En 2025, la famille Loiseau fête les 50 ans de l’arrivée de Bernard Loiseau à Saulieu (1975-2025)
Le 28 février 1975, le jeune Bernard Loiseau reprenait les cuisines de la célèbre Côte d’Or, ancien relais de poste puis auberge de campagne. Son rêve: raccrocher sur le fronton de cette institution, les trois étoiles d’Alexandre Dumaine. Habité d’une vision culinaire avant-gardiste et de sa niaque légendaire, Bernard Loiseau, avec son épouse Dominique, a transformé ce lieu historique en un des plus beaux Relais&Châteaux de France où le monde entier accourut pour déguster ses plats de génie, comme les « Jambonnettes de grenouille à la purée d’ail et au jus de persil ». Voir la recette

50 ans plus tard, le « Relais Bernard Loiseau », (nom modifié en 2003), est plus que jamais au centre de toutes les attentions du monde gastronomique. Depuis la prise en main du groupe par la fille aînée du couple, Bérangère Loiseau, en 2023, l’histoire et le renouveau s’accélèrent. Entre nouvelles ouvertures et rénovations menées tambour battant, par Blanche Loiseau, c’est dans l’assiette que l’évolution est la plus palpable. Louis-Philippe Vigilant, et son épouse Lucile en pâtisserie, propulsent les fondamentaux de la cuisine Loiseau dans la modernité: cette « authenticité du goût » s’écrit au présent.
La Maison Loiseau fête ses 50 ans : un demi-siècle de passion, de gastronomie, de transmission et d’élégance. Fondée par Bernard Loiseau, chef visionnaire au charisme légendaire, cette maison incarne aujourd’hui bien plus qu’un restaurant. Elle est le symbole d’un art de vivre, d’un style culinaire unique et d’une transmission familiale inspirante.

