Hector Hay-Feuildet et Amaury Poirier remportent Cuisinons pour demain 2026 présidé par Régis Marcon ©Sandrine Kauffer-Binz

Hector Hay-Feuildet et Amaury Poirier remportent Cuisinons pour demain 2026 présidé par Régis Marcon

Le concours culinaire « Cuisinons pour demain » a confirmé, pour sa cinquième édition, son positionnement singulier dans le paysage des compétitions dédiées à la jeune génération. Organisée par RATIONAL, la finale 2026 s’est tenue le 31 mars 2026 dans ses cuisines de Wittenheim (Haut-Rhin), sous la présidence du chef triplement étoilé Régis Marcon. Elle s’est conclue par la victoire du binôme Hector Hay-Feuildet et Amaury Poirier, également distingué par le prix du public Instagram pour l’esthétisme de leur assiette.

Pensée comme un révélateur de talents et un laboratoire d’idées, cette édition s’inscrivait dans une continuité engagée, affirmant la place du végétal et des circuits courts dans la gastronomie contemporaine. Le thème retenu, « L’art du végétal : entre céréale ancienne et terroir vivant», invitait les candidats à concevoir une recette salée autour du boulgour de petit épeautre, associée à des ingrédients végétaux reflétant leur identité régionale. Chaque assiette devait intégrer un fruit ou légume, une herbe aromatique et une légumineuse, dont au moins un issu du terroir du candidat, avec la possibilité d’ajouter une protéine animale en élément secondaire. Une approche qui traduisait une volonté claire : encourager une cuisine responsable, ancrée dans son environnement et tournée vers l’avenir.

Le film

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À l’issue des épreuves, le palmarès a distingué, aux côtés des lauréats, le duo Lauriane Guerard et Nicolas Lequien, classé deuxième. La troisième place, attribuée ex aequo, a récompensé les équipes Corentin Huet et Tania Dutertre, Thibault Bossaert et Yann Finaud, ainsi que Paul Golunski et Jérôme Dubois. Au-delà du classement, cette édition a mis en lumière une génération de cuisiniers engagés, sensibles aux enjeux environnementaux et capables de traduire ces préoccupations dans une écriture culinaire précise et contemporaine.

Lauriane Guerard et Nicolas Lequien sont deuxième, en photo avec Cybele Idelot et Régis Marcon Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz et remporte aus

Le jury de dégustation réunissait des personnalités reconnues pour leur engagement et leur complémentarité : aux côtés de Régis Marcon figuraient la cheffe étoilée et étoile verte Cybèle Idelot, le chef alsacien doublement distingué Thierry Schwartz, ainsi qu’Émilie Bariseel et Jonathan Groshens, lauréats de l’édition 2025. Franck Steiner, directeur des applications culinaires de RATIONAL, complétait ce collège. Un jury cuisine, chargé de veiller au respect des règles, notamment à la juste répartition des rôles entre élève et mentor, réunissait Jérôme Jaegle, Hervé Moine et Alexandre Lopez.

les Duo 3ème ex aequo avec le parrain Régis Marcon – Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz

Parrain de cette édition, Régis Marcon incarne une vision de la cuisine étroitement liée à la nature, au respect du produit et à la transmission. Installé à Saint-Bonnet-le-Froid, il développe depuis plusieurs décennies une approche fondée sur la saisonnalité, la valorisation des ressources locales et la lutte contre le gaspillage alimentaire, des principes hérités de sa mère et devenus le socle de son identité culinaire.

Très attaché à la notion de transmission, il inscrit son engagement dans une dynamique à la fois familiale et pédagogique : son fils Jacques l’a rejoint en 2004, tandis que Paul Marcon a remporté le Bocuse d’Or en 2025, trente ans après lui. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages et fondateur d’une école de cuisine ouverte à tous, il œuvre activement à la diffusion des savoirs et à la formation des jeunes générations.

Chou farci d’Anjou d’ Hector Hay-Feuildet et Amaury Poirier vainqueur Cuisinons pour demain 2026  ©Sandrine Kauffer-Binz

Son rôle de parrain du concours « Cuisinons pour demain » s’inscrit dans la continuité de cet engagement pour une gastronomie responsable et tournée vers l’avenir. Il en a présidé le jury de dégustation lors de la finale du 31 mars 2026, organisée dans les cuisines de RATIONAL, succédant à César Troisgros

Ouvert aux apprentis, élèves et étudiants des lycées hôteliers, écoles de cuisine et centres de formation, « Cuisinons pour demain » repose sur un principe de transmission directe : les candidats concourent en binôme, accompagnés d’un mentor, professeur, chef d’apprentissage ou cuisinier, invité à adopter un rôle de commis lors des épreuves. Après une première sélection sur dossier, les candidats retenus ont participé à un entretien, avant que cinq finalistes ne soient désignés pour la finale.

