Léa Trehin et Elouan Trehin, Melba à Quissac est Jeune Talent Gault & Millau Occitanie 2026

Elouan Trehin, Melba à Quissac est Jeune Talent Gault & Millau Occitanie 2026

À l’occasion de la présentation du dernier guide consacré à la région Occitanie – Andorre, organisée le lundi 13 avril 2026 au Domaine de la Trinité à Mauguio, Gault & Millau a décerné le trophée « Jeune Talent Occitanie 2026 » à Elouan Trehin, chef du restaurant Melba à Quissac. Une distinction qui vient saluer un parcours fulgurant et une cuisine déjà singulière.

Installé aux portes des Cévennes, à moins d’une heure de Nîmes et de Montpellier, le restaurant Melba s’est imposé en moins d’un an comme une adresse à suivre. Ouvert en mai 2024 dans une ancienne quincaillerie du centre du village médiéval de Quissac, l’établissement de 16 couverts porte la signature d’un duo atypique : Elouan Trehin en cuisine, Léa Trehin en salle.

En cuisine depuis seulement deux ans, le chef autodidacte de 25 ans développe une approche précise, structurée, et d’une maturité qui surprend. À ses côtés, Léa orchestre le service et la sommellerie avec une attention constante portée à l’expérience globale. Ensemble, ils ont choisi de bâtir une table à leur image, guidée par le produit et portée par une exigence acquise au contact des établissements haut de gamme où ils ont fait leurs premières armes, elle dans l’univers des spas hôteliers, lui dans le service et les métiers de bouche.

ELOUAN TREHIN melba eLU JEUNE TALENT OCCITANIE 2026 GAULT MILLAU

Chez Melba, la cuisine s’écrit au fil des saisons, des rencontres et des produits disponibles. Elle s’ancre dans le territoire sans jamais s’y enfermer. Le pâté en croûte du moment, devenu signature, illustre cet esprit : une base charcutière revisitée selon les envies, les approvisionnements et les saisons. Dans l’assiette, les compositions privilégient la lisibilité. Courgette, huître de l’étang grillée à la flamme, sauce vermouth et caviar ; truite maturée confite au beurre noisette d’arêtes fumées, grenade et mélilot. Les intitulés restent volontairement sobres, laissant place à une lecture directe du produit. Derrière cette apparente simplicité, un travail approfondi sur les cuissons, la maturation, la fermentation et les sauces construit progressivement la complexité. L’intensité se développe au fil du repas, sans rupture, dans un jeu maîtrisé de textures et d’équilibres. La partition sucrée poursuit cette logique en explorant des registres moins attendus. Acidité, amertume, voire une pointe de piquant viennent structurer des desserts qui évitent toute facilité, à l’image d’une association bière et chocolat grand cru 90 %, à la fois directe et nuancée.

Le verre prolonge cette immersion territoriale. La carte, forte d’une quarantaine de références, met en lumière les vignobles occitans, du sud de la vallée du Rhône jusqu’aux Pyrénées-Orientales. Majoritairement orientée vers les vins nature et biodynamiques, elle se construit au fil des rencontres et des découvertes. L’ambition est double : faire découvrir la richesse du vignoble local aux visiteurs, tout en proposant aux habitués des flacons plus confidentiels. Parmi les coups de cœur de la maison : Babel du domaine de l’Étranger à Calce, un Pic Saint-Loup rouge du domaine du Château Del Ranq, ou encore Les Vignes Oubliées en Terrasses du Larzac.

Cette attention portée au territoire se retrouve également dans le choix des producteurs. Rémy et Lucas des Jardins de l’Étoile à Quissac pour les légumes et les fruits, Antoine Menviel à Colognac pour les volailles, Caroline Barcelo pour le porc IGP Baron des Cévennes, ou encore Frédéric Camplo au Vigan pour les truites. Autant de partenaires qui inscrivent la cuisine dans un écosystème local cohérent. Le lieu lui-même prolonge cette démarche. Si la façade d’ancienne quincaillerie a été conservée, l’intérieur dévoile un espace contemporain, structuré autour de bois massif, de fauteuils enveloppants et d’objets chinés. La salle, baignée d’une lumière chaude et tamisée, s’ouvre sur la cuisine et son passe, cœur vivant du restaurant. Dans cet espace resserré, chaque geste, chaque échange devient perceptible.

Originaire de la région, Léa Trehin n’envisageait pas d’implanter ce projet ailleurs. Entre vignes et garrigues, au pied du massif du Coutach, Quissac offre un cadre à la fois discret et singulier, rythmé par le Vidourle et les paysages cévenols. À Quissac, Melba ne cherche pas à démontrer. Il s’installe, progressivement, comme une adresse où le temps semble s’accélérer.

www.restaurantmelba.com

photos ©Malo Trehin