Top Chef 2026 #13 – Dans l’octogone des quarts de finale, Aboubakar Bamba quitte l’aventure

Le 13e épisode de Top Chef 2026, diffusé mercredi 27 mai 2026 sur M6, marque l’entrée des candidats dans la dernière ligne droite du concours. Pour ce quart de finale, l’émission prend des airs de ring : toutes les épreuves se déroulent dans l’octogone, comme si la cuisine devenait un combat de précision, d’endurance et de mental. Trois défis s’enchaînent dans la même journée, mettant à l’épreuve la créativité, la résistance au stress, la compréhension des sujets et la capacité des candidats à rester fidèles à leur idée sous pression.

Les candidats sont évalués en duo avec leurs chefs de brigade : Viviana Piscane avec Hélène Darroze, Alexy Algar-Denos avec Glenn Viel, Aboubakar Bamba avec Philippe Etchebest et Victor Kuntz avec Paul Pairet. Ensemble, ils se prêtent d’abord à l’exercice délicat de la mono-texture, face à Alan Taudon chef deux étoiles Michelin à l’Orangerie et Michaël Bartocetti chef pâtissier tous deux officiant au George V. Ils doivent ensuite réinterpréter le pain en version gastronomique devant Marcel Ravin 2 étoiles au Blue Bay Marcel Ravin à Monaco et Dimitri Droisneau, 3 étoiles Michelin à laVilla Madie à Cassis avant de conclure par une dernière épreuve autour du maquereau.

Au fil de ces trois paniers mystères, ce sont autant les assiettes que les tempéraments qui se révèlent. La gestion de l’émotion, le rôle du coach, l’écoute du mentor, la lecture juste d’un sujet et la capacité à faire briller un produit central deviennent déterminants. À l’issue de cette journée intense, Aboubakar Bamba quitte l’émission. Son départ, salué par les compliments du jury et les mots de Philippe Etchebest, referme le parcours d’un candidat présenté comme un phœnix, revenu de loin, qui aura marqué cette saison par sa ténacité, sa sincérité et sa capacité à ne jamais lâcher.

Mono-texture, l’anti-sujet

La première épreuve, consacrée à la mono-texture, pose d’emblée un sujet conceptuel, presque contraire aux réflexes habituels de la gastronomie. À ce niveau de concours, travailler une mono-texture revient à bâtir toute une assiette autour d’une sensation dominante : le croustillant, le fondant, le moelleux, le crémeux, le mousseux, le cassant ou le mou. La contrainte resserre le propos du candidat. Elle l’oblige à choisir une direction sensorielle unique, puis à lui donner du relief par le goût, la température, l’assaisonnement, la construction, le dressage et l’intention. La texture devient un langage. Elle porte l’idée, révèle la main, donne la ligne de conduite de l’assiette et oblige le cuisinier à transformer une sensation première en émotion culinaire.

Ce sujet résonne particulièrement avec le parcours de Viviana Piscane. Face à la mono-texture, la candidate exprime une forme d’inquiétude, comme si la consigne venait contenir son instinct créatif. Pourtant, lors de l’épisode précédent, elle avait servi trois verres d’eau, assumant une proposition radicale, presque conceptuelle, autour d’une seule matière, d’une seule sensation, d’une seule idée poussée jusqu’au bout. La mono-texture appartenait déjà à son univers, mais elle venait d’elle, de son intuition, de sa liberté intérieure. Toute la nuance se loge dans ce déplacement : lorsqu’une contrainte naît du candidat, elle devient geste personnel ; lorsqu’elle arrive comme sujet imposé, elle réclame une intelligence immédiate, une adaptation rapide, une capacité à faire sien un cadre extérieur. Cette bascule raconte beaucoup de la cuisine de compétition, où l’audace intime doit soudain rejoindre la lecture stratégique d’une consigne.

Alan Taudon

Le choix des textures révèle aussi une part de personnalité. Le croustillant choisi par Victor Kuntz évoque une cuisine de relief, d’énergie, de précision, avec cette pointe vive qui accroche le palais et réveille l’assiette. Le mou, retenu par Alexy Algar-Denos et Viviana Piscane, ouvre un autre territoire, plus enveloppant, plus intime, plus lié à la gourmandise et à la mémoire. Alexy y projette une forme de réconfort, une douceur lisible, une générosité immédiate. Viviana y cherche davantage le contrôle, la composition, la maîtrise d’une texture souple à tenir, structurer, faire vibrer. Le choix d’une texture devient alors un autoportrait culinaire. Il raconte une façon d’habiter l’assiette, de prendre le risque, de séduire le jury, de transformer une contrainte en signature.

Dans l’imaginaire domestique, le mou appartient aux plats de l’enfance, aux textures rassurantes, aux préparations que l’on mange presque instinctivement, avec une forme d’abandon. Il évoque la purée, la crème, la mie imbibée, les œufs, les aliments qui consolent et qui rassemblent. Dans les mains d’un grand chef, cette texture familière devient un terrain de virtuosité. Il faut lui donner de la tenue, une ligne, une élégance, une vibration. Le mou gastronomique porte alors le goût avec intensité, trouve sa justesse dans l’assaisonnement, crée une sensation persistante, installe une émotion durable. Toute la difficulté consiste à faire changer d’échelle une texture quotidienne : ce que l’on aimerait manger chez soi pour son côté doux, régressif ou réconfortant devient, dans une assiette de concours, une proposition d’auteur.

Michael BARTOCETTI

La limite du hors-sujet

Après la mono-texture, l’épisode ouvre une autre réflexion : celle de la juste lecture d’un sujet. Dans un concours, la réussite commence avant le premier geste technique. Elle naît dans la compréhension de la consigne, dans cette capacité à en saisir l’esprit, les limites et les attentes. Certains intitulés semblent simples et se révèlent redoutables, parce qu’ils laissent une marge d’interprétation assez large pour stimuler la créativité, mais assez précise pour sanctionner l’égarement. Entre liberté et déplacement du propos, la frontière devient fragile. C’est souvent ce qui distingue les cuisiniers aguerris dans les concours. Avant de foncer, ils prennent le temps de réfléchir, d’interroger le sujet, de confronter leur lecture, parfois même de consulter des confrères pour vérifier qu’ils ont bien compris le cœur de l’épreuve. Dans les concours régionaux, ces sujets ouverts apparaissent régulièrement. Dans les concours nationaux, ils demandent une maturité supplémentaire, car le candidat doit décider vite, construire vite, assumer vite. Le temps de la réflexion, de la consultation et de la stratégie devient alors aussi important que l’exécution.

Le cœur du sujet doit s’imposer avec évidence. Il doit apparaître dans l’assiette, porter le goût, guider la dégustation, rester lisible du regard jusqu’à la dernière bouchée. Quand un élément secondaire prend trop de place, il déplace l’attention. Quand une garniture attire les premiers compliments, elle peut changer la hiérarchie du plat. Dans une assiette de concours, le produit, la texture ou l’idée annoncée par l’épreuve doivent garder la scène. Pour gagner des points, le système central du sujet doit déjà exploser visuellement, sans être dissimulé, puis exploser en goût avec la même clarté.

L’épreuve du pain, en version gastronomique, illustre cette exigence avec force. Le pain, symbole du quotidien, du partage et de la simplicité, devient matière noble entre les mains des candidats. Face à Marcel Ravin et Dimitri Droisneau, il doit quitter son rôle d’accompagnement pour devenir sujet principal, matière première, mémoire, structure et émotion. Viviana Piscane entre pleinement dans cette lecture avec son steak de pain. Elle donne au pain du pauvre une dimension presque carnée, en s’appuyant sur un souvenir d’enfance et sur une construction sensible. La mie devient steak, les panures et les petits croûtons apportent le relief, le siphon installe une autre perception de la même matière. Le pain change de forme, mais son identité reste au centre du propos. Victor Kuntz pousse lui aussi l’idée vers une interprétation personnelle avec son tartare de pain, construit autour de croûtons de toast, de levure et d’une évocation presque carnée. L’audace fonctionne parce qu’elle part du sujet. Elle ne cherche pas à détourner le pain pour l’habiller d’autre chose ; elle lui donne un rôle inédit, une présence nouvelle, une place rarement explorée dans la dégustation gastronomique. Le pain devient l’acteur principal de l’assiette.