A l’occasion de la 9ème édition du trophée Bernard Loiseau, j’ai eu le plaisir de recueillir plusieurs témoignages, dont celui de ses deux filles, Bérangère et Blanche. Avec beaucoup de sensibilité, elles ont partagé leur regard sur cette date anniversaire, entre fidélité à une mémoire et projection vers l’avenir. Cinquante ans, ce n’est pas simplement un chiffre. C’est une preuve. Celle d’un héritage solide, d’une vision toujours vivante, d’une équipe engagée, et d’une clientèle fidèle. C’est aussi un témoignage de résilience, de passion, de travail. C’est une célébration, mais aussi une responsabilité. C’est un anniversaire tourné vers le futur. Plus qu’un hommage, ce jubilé est aussi l’occasion de faire le point, d’ouvrir des perspectives, d’affirmer une volonté forte : faire vivre l’esprit Loiseau, tout en l’adaptant aux enjeux d’aujourd’hui.
Ils témoignent :
VIDEO Bérangère Loiseau
« Ce n’est plus une mission, c’est une fierté. »
« Blanche et moi, nous ressentons surtout un immense honneur. L’héritage que nous portons est incroyable. Mais cela vient aussi avec une grande responsabilité : faire évoluer la maison tout en respectant ses fondamentaux. C’est dans cet esprit que j’ai imaginé les « suites cocon », une innovation dans l’hôtellerie. Ces cocons en chêne massif, autour du lit, filtrent la lumière et enveloppent nos clients dans une bulle de douceur. C’est ça, dormir chez Loiseau : être entouré de chaleur, d’intimité, de soin. À Saulieu, tout reste vivant. La salle Dumaine est classée monument historique. C’est un véritable témoin de l’âge d’or de la gastronomie française. Et à la carte, il y a les classiques ne bougeront jamais, tels les jambonnettes de grenouilles, le sandre au vin rouge, le Saint-Honoré, et la Rose des Sables. Ce patrimoine culinaire est désormais entre les mains de Louis-Philippe et Lucile Vigilant, qui font un travail exceptionnel et on est on est reparti pour la troisième étoile », sourit-elle.
VIDEO Blanche Loiseau
Blanche Loiseau revient avec émotion sur la continuité familiale de la maison fondée par son père, Bernard Loiseau. Aux côtés de sa sœur Bérangère, elle porte aujourd’hui une double ambition : préserver l’héritage tout en innovant. Le lien avec son père, qu’elle n’a pas connu professionnellement, reste fort et vivant à travers les témoignages, les archives, et les souvenirs que lui partagent ceux qui l’ont côtoyé. « Je découvre mon père à travers les autres », confie-t-elle. « Il continue à rassembler ceux qui l’ont aimé ».
« Mon papa est parti quand j’avais 6 et demi, donc on n’a jamais eu le temps de travailler ensemble. Mais, je pense que mon palais est naturellement marqué par sa signature. J’aime les assiettes simples, lisibles, composées de trois produits au maximum. Il n’y a pas un jour où on ne me parle pas de lui. Je découvre davantage qui il était à travers les témoignages de ceux qui l’ont connu. J’ai des souvenirs par procuration. C’est précieux »
VIDEO Patrick Bertron
« Ce que je ressens en pensant aux 50 ans de la maison Loiseau, c’est avant tout beaucoup d’émotion. J’y ai passé plus de 40 ans de ma vie (…) », confie Patrick Bertron. Bernard Loiseau, c’était l’enthousiasme, le lien fort avec les producteurs, le goût de ce qui nous entoure. Il était visionnaire. Il a amené une autre idée de la gastronomie, centrée sur les saveurs, les produits, le respect des fournisseurs… avant même la mode du locavore. Pour lui, c’était toujours le goût en premier. Il voulait aussi démocratiser la grande cuisine. Il disait souvent : « Cassez votre tirelire pour venir manger dans un restaurant gastronomique ! » Il voulait que tout le monde puisse découvrir ces émotions-là. À une époque où ces lieux semblaient réservés à une élite, il a ouvert les portes. (…) Ce qui rend une recette intemporelle ? C’est l’âme qu’on y met. Une recette devient signature quand elle porte un message, une histoire, une sincérité. Et quand ce message est clair et juste, il traverse le temps.
VIDEO Hiroshi Yamaguchi.
Hiroshi Yamaguchi, le retour d’un fidèle témoin
Chef japonais reconnu à Kobe, Hiroshi Yamaguchi faisait partie du jury du Trophée Bernard Loiseau 2025. Sa présence revêtait une dimension particulière : dans les années 1990, il fut le chef du restaurant Bernard Loiseau à Kobe, ouvert en collaboration directe avec le grand cuisinier français. Avec émotion et fierté, Hiroshi Yamaguchi est revenu sur cette aventure pionnière qui symbolisait déjà l’esprit d’ouverture et d’échange cher à Bernard Loiseau. Plus de trente ans après, ce lien entre la Bourgogne et le Japon reste intact. À travers sa participation au jury, le chef japonais incarne une fidélité rare et la transmission d’une mémoire culinaire franco-japonaise qui continue de vivre.
VIDEO Louis-Philippe Vigilant
Louis-Philippe Vigilant : la fidélité au style Loiseau, entre héritage et modernité
« 2025, c’est la confirmation d’un travail collectif, la concrétisation des deux étoiles Michelin conservées pour La Côte d’Or à Saulieu», souligne Louis-Philippe Vigilant. « Cet ADN, je l’ai intégré naturellement, au fil du temps, en travaillant notamment aux côtés de Patrick Bertron, lui-même formé par Monsieur Loiseau (…) J’ai commencé à Saulieu en 2007, pour quatre années, puis 2 ans à Baumanière, et je suis revenu 8 ans dans le groupe et depuis trois ans à Saulieu. (…) Déjà à la Martinique, je voyais Monsieur Loiseau à la télévision. Son style, sa présence, sa sincérité. (…) On comprenait vite qu’il avait marqué l’histoire de la gastronomie française. On se rend compte à quel point Bernard Loiseau était précurseur. Il allégeait ses sauces, réduisait la matière grasse, travaillait la digestibilité de ses plats. Il avait compris avant tout le monde ».
VIDEO Fabrice Prochasson
« La mission de rependre le Trophée Bernard Loiseau, (créé en 2005) a été confiée en 2015 à l’Académie culinaire de France avec le soutien de Dominique Loiseau« , mentionne Fabrice Prochasson, Président de l’Académie culinaire de France. Elle m’a écrit : « Fabrice, on compte sur toi pour raviver la mémoire de Bernard à travers ce concours. » J’ai accepté cette mission avec enthousiasme. C’était une manière de prolonger son esprit. Personnellement, j’ai eu la chance de travailler avec Bernard pendant 15 ans, notamment aux côtés de Patrick Bertron pour toutes les réceptions parisiennes. Nous avons partagé des repas en cuisine, discuté des heures de recettes, de projets comme celui à New York… C’était une relation de confiance et d’admiration. Il fait partie, à mes yeux, des cinq ou six chefs qui ont profondément marqué la cuisine française.
C’était un vrai communiquant, un visionnaire, mais aussi un homme de cœur. Il donnait envie. Et il a réussi à attirer toute la France -et au-delà- à Saulieu. Bernard Loiseau était précurseur : dès les années 80, il proposait des menus végétaux d’une grande finesse. Il allégeait ses sauces, travaillait les légumes comme des produits nobles. Aujourd’hui, cette approche est partout. Des chefs comme Arnaud Faye, passé par Saulieu, en sont les héritiers. Mon message aux jeunes ? Regardez cette cuisine avec respect. Comprenez que derrière chaque plat de légume, chaque sauce légère, se cache une révolution qui a débuté il y a 40 ans. Bernard Loiseau en a été un des grands artisans. »
Pour fêter les 50 ans plusieurs rendez-vous
Lundi 7 avril 2025 : 9ème édition du Trophée Culinaire Bernard Loiseau à la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin à Dijon. Suivi d’une semaine d’animations pour les visiteurs de la Cité.
RELIRE Sacha CROTEAU remporte le trophée Bernard Loiseau 2025
A Saulieu , quatre diners avec des chefs prestigieux :
- le 16 mars avec la maison Guérard
- le 2 juin avec les chefs Franck Pelux & Fabien Ferré
- le 26 octobre avec David Toutain
- le 7 décembre avec le chef Marcel Ravin
Naissance du club « A table avec Bernard Loiseau » :
Chaque année, Bernard Loiseau avait coutume d’organiser une grande tablée avec ses amis vignerons et producteurs. Ce déjeuner, était une parenthèse d’amitié, de convivialité et de gourmandise. Aujourd’hui encore, ses convives privilégiés s’en souviennent avec émotion. Dorénavant, il sera possible pour les clients, de réserver ce moment de convivialité et se replonger dans les classiques de la maison autour d’une grande tablée.

