aller au plus haut de ses capacités, de ses possibilités. Il faut pousser à l’extrême dans le souci du détail, l’anticipation, apprendre les gestes qui vont avec. » Une exigence qui explique la rareté de la distinction : seulement sept professionnels ont obtenu le titre de MOF Barman depuis la création de la classe. Et aucune session ne garantit nécessairement de nouveaux lauréats.

Pour la première fois, les finales des classes Cuisine, Sommellerie, Barman et Maître d’hôtel sont réunies simultanément dans un même établissement. Une évolution qui suscite une émotion particulière chez René Delvincourt. « C’est phénoménal », confie-t-il, avant de rappeler que la gastronomie française ne saurait se limiter à la seule cuisine. « Quand on a un client à table, il veut bien manger, il veut bien être servi, il veut bien boire, goûter de bons vins et avoir son apéritif comme il l’entend. » Cette complémentarité, désormais incarnée par les quatre métiers réunis à Lille, représente à ses yeux une avancée majeure dans leur reconnaissance mutuelle. Le dîner de gala, rassemblant les différentes professions, lui a également offert une illustration de cette cohésion et de l’engagement des jeunes générations. « On est ravis d’intégrer la grande famille de la gastronomie française », souligne-t-il avec émotion. Une reconnaissance collective qui donne tout son sens à son engagement : faire du métier de barman une composante pleinement reconnue de l’excellence gastronomique française, en France comme à l’international.
par Sandrine Kauffer-Binz


