Le célèbre humoriste a créé en 2024 son spectacle « Laurent Gerra se met à table ! », scénarisé autour d’un véritable décor de cuisine. Imitateur, épicurien, fin gourmet et sérieux gourmand, Laurent Gerra est aussi un proche de nombreux chefs. Le spectacle poursuit aujourd’hui sa tournée dans toute la France et sera présenté au Palais des Congrès de Paris les 29, 30 et 31 décembre 2026.
Dans son actualité, Laurent Gerra a reçu les insignes de chevalier de la Légion d’honneur le lundi 29 septembre 2025, à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, à Paris. La décoration lui a été remise par le général François Lecointre, grand chancelier, en présence notamment de Brigitte Macron, Georges Blanc, Marc Veyrat, Rachida Dati et Christophe Marguin. Avec Georges Blanc, il a également été intronisé dans la Confrérie de la tête de veau de Rungis, aux côtés de la Confrérie des Poulardiers de Bresse et son chef pâtissier du Léon de Lyon, Julien Koren, a remporté en avril 2026 le concours national du meilleur flan pâtissier, dans la catégorie « flan traditionnel »
Entretien réalisé en 2024.
Le néo-restaurateur est aujourd’hui partie prenante dans quatre établissements : exploitant pour Léon de Lyon, Le Chanteclair et Mamma, et associé chez Pléthore & Balthazar. Proche de Jérôme Bocuse, fils de Paul Bocuse, il s’était également associé, pour une période désormais achevée, au groupe Bocuse afin d’assurer la gestion et l’exploitation de certains établissements. Très impliqué dans cette activité, Laurent Gerra participe aux dégustations des nouvelles cartes, aime donner son avis et partage volontiers ces moments privilégiés autour d’une table, dans un esprit de convivialité.

D’où vient cette fascination pour les chefs ?
Ma mère a travaillé à mi-temps, et provisoirement, en salle chez Georges Blanc à Vonnas. Elle a décroché le poste, sans doute parce qu’elle venait du même village que l’épouse de Georges Blanc. Petit, j’étais souvent en cuisine, avec Fred, (ndlr Frédéric), le fils de Georges. Nous étions un peu turbulents, mais j’étais fasciné par l’organisation, la brigade et les assiettes qui se dressaient. Ma mémoire olfactive est intacte à ce sujet, j’aimais les odeurs, