Avez-vous entendu parler du propylène glycol ?

Pourquoi avons-nous cette tendance à croire à un bon « naturel », alors que nos fruits et légumes sont parfaitement artificiels, résultant d’une domestication séculaire de végétaux qui ne pousseraient pas sans les soins attentifs des agriculteurs ? Et que la plupart des espèces végétales ne sont pas comestibles ? Et pourquoi la seule mention des additifs nous met-elle sur nos gardes, alors que certains d’entre eux sont répétitivement évalués et montrés sans risque ? Nous avions déjà considéré le glycérol, anciennement nommé glycérine, et nous allons maintenant considérer un de ses cousins étymologiques et chimiques : le propylène glycol.

Comme dans le mot glycérine, il y a le « glyc », qui signale une famille chimique, celle des glycols, ainsi qu’une saveur douce. Le propylène glycol est effectivement un liquide transparent, de saveur douce, qui sert de solvant pour des aromatisants : il permet de maîtriser leur dosage en les diluant et facilite leur dispersion dans les préparations.

Prenons toutefois garde à ne pas le confondre avec l’éthylène glycol qui, bien que de saveur douce, est un poison : il est utilisé comme antigel, mais il reste à l’origine de milliers d’empoisonnements chaque année !

Gardons à l’esprit que, pour les composés, les « ressemblances » de goût ou même de molécule ne sont pas un critère de sécurité. D’ailleurs, il y a un autre cas un peu semblable : le méthanol, présent dans des eaux-de-vie mal distillées, rend fou et aveugle, alors que l’éthanol est… un poison à consommer avec modération ; le distilbène est un médicament, pour une de ses formes chirales, mais une autre forme, avec pourtant les mêmes atomes dans la molécule, a provoqué de graves malformations génitales.

Pour en revenir au propylène glycol, on peut l’obtenir par hydratation de l’oxyde de propylène résultant de la pétrochimie ou par des procédés « biosourcés » : on hydrogène du glycérol en présence de catalyseurs (cuivre, zinc…), puis on distille pour séparer les différents glycols.

C’est un solvant des composés odorants, largement plébiscité par l’industrie des aromatisants, qui dispose ainsi d’un solvant qui ne rancit pas, contrairement aux huiles. On le trouve également utilisé comme humectant : il aide à maintenir l’humidité, ce qui est particulièrement utile dans les produits de boulangerie et les confiseries pour empêcher le dessèchement. Au total, il est présent en très petites quantités dans les produits alimentaires industriels… et il est quand même bien utile… et sans risque dans les conditions d’utilisation très encadrées par l’Agence européenne de sécurité des aliments.

Par Hervé This