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Lundi 5 décembre 2016, dans les salons de l’Hôtel d’Evreux, place Vendôme à Paris, Guillaume Gomez, MOF 2004, Chevalier de l’Ordre National du Mérite Agricole, a remis les insignes de Commandeur du Mérite Agricole à Christian Millet, président des Cuisiniers de France.
Dans son discours, Guillaume Gomez retrace son parcours, fait l’éloge de son engagement et le définit en trois mots : Convivialité, fraternité et amitié.

 


Guillaume Gomez en rendu hommage à Christian Millet ©SandrineKauffer

Guillaume Gomez en rendu hommage à Christian Millet ©SandrineKauffer
Fils de pâtissier célèbre (Jean Millet – rue Saint-Dominique – co-fondateur des Relais Desserts) Christian Millet est passionné de grande cuisine, amoureux de son métier et sensible à la notion de service.
Il a appris la pâtisserie aux côtés de son père, mais aussi la cuisine, auprès de Georges Garin, puis avec Jean Delaveyne à Bougival, après un passage chez Paul Bocuse. Il a été de 1982 à mai 2015, directeur de Mora, le grand spécialiste des équipements professionnels de cuisine de la restauration. Puis il a participé pendant 4 ans à l’aventure du « Regain », avec Jean Delaveyne, avant de prendre les rennes du « Pouilly-Reuilly » au Pré Saint-Gervais en 1999. Plus récemment il a repris « chez la Vieille », dans le quartier des Halles.


Guillaume Gomez a remis les insignes de Commandeur du Mérite Agricole à Christian Millet -DR

Guillaume Gomez a remis les insignes de Commandeur du Mérite Agricole à Christian Millet -DR
Le discours de Guillaume Gomez

Christian, tu as souhaité une cérémonie conviviale et quelques peu intimiste réunissant quelques amis… donc je vais faire un effort pour faire assez court. Ne m’en veux pas mais il est coutume que le Délégué, fasse l’éloge du Récipiendaire en usant du vouvoiement. Donc en tant qu’élogeur je ferais ton éloge… d’élogé… dans les règles…
Christian, Paul, Henri, vous êtes né le 7 novembre, comme Albert Camus, Franck Dubosc ou David Guetta… Vous, c’est en 1954 que vous voyez le jour et prenez votre premier repas à Montréal au Canada, avant de rejoindre la France en 1958.
D’abord Avignon, puis Asnières, le Pré Saint-Gervais et Paris ou vos parents achètent ce qui deviendra la célèbre pâtisserie Millet dans le 7ème arrondissement.
Vous vous mariez avec une jeune hollandaise, Ankie Hartog en 1979 et vous rejoignez les Lilas en 1982.
Vous avez une fille et deux belles filles.

Côté professionnel….
Tel un certain… Obélix…. On peut dire que vous êtes tombé petit dans la marmite….
Fils de Jean Millet, grand pâtissier, Un des Meilleurs Ouvriers de France en 1961et filleul du célèbre sorcier de Bougival, Jean Delaveyne, vous baignez très jeune dans l’univers de la gastronomie et même de la haute gastronomie. Celle de la convivialité, de la fraternité et de l’amitié.

Après un apprentissage en 1969, en cuisine au restaurant Georges GARIN de la place Maubert à Paris vous rejoignez de 1973 à 1982 la société JALI, spécialisé dans les bonbons au chocolat… gourmand… en tant qu’attaché de direction. Pour les plus jeunes ou celles et ceux qui ne savent pas qui était Georges GARIN, je les invite à consulter sur internet, l’éloge écrite par le grand chef Gérard BESSON titulaire de son siège à l’Académie Culinaire de France… hasard de la vie et de l’histoire…. C’est à ce même Gérard BESSON que vous achetez en 2009 le restaurant La Vieille dans les halles que vous conserverez jusqu’en 2015.

En 1977, appel sous les drapeaux pour une année de service national à Barcelonnette.
C’est en 1982 que vous rejoignez la maison MORA toujours en tant qu’attaché de direction jusqu’à en prendre la direction en 2003, maison que vous quitterez en 2015… Alors 2015, c’était hier, d’aucun pourraient se dire l’éloge se termine… seulement si vous ne connaissez pas Christian MILLET.

Si vous ne connaissez pas son appétit… et de l’appétit, cher Président il vous en a fallu.

Pour cumuler toutes vos fonctions à une époque où le cumule n’était pas décrié !
Il vous en a fallu également, pour accompagner comme vous le surnommez amicalement « le père MORA » celui avec qui vous avez fait le tour des tables parisiennes et françaises à une époque où le commerce et les liens amicaux se tissaient autour d’une table. Devenu expert, docteur es 4b « bonne bouffe et bonne bouteille » vous n’avez jamais arrêté de fédérer, réunir vos bons copains que ce soit au célèbre REGAIN de la rue St Dominique ou vous étiez directeur associé ou chez vous au Pouilly Reuilly célèbre restaurant du Pré St Gervais dont vous êtes le chef propriétaire depuis 1999. Quand d’autres s’impose un rituel sportif ou culturel une fois par semaine, vous, vous alliez les deux avec le célèbre casse-croute du samedi matin au Rubis ou ailleurs.

Convivialité, fraternité et amitié, Voilà trois des mots qui vous définissent bien
Convivialité : Votre bonhomie naturelle en atteste ; et qui s’est retrouvé un jour, un après-midi, un soir, une nuit, bref, n’importe quand ou pendant longtemps, voire très longtemps ; Avec vous ; autour d’une table, d’un coin de table, d’un petit bout de tablette même, ne pourra me contredire…. Enfin ceux qui ont survécus.La convivialité mène à la fraternité…
Fraternité : Depuis tant d’années, pas seulement aux heures des repas, ni de midi à minuit mais sans compter vos heures, sous votre Bannière et maintenant en digne Président des Cuisiniers de France revêtant votre Tablier de chef et le grand Cordon Antonin Careme vous avez rallié tant et tant de chefs. Cuisiniers, pâtissiers et épicuriens de tous Ordres et tous horizons.

Les Travaux, que vous dirigez lors de nos conseils d’administration ont mené il faut le dire les Cuisiniers de France là où nous en sommes aujourd’hui. Pour cela et en leurs noms, merci Monsieur le Président.
La fraternité mène à l’amitié…

Amitié :
Amitié, pas un vain mot pour vous. Toujours bienveillant vous savez vous rendre disponible pour vos amis. Les témoignages et éloges à votre sujet sont légions.
Pas plus tard qu’il y a quelques jours, Joël Robuchon, le Grand chef Joël Robuchon nous disait à la soirée du Taittinger, que « ….si il y en avait bien un qui mérite le titre d’un des Meilleurs Ouvriers de France Honoris Causa c’était bien Christian Millet, tant il donne de lui pour les autres , pour les concours et pour le métier »
Vous avez tant fait pour nos métiers, nos terroirs, notre agriculture et (surtout) notre viticulture ! Il était justifié que le Ministre souhaite vous distinguer en vous élevant au grade de Commandeur du Mérite Agricole.

Monsieur Christian Millet, au nom du Ministre de l’Agriculture de l’Agroalimentaire et de la Forêt, nous vous faisons Commandeur du Mérite Agricole.


Christian Millet a reçu les insignes de Commandeur du Mérite Agricole