Bourguignon Végétal se classe 2ème Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz

Depuis sa création en 2021, le concours s’attache à faire émerger une nouvelle génération de chefs conscients de l’impact de leur pratique. En mettant chaque année à l’honneur le végétal, les produits de saison et les savoir-faire, il s’impose progressivement comme un espace d’expression et de réflexion sur les évolutions de la gastronomie. L’édition 2026 en a offert une nouvelle démonstration, confirmant l’intérêt croissant pour une cuisine à la fois créative, responsable et profondément enracinée dans les territoires.

Podium

1er Hector Hay-Feuildet (Étudiant en Terminale Bac Pro Cuisine au Lycée Jeanne Delanoue – 49300 Cholet) & Amaury Poirier (Formateur en Cuisine au Lycée Jeanne Delanoue – 49300 Cholet)

2ème Lauriane Guerard (Étudiante en Licence design Culinaire au CY Cergy Paris Université – 95000 Cergy) & Nicolas Lequien (Chef de cuisine chez Lecointre Paris – 92200 Neuilly sur Seine)

Prix spéciaux

Valorisation du territoire

Paul GolunskiJérôme Dubois

Meilleur argumentaire

Lauriane Guerard & Nicolas Lequien

Prix du public sur instagram

Hector Hay-Feuildet  & Amaury Poirier

3ème exquo

Corentin Huet (Étudiant en 2ème année CAP Cuisine au CFA Aucaleuc Dinan – 22100 Aucaleuc) & Tania Dutertre (Professeur de cuisine au CFA Aucaleuc Dinan– 22100 Aucaleuc)

Thibault Bossaert (Étudiant en 1ère Bac Pro Cuisine au Lycée Valéry Giscard d’Estaing de Chamalières – 63400 Chamalières) & Yann Finaud (professeur PLP Organisation et Production Culinaire au Lycée Valéry Giscard d’Estaing de Chamalières – 63400 Chamalières)

Paul Golunski (Étudiant en 1ère année BTS au Lycée hôtelier du Touquet – 62155 Le Touquet) & Jérôme Dubois (MOF et Professeur de cuisine au Lycée hôtelier du Touquet – 62155 Le Touquet)

le jury dégustation Emilie Bariseel,  Jonathan Groshens, Cybele Idelot, Thierry Schwartz, Régis Marcon et Franck Steiner -Cuisinons pour demain ©Sandrine Kauffer-Binz

Le jury dégustation

Régis Marcon, Chef triplement étoilé, ambassadeur d’une cuisine de terroir et de saison.
Cybele Idelot, Cheffe engagée, étoilé et étoile verte Michelin, attentive à une cuisine créative et responsable.
Thierry Schwartz, Obernai étoilé et étoile verte Michelin, défenseur d’une gastronomie durable.
Emilie Bariseel et Jonathan Groshens, Lauréats de l’édition 2025, ils apportent leur regard de jeunes talents
Franck Steiner; Directeur des applications culinaires RATIONAL, expert engagé pour une cuisine plus performante et responsable

Le jury dégustation Alexandre Lopez, Jérôme Jaegle et Hervé Moine – Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz

Un jury cuisine 

Jérôme Jaegle, L’Alchémille à Kaysersberg, une étoile Michelin et une étoile verte
Hervé Moine : Conseiller culinaire RATIONAL
Alexandre Lopez : Conseiller culinaire RATIONAL

Par Sandrine Kauffer-Binz

Photos ©Sandrine Kauffer-Binz

www.CuisinonsPourDemain.fr

Entretien Régis Marcon président du concours

Réflexion sur notre alimentation

Ce concours me parle profondément. Cuisine pour Demain, c’est à la fois le doute, une vision, mais aussi de l’espoir. C’est une réflexion sur ce que sera notre alimentation, et sur ce que nous voulons en faire. C’est pour cela que je me suis porté volontaire. Et puis, c’est aussi un honneur.

L’objectif de ce concours est de faire prendre conscience, à ces jeunes – et à nous-mêmes -, de ce que pourrait être la cuisine de demain. On sait très bien qu’elle intégrera fortement la notion d’équilibre alimentaire, en regard de ce que nous consommons aujourd’hui, et notamment de ce que mange la jeunesse. Cela soulève de nombreuses questions, en particulier autour de la consommation excessive de viande, avec les enjeux que cela implique, tant sur le plan environnemental que sur celui de la santé. Je suis bien placé pour en parler, puisque j’ai la chance de nourrir des enfants en milieu scolaire : c’est un sujet concret. La question centrale devient alors : comment remplacer la protéine animale ? Ce n’est pas encore suffisamment enseigné. Les schémas classiques restent très ancrés – une protéine, trois légumes – sans véritable remise en question. Il y a pourtant un véritable espoir à écrire une nouvelle page autour du végétal. Lorsque l’on parle de protéines végétales, on pense aux céréales et aux légumineuses. Et c’est précisément là que réside le défi. Le thème imposé, autour du petit épeautre – un blé ancien, non modifié, contenant environ 7 % de gluten – était particulièrement intéressant. Il possède une saveur légèrement torréfiée et une histoire forte, notamment dans la vallée de la Saône, avant de se diffuser plus largement. Les candidats devaient y associer une légumineuse, souvent issue de leur région : lentilles, mogettes, haricots blancs… Cette complémentarité permet d’obtenir une protéine végétale de qualité. C’est un véritable travail de réflexion.

La cuisine de demain
C’est cela, la cuisine de demain : une cuisine de partage, peut-être plus décomplexée, mais surtout porteuse de sens. Elle doit relier la terre à l’assiette.
Notre rôle, en tant que formateurs ou chefs, est d’entretenir l’envie. Ensuite, il faut transmettre la confiance, par le geste et la connaissance. C’est ainsi que les jeunes construisent leur liberté. Cela signifie aller au-delà de la technique pure, donner du sens à la cuisine, développer un regard personnel. Et là intervient la curiosité. Elle est essentielle. Elle ne se limite pas au produit ou à la cuisine : elle passe par les voyages, les rencontres, les émotions. C’est ce qui permet à un cuisinier de s’exprimer pleinement, et explique aussi pourquoi beaucoup de jeunes s’installent tôt : ils ont envie de créer leur propre cuisine. La cuisine, avant tout, doit être une source de bonheur – pour soi et pour les autres. C’est dans cette direction que doit s’inscrire la cuisine de demain.

Les concours

Les concours ont été déterminants dans mon parcours. Ils m’ont permis de progresser, de me remettre en question. Mais ce n’est pas un passage obligé. Beaucoup de grands chefs n’en ont jamais fait. Chacun suit sa voie. Cela reste néanmoins une formidable école d’humilité. On y connaît des échecs, des doutes, mais aussi des apprentissages précieux.

L’organisation d’un concours demande beaucoup d’engagement. Il faut des moyens, mais surtout des personnes de bonne volonté. Je suis particulièrement heureux que l’entreprise Rational ait choisi de porter ce concours, non pas comme un simple concours technique, mais autour d’un thème fort : la cuisine de demain. Le végétal n’est plus un élément secondaire, comme dans certains concours. Il devient ici le cœur du sujet. Et c’est une évolution essentielle, que l’on observe aussi dans des compétitions comme le Bocuse d’Or.

Entretien Thierry Schwartz

À La Table naturelle de Thierry Schwartz à Obernai, le chef défend une cuisine durable ancrée dans le réel, guidée par le plaisir, le bon sens et la proximité. Son message aux jeunes est direct : travailler avec des produits simples, sains, de qualité, et aller à la rencontre des producteurs, artisans, maraîchers et éleveurs locaux. Les faire vivre fait déjà partie de la démarche.

Son réseau, construit depuis plus de vingt-quatre ans à Obernai, repose sur des relations humaines fortes avec plus de 80 artisans, bien au-delà de l’alimentaire. Cette collaboration est fondée sur l’écoute et l’adaptation : ce sont les producteurs qui dictent les disponibilités, et donc la création culinaire. En retour, le chef s’engage à acheter, garantissant un équilibre économique local où chacun peut vivre de son travail.

L’expérience proposée est une immersion totale, pensée comme un lâcher-prise. Elle se prolonge jusqu’au « bilan végétal », démarche zéro déchet où les restes végétaux sont transformés en assaisonnement, le « Ah Sel Zonnement® », un gomasio que les clients emportent avec eux, prolongeant ainsi l’expérience. Le gomasio est un condiment d’origine japonaise composé de graines de sésame grillées et de sel marin, légèrement broyés pour libérer leurs arômes. Utilisé comme assaisonnement, il apporte une saveur toastée et subtile tout en permettant de réduire la quantité de sel. Traditionnellement saupoudré sur les légumes, les céréales ou les salades, il s’inscrit dans une cuisine simple et naturelle. Dans l’approche de Thierry Schwartz, il est réinterprété à partir de parures végétales issues du bilan végétal, devenant ainsi un condiment engagé, à la fois gustatif et porteur de sens.

