soupe d'huitres au Champagne Ruinart, Fricassée de girolles et crevettes grises, pointe de caviar de Neuvic

Tout une série d’étrangetés par Hervé This

La consultation des livres de cuisine du passé fait apparaître d’étranges termes. Certains on encore cours aujourd’hui, d’autres sont oubliés, et d’autres encore sont détournés.

Par exemple, la « cornue » est un gâteau que l’on mangeait le jour de Pâques, dans la Creuse, pour éviter la rage ; il est triangulaire, couvert d’un glaçage, avec des dragées par dessus. Oubliée, en revanche, la « grenade », qui était un ragoût fait avec des fricandeaux.

Parfois, les livres nous éclairent sur des termes actuels : la Suite des dons de Comus permet de comprendre que les « mousselines » sont des farces cuites dans les linges délicats nommés mousseline. François Marin, en 1746, nous explique que « la terrine est ainsi appelée, parce qu’autrefois on servait la terrine dans laquelle était la viande qu’on y avait fait cuire ». Et Louis Auguste de Bourbon, dans son Cuisinier gascon publié en 1749, révèle qu’une « mignonnette » est un «  petit sachet ou mignonnette, dans lequel vous mettrez de l’ail, basilique, macis, coriandre, poivre long, clou, le tout bien enveloppé ».

La « barbe à Robert » ? Nicolas de Bonnefons nous explique c’est le « véritable nom » de la « sauce au diable ». La « chevrette » ? C’est la chanterelle commune. Un croquet ? C’est une espèce de pain d’épice « qui est fort mince, fort sec et fort dur, et qui croque sous la dent ». Une gimblette ? Une petite pâtisserie dure et sèche en forme d’anneau.

Terminons par une recette. C’est un « brûle-sauce » :

Prenez la mie d’un pain mollet, d’une demi-livre, ou de la mie d’un pain blanc ; faites-la dessécher avec du lait, laissez-la cuire environ trois quarts d’heure, et ne lui donnez que la consistance d’une bouillie épaisse; ajoutez-y vingt grains de poivre noir, du sel en suffisante quantité ; en finissant, votre sauce avec gros comme un œuf de beurre fin, servez-la dans une saucière à côté de vos bécasses ou perdreaux.

Tous ces mots sont exceptionnels, rares, oubliés ou détournés, mais pas inventés !

Par Hervé This