La même vigilance revient dans l’épreuve du maquereau. Dans l’assiette de Victor, le brocoli domine par sa couleur, sa forme et sa présence. Il attire d’abord le regard, puis les premiers compliments. Le maquereau reste pourtant le sujet annoncé, et Victor défend une logique claire : le poisson possède un goût puissant, il choisit donc de l’accompagner avec un élément plus neutre, capable d’élever ses saveurs. Le brocoli devient alors un révélateur, un soutien, un prolongement du maquereau. Son explication replace le plat dans l’intention et rappelle combien la parole du candidat compte aussi dans un concours : elle peut redonner au jury la clé de lecture de l’assiette.

Alexy Algar-Denos, de son côté, rend selon le jury un bel hommage au maquereau avec deux préparations réalisées en quarante-cinq minutes. Les chefs saluent l’intensité du travail fourni, mais aussi la capacité à garder le poisson au centre de la démonstration. La technique prend son sens lorsqu’elle sert le produit annoncé. La performance impressionne davantage lorsqu’elle reste lisible. Reste la question des grands écarts, notamment avec la terre-mer, la salicorne et le goût iodé. Ces associations peuvent créer une signature, une surprise, une tension heureuse. Elles peuvent aussi diviser un jury lorsque l’équilibre devient très personnel ou très dépendant de la sensibilité de chacun. Dans un concours, le pari le plus fort permet parfois de se démarquer et d’accéder au podium. Il expose aussi à une réception plus contrastée. La salicorne, avec la tête sur terre et les pieds dans la mer, résume cette tension : elle relie deux mondes, elle crée un pont, elle raconte une idée. Toute la réussite repose alors sur la justesse du dosage, la lisibilité du sujet et la capacité à faire de l’audace une évidence.

La limite du hors-sujet se joue dans cet équilibre : interpréter sans diluer, surprendre sans disperser, signer son assiette sans faire disparaître le thème. Top Chef rappelle à travers cet épisode qu’un grand cuisinier sait écouter une consigne avant de la transformer. La créativité prend toute sa puissance lorsqu’elle part du sujet, qu’elle l’habite, qu’elle le révèle et qu’elle permet au jury de comprendre, dès la première bouchée, pourquoi cette assiette répond pleinement à l’épreuve.

Le rôle du mentor

Dans cet épisode, un autre thème affleure derrière les assiettes : celui de l’accompagnement. Le concours montre des chefs de brigade présents, attentifs, capables de galvaniser sans prendre la place du candidat. La nuance entre coach et mentor devient alors essentielle. Le coach accompagne une performance. Il aide à traverser une épreuve précise, à gérer le temps, le stress, la concentration, la stratégie. Dans un concours, il peut être chef, préparateur mental, sophrologue, ancien candidat, Meilleur Ouvrier de France ou habitué des jurys. Son rôle est d’apporter des outils concrets pour tenir sous pression, entendre plusieurs avis, garder une pensée claire et revenir au goût quand l’émotion prend trop de place.

Le mentor, lui, s’inscrit dans le temps long. Il ne prépare pas seulement à un concours, il participe à la construction d’un cuisinier. Il transmet une vision, une exigence, une manière de regarder un produit, une façon d’entrer dans le métier. Le coach aide à réussir une épreuve ; le mentor aide à devenir chef. Dans Top Chef, ces deux dimensions se rejoignent parfois dans les chefs de brigade : ils encouragent, recadrent, questionnent, rassurent, mais doivent laisser au candidat son idée, sa décision, son assiette. Toute la justesse de leur rôle tient dans cette distance : assez proches pour soutenir, assez en retrait pour que la victoire reste celle du candidat.