Cette logique s’étend à l’ensemble du fonctionnement : réutilisation des ressources (pain transformé en bière ou en miso), réduction du plastique, réflexion économique sur les produits.  Au-delà du restaurant, Thierry Schwartz agit comme ambassadeur à travers des événements comme BiObernai et Ma Planète Bio à Mulhouse, ainsi que des dîners immersifs en pleine nature ou chez ses producteurs. Ces expériences reconnectent à la source et valorisent une cuisine végétale capable de recréer des sensations complexes, y compris carnées. Sa formation a été marquée par Joël Robuchon, qui lui a transmis l’exigence du produit, et par Alain Passard, dont il admire la liberté, l’audace et la modernité. Pour Thierry Schwartz, la cuisine durable dépasse la simple conscience individuelle : elle engage une responsabilité globale, celle de l’humanité entière.

Entretien Cybele Idelot

Lors de mon entretien avec la cheffe Cybele Idelot, récemment récompensée d’une étoile Michelin à Monaco, du Prix de la Responsabilité Éthique & Environnementale de La Liste, et déjà distinguée d’une étoile verte en 2023, se dessine le portrait d’une cuisine profondément engagée. Cheffe propriétaire du restaurant Ruche, ouvert en 2019 au sein du Domaine des Bruyères dans les Yvelines, elle y développe un véritable écosystème sur près de deux hectares mêlant potager, verger et chambres d’hôtes. Née d’un projet initial de culture pour son premier établissement, cette installation incarne aujourd’hui une vision complète : de la graine à l’assiette, toute l’équipe met la main à la terre, dans un modèle en permaculture où le potager dicte la création culinaire. Membre du jury du concours « Cuisinons pour demain », elle défend une transmission active auprès des jeunes générations, qu’elle encourage à aller plus loin dans leurs engagements.

Originaire de San Francisco, berceau des mouvements de cuisine « farm-to-table » et de l’alimentation saine, elle inscrit naturellement sa démarche dans cette culture pionnière. Sa cuisine se distingue par une radicalité assumée : aucun cacao, aucun chocolat, aucun café en cuisine, remplacés par des créations végétales, comme un « faux cacao » élaboré à partir de parures torréfiées. Dans une logique anti-gaspillage totale, elle cuisine les légumes dans leur entièreté, racines, feuilles, épluchures, allant jusqu’à imaginer des glaces à base d’épluchures de pommes de terre. Inspirée notamment par Alice Waters, elle poursuit une recherche constante, expérimentale et collective, où chaque membre de l’équipe participe à cette réflexion. Sa cuisine, évolutive et entièrement guidée par les saisons, repose sur une conviction simple : la sincérité d’une démarche durable se mesure dans les actes, dans le lien au producteur et dans la capacité à ne rien perdre.

Entretien Jérome Jaegle

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Chef de L’Alchémille, à Kaysersberg, Jérôme Jaegle est Étoilé Michelin depuis 2017, distingué d’une étoile verte en 2020 pour son engagement environnemental, il s’est également illustré dans les concours les plus exigeants : double lauréat du prix Taittinger en 2006 et 2008, Bocuse d’Or France 2010, Bocuse de bronze Europe 2010, 4e au Bocuse d’Or Monde 2011 avec un prix spécial viande, puis médaille d’argent au Bocuse d’Or France 2023. En 2023, il est également distingué par La Liste comme « table à explorer », confirmant la singularité de son approche. Mais au-delà des distinctions, c’est une vision du métier qui se dessine, faite de transmission, d’humilité et d’ouverture. Autour de L’Alchémille, ce sont 4 à 5000 mètres carrés de terrain d’exploitation qui nourrissent sa réflexion et sa cuisine. Un espace vivant, structuré, cultivé avec exigence, où chaque élément trouve sa place. ils sont capables de produire 80% des besoins du restaurant. À ses côtés, Morgan, son chef de culture, joue un rôle central dans cet écosystème. Ensemble, ils développent une approche précise, attentive, où la plante n’est pas un simple ingrédient, mais un sujet à part entière. Parmi elles, la chartreuse occupe une place particulière. Elle incarne cette recherche autour du végétal, cette volonté d’explorer, de comprendre, de travailler la nature dans toute sa complexité. Ce travail de fond ne reste pas cantonné à la cuisine. Il s’ouvre.