Deux nouveaux ouvrages aux éditions Glénat :
A l’occasion des 50 ans, la maison Bernard Loiseau édite un beau livre inédit, ainsi qu’un livre pour enfant. Parution prévue septembre-octobre 2025. Une collection exclusive autour des 50 ans sera en vente en boutique et sur www.boutique-loiseau.com.
En région
Les autres établissements du groupe seront aussi à la fête: « Loiseau des Ducs » à Dijon, « Loiseau des Vignes » à Beaune et « Loiseau du Temps » à Besançon prévoient un mois de célébration en juin avec un plat hommage à la carte.

A l’étranger :
Les 50 ans résonneront loin et nous associerons les convives du monde entier à la fête :
- Le 3 mars au Luxembourg au restaurant « Le Clairefontaine » du chef Arnaud Magnier (ancien de la maison Loiseau).
- Le 14 avril un dîner à « Loiseau de France » à Tokyo
- Le 17 avril à Kobe au Kitano Hotel du chef Hiroshi Yamaguchi.
- Le 5 juin en Belgique au restaurant « L’Air du Temps » du chef avec Sang Hoon Degeimbre
- Le 30 septembre en Suisse au restaurant « l’Hôtel de Ville » de Crissier.
- Le 16 octobre en Belgique en partenariat avec le fond mécénat de la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin de Dijon.
- Le 6 ou 20 novembre en Belgique à Bruxelles au restaurant « Comme chez Soi » avec Lionel et Laurence Rigolet.
Nouveau menu « Légumes en fête » :
Grand adepte du circuit court avant l’heure, Bernard Loiseau était un fervent défenseur du terroir et des produits d’exception. Son attachement aux producteurs locaux était au coeur de sa philosophie culinaire : ingrédients authentiques et de qualité issus du savoir-faire artisanal. Précurseur et visionnaire, Bernard Loiseau avait inventé, en 1984, le menu « Légumes en fête ».

Tout au long de l’année à Saulieu: Louis-Philippe Vigilant remet à la carte un menu 100% végétal. Grand précurseur, Bernard Loiseau avait inventé, en 1984, le menu « Légumes en fête ». En hommage à cet héritage, Louis-Philippe Vigilant, inscrit à la carte un menu composé des carottes interprétation d’une salade moderne, La courge au safran du Piochys, fromage frais, caviar krystal, Les crapiaux de treuffe à la truffe noire, Cabrache de la ferme du Conrieux et La betterave pétales confits, crémeux de graine de berce, fleur d’hibiscus (250€/perso) Dans chacun des plats, le dénominateur commun est assurément la puissance des goûts, cet ADN que Bernard Loiseau aimait à marteler « le goût, le goût, le goût ».