Dans mes interviews, je demande souvent aux chefs quel a été leur chef référent. Derrière cette question, il y a souvent l’idée du père professionnel : celui qui a vu naître une vocation, qui a compris un potentiel, qui a donné la main au bon moment, qui a offert les clés de lecture d’un métier parfois rude, intense, exigeant. Un mentor n’est pas seulement celui qui corrige. C’est celui qui élève. Celui qui sait trouver les mots lorsqu’il y a une erreur, qui encourage sans flatter, qui exige sans abîmer, qui permet à l’autre de grandir sans lui confisquer sa propre trajectoire.

Glenn Viel est le coach d’Alexy Algar-Denos 

Alexy Algar-Denos parle de son coach Glenn Viel, de cette présence qui le galvanise. À travers lui, on retrouve ce que devrait être la mission de tout professeur, de tout maître d’apprentissage, de tout chef formateur. Dans une cuisine, un maître de stage transmet bien plus que des gestes techniques. Il apprend une posture, une rigueur, une façon de regarder un produit, de comprendre une cuisson, de tenir son rang, de respecter une brigade, de supporter la pression, de revenir le lendemain avec l’envie de faire mieux. Sa responsabilité consiste à accompagner une progression. Former un apprenti, c’est l’aider à grandir dans un métier. C’est pourquoi la manière de corriger compte autant que la correction elle-même. Dans l’émission, les quatre chefs de brigade commencent souvent par reconnaître ce qui fonctionne : « c’est bien », « bravo », « il y a une belle idée ». Puis vient la nuance : « pense à », « attention à », « tu pourrais ajouter », « regarde ce point ». Cette manière de parler change tout. Elle permet au candidat de recevoir une remarque sans se contracter, de réfléchir sans se sentir diminué, d’avancer sans perdre son élan. Le conseil devient une invitation à penser, non une réponse livrée toute faite. C’est toute la limite du rôle de coach dans un concours : proposer sans imposer, guider sans écrire l’assiette à la place du candidat, ouvrir une piste sans voler l’idée. Après tout, c’est le concours du candidat, sa main, son intuition, sa responsabilité. Le chef de brigade peut éclairer un angle, signaler un déséquilibre, pousser une intention, rappeler le sujet, mais la décision finale appartient à celui qui cuisine. C’est lui qui goûte, qui tranche, qui assume, qui défend son plat devant le jury. Un bon accompagnement permet au candidat de monter sur le podium avec la conviction d’avoir porté sa propre idée jusqu’au bout.On retrouve cette mécanique dans les grands concours culinaires.

Avant un concours, certains candidats appellent des chefs, des Meilleurs Ouvriers de France, des habitués des jurys ou du coaching. Chacun goûte, conseille, imagine ce qu’il faudrait accentuer, alléger, renforcer pour gagner. Lorsque quatre ou cinq personnalités fortes s’expriment, le candidat doit ensuite faire la synthèse. Il entend des avis parfois complémentaires, parfois contradictoires, parfois très marqués par la sensibilité de celui qui parle. Mais au bout du chemin, une seule personne défendra l’assiette. Le candidat doit donc écouter, choisir, arbitrer, puis signer. Le danger existe lorsque le conseil devient une affaire d’ego. Certains coachs peuvent se vexer si leur idée n’est pas retenue, comme si l’assiette leur appartenait déjà. Or la beauté de l’accompagnement réside précisément dans cette retenue : proposer et laisser disposer. Transmettre son savoir, offrir son regard, accepter que l’autre en fasse autre chose. Si le coach impose trop sa vision, il bride la créativité du candidat. Il risque même de lui voler une part de sa victoire. Celui qui gagne ne devrait pas se dire : « j’ai bien exécuté l’idée de mon coach ». Il devrait pouvoir penser : « on m’a aidé à sublimer ma propre idée ».

