Depuis octobre 2024, La Machine à Coudes, nichée à quelques pas du cœur de Boulogne-Billancourt, connaît une métamorphose assumée, portée par le tandem complice formé par Marlène Alexandre-Buisson et le chef Rémi Braflan. Ensemble, ils font évoluer cette ancienne table bistronomique vers une adresse gastronomique contemporaine, exigeante et habitée. Dans ce lieu à taille humaine, qui accueille entre 15 et 16 convives seulement, chaque détail est pensé pour faire de l’expérience un moment intime, raffiné et sensoriel.

Rémi Braflan : une cuisine d’auteur, entre Caraïbes et Europe
Originaire de Guadeloupe, Rémi Braflan a tracé un parcours sans faux-semblants. Après ses débuts sur son île natale, il rejoint Paris et travaille dans les cuisines du Burgundy, puis au Park Hyatt où il restera quatre ans. Il poursuit son chemin aux Résidents, puis comme chef du San Régis avant un retour en Guadeloupe pour une année de réflexion. Ce moment de pause affine sa vision culinaire et nourrit une identité forte, libre, audacieuse et profondément personnelle.
Chez La Machine à Coudes, il pose enfin les bases d’une cuisine qui lui ressemble. Ses assiettes révèlent des influences caribéennes et sud-américaines, des savoirs hérités de ses grands-mères, et une technicité acquise dans les grandes maisons. Infusions, jus courts, fermentations, associations inattendues… ses plats racontent une histoire structurée, savoureuse, généreuse.

Dans cette salle intimiste de seulement 15 à 16 couverts, ouverte du mardi au samedi, la proximité avec la cuisine ouverte invite à un dialogue sensoriel. Chaque service devient un moment suspendu. À midi, le chef propose un menu en trois temps à 42 euros, pensé pour s’adapter au rythme du déjeuner tout en cultivant la surprise. Le soir, place au voyage en cinq temps chaque samedi (65 €), et en sept temps le reste de la semaine (85 €), pour une immersion complète dans l’univers du chef.
On se laisse surprendre par un Ti’nain morue revisité à la fève de tonka et à la banane, ou par l’alliance subtile de la pastèque et du caviar. Cochon et fruits de mer, homard farci ou poisson fermenté trouvent leur place dans une carte en mouvement, rythmée par les saisons et l’inspiration du moment. Chaque produit est valorisé dans une logique de durabilité : les arêtes deviennent jus, les épluchures sont infusées, rien n’est laissé au hasard.

Cette précision n’exclut ni la générosité ni l’accessibilité. Le samedi midi, un menu gastronomique est même imaginé pour les enfants : plus léger, moins long, mais cuisiné avec la même exigence.
Marlène Alexandre-Buisson, son alter ego en salle
Fondatrice du lieu en 2011, Marlène Alexandre-Buisson est une passionnée de gastronomie et de vins, ancienne juriste reconvertie avec conviction. Pendant plus d’une décennie, elle fait vivre la maison avec exigence et douceur, collaborant avec plusieurs chefs, tout en gardant une ADN lisible : produits locaux, cuisine maison, accueil sincère.
Marlène Alexandre-Buisson incarne l’élégance discrète. En salle, elle veille à chaque détail avec justesse, cultivant un art de recevoir chaleureux et attentif. Sa carte des vins, intuitive et personnelle, reflète à la fois ses découvertes et ses engagements. Elle mêle crus français et cuvées étrangères — portugaises, italiennes, espagnoles — choisis au coup de cœur parmi des vignerons exigeants et sincères. On y retrouve des signatures comme Michèle Gramenon, Hervé Souhaut, Éric Pfifferling (L’Anglore) ou encore Pierre Overnoy. Une sélection vivante, sensible, naturelle, en harmonie avec la saison, l’assiette et l’instant.

L’accord mets et rhum comme signature sensorielle
Autre spécificité du lieu : l’accord mets-rhum, pensé comme une véritable expérience sensorielle. Ces rhums de pur jus, parfois vieillis, issus de Guadeloupe, Haïti, Afrique du Sud, Hawaï ou Jamaïque, sont choisis pour leur complexité, diversité et rareté.
Ils dialoguent avec les plats comme le vin le ferait, jouant sur les intensités, textures et souvenirs aromatiques. Servis avant ou après certaines bouchées, ils offrent une lecture nouvelle des accords de table. Une proposition audacieuse qui participe à l’identité unique de La Machine à Coudes.
Elle s’impose aujourd’hui comme une table singulière, à suivre de près, pour celles et ceux qui cherchent dans l’assiette plus qu’un repas : une histoire, un regard, une émotion.

Chez La Machine à Coudes, chaque bouchée est une invitation au voyage. Il y flotte un souffle d’île, un éclat de soleil, une vibration caribéenne qui colore les sauces, parfume les jus, anime les accords. On y retrouve la lumière de la Guadeloupe, la douceur des souvenirs d’enfance, le goût des vacances à fleur de peau. Une adresse rare où la cuisine devient passage, traversée, promesse d’évasion.