Immersion en cueillette

Il y a une douzaine de dates, le  samedi matin. Jérôme Jaegle propose à ses clients de participer à des sorties cueillette. Là encore, le rythme change. On quitte la tension du service pour entrer dans une autre temporalité. On marche, on observe, on cueille, on échange. Il le dit simplement : c’est sa récréation. Une respiration essentielle dans un métier où l’exigence est permanente. Se mettre dans une bulle, sortir du flux, retrouver du sens. Ces moments ne sont pas anecdotiques. Ils nourrissent profondément sa manière de travailler. Il y a une proximité, une sincérité dans l’échange qui dépasse le cadre du restaurant.

Le marché des producteurs et des artisans

Cette vision trouve aujourd’hui une nouvelle expression dans un projet qui lui tient particulièrement à cœur. Le 17 mai, à L’Alchémille, il organise un marché des producteurs et des artisans. Un projet qu’il porte depuis deux ans. Deux années de travail, de réflexion, de construction. Deux années à fédérer, à imaginer, à structurer un événement à la hauteur des liens qu’il entretient avec ses partenaires. Il en parle avec enthousiasme. Il est très heureux de voir ce projet aboutir. Il l’imagine comme un grand événement, un moment fort, capable de réunir l’ensemble de cette chaîne humaine avec laquelle il travaille au quotidien.  Ce marché sera plus qu’un rassemblement. Il sera une mise en lumière. Une manière de valoriser celles et ceux qui, en amont, rendent possible chaque assiette. Le 17 mai 2026, à L’Alchémille, c’est toute cette chaîne humaine que Jérôme Jaegle s’apprête à réunir et à célébrer.

Inversion des rôles entre le commis et le chef

Dans le cadre du concours « Cuisinons pour demain », où il intervient en tant que jury technique en cuisine, un élément du règlement a particulièrement retenu son attention. Une règle forte, structurante, propre à cette épreuve : l’inversion des rôles entre le chef et le commis. Le chef devient commis. Et le commis devient chef. Ce n’est pas une posture symbolique, mais bien une réalité imposée par le concours, inscrite dans le déroulé de l’épreuve. Une mécanique qui oblige chacun à sortir de son rôle habituel. Pour un chef ayant lui-même participé à de nombreux concours, cette règle résonne particulièrement. Elle impose une forme de modestie, une véritable humilité. Le chef doit se mettre en retrait, accompagner, soutenir sans diriger. Il doit accepter de ne plus être celui qui décide, mais celui qui aide. Dans cette configuration, le jeune en formation prend la place centrale. Il devient responsable, moteur, décisionnaire. Et le chef, lui, doit s’adapter, écouter, comprendre autrement. Jérôme Jaegle salue profondément cette initiative. Il y voit une manière intelligente de repenser la transmission, de casser les schémas classiques de la hiérarchie en cuisine, pour faire émerger une relation plus juste, plus équilibrée, plus humaine. Cette vision de la transmission fait écho à son propre quotidien, ancré dans un rapport direct à la terre et au vivant.

Hector Hay-Feuildet et Amaury Poirier remportent également le prix du vote du public sur instagram -Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz
Souffle Umami en Terre Bretonne -Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz
Risotto petit épeautre et terroir Nord -Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz
Boulgour de petit épeautre en risotto et espuma -Cuisinons pour demain 2026 ©Sandrine Kauffer-Binz

Paul Golunski & Jérôme Dubois  remportent le Prix spécial de la valorisation du terroir -Cuisinons pour demain 2026 remis par Jérome Jaegle  ©Sandrine Kauffer-Binz

Lauriane Guerard & Nicolas Lequien remportent le prix spécial « Meilleur argumentaire » remis par Cybèle Idelot

Revoir le film  du concours 2024

À propos de RATIONAL

Le Groupe RATIONAL est le leader mondial du marché en matière de technologie de préparation thermique des aliments au sein des cuisines professionnelles. L’entreprise, fondée en 1973, emploie plus de 2 300 collaborateurs, dont plus de 1 100 en Allemagne.

Depuis son introduction en bourse en 2000, RATIONAL est cotée sur le segment « Prime Standard » de la Bourse allemande et fait aujourd’hui partie de l’indice SDAX.

Notre principal objectif est d’offrir à nos clients un maximum de bénéfices. L’entreprise RATIONAL se sent particulièrement concernée par le thème du développement durable et le traduit dans ses principes directeurs en matière de protection de l’environnement, de direction et de responsabilité sociale.

De nombreuses distinctions internationales attestent, année après année, du travail monumental fourni par l’entreprise RATIONAL.

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