La même vérité traverse l’apprentissage en cuisine. Lorsqu’un apprenti décroche son diplôme, il peut éprouver de la gratitude envers son chef, son maître de stage, son équipe. Mais s’il a le sentiment de devoir sa réussite uniquement à celui qui l’a formé, quelque chose se déséquilibre dans la transmission. Chaque jeune devrait être félicité pour son travail, son engagement, ses efforts, ses progrès. Le maître transmet, accompagne, corrige, encourage ; l’apprenti avance, apprend, tombe, recommence, comprend, réussit. La réussite appartient à celui qui a parcouru le chemin. C’est cela, la beauté du métier : voir grandir ceux que l’on a accompagnés. Le mentorat ne consiste pas à fabriquer des héritiers dociles, mais à faire émerger des personnalités capables de porter plus loin une exigence, une mémoire, une manière d’aimer la cuisine.

Le Phœnix va prendre son envol

Aboubakar Bamba quitte l’aventure avec les compliments du jury et les mots appuyés de ceux qui l’ont accompagné. Stéphane Rotenberg rappelle que le Phœnix est revenu de loin, plusieurs fois, dans cette compétition. Philippe Etchebest souligne à son tour un parcours extraordinaire, fait d’obstacles surmontés, de résistance et de détermination. Au moment de partir, Aboubakar évoque lui-même ce chemin semé d’embûches, cette trajectoire scolaire et personnelle qui ne s’est jamais écrite dans la facilité, mais qui l’a conduit jusqu’aux quarts de finale de Top Chef. Son élimination raconte la force d’un candidat qui avance avec son histoire, ses failles, ses doutes, mais aussi avec une énergie de reconstruction permanente.

Aboubakar, Philippe ETCHEBEST

À 31 ans, Aboubakar Bamba incarne un profil singulier dans le paysage culinaire. Chef à demeure à Paris, il revendique une trajectoire hors des sentiers classiques. Avant d’évoluer dans un environnement privé et haut de gamme, il a traversé des univers très différents : la restauration collective, la cuisine scolaire, un hôpital psychiatrique, l’hôtellerie, puis la gastronomie étoilée. Cette diversité lui a donné une capacité d’adaptation rare, mais aussi une vision profondément humaine du métier. Elle lui a appris à cuisiner pour des publics, des cadres, des exigences et des émotions très différentes.

Son parcours professionnel dit beaucoup de cette construction. Sous-chef chez Compass Group France, au Salon Etihad Business & First Class de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle entre 2018 et 2021, il acquiert une rigueur d’organisation et une maîtrise des volumes. Au Novotel Paris Les Halles, au restaurant Le Jardin Privé, il poursuit ce travail de précision et de gestion. En 2023, son passage au restaurant David Toutain, deux étoiles Michelin à Paris, comme responsable du chaud, lui permet de renforcer son exigence technique au contact d’une cuisine contemporaine de très haut niveau. En parallèle, son activité de chef à domicile dans un cadre privé lui offre un autre espace d’expression, plus intime, plus personnel, où la cuisine se construit sur mesure, au contact direct du convive. Cette pluralité nourrit aujourd’hui son identité culinaire. Aboubakar parle d’une cuisine identitaire, métissée, expressive. Une cuisine qui porte son histoire, ses origines, ses influences et son désir d’ouvrir demain son propre restaurant gastronomique pour mettre en lumière la richesse et la modernité des cuisines africaines. Dans Top Chef, il aura souvent pris des risques, parfois au point de diviser, mais toujours avec cette volonté de défendre une cuisine à lui, habitée, personnelle, traversée par le goût et par le récit.

ABOU

Son départ rappelle aussi une vérité précieuse : ni le handicap, ni les difficultés scolaires, ni les chemins détournés ne disent à l’avance ce qu’un être deviendra. Aboubakar Bamba aura montré qu’un parcours non linéaire peut devenir une force, qu’une différence peut devenir un moteur, qu’une histoire cabossée peut produire une cuisine debout. Dans l’octogone des quarts de finale, il quitte le concours, mais son récit continue. Le Phœnix va prendre son envol. C’est la fin d’un parcours dans l’émission, mais sans doute le début d’une autre ascension.

Par Sandrine Kauffer-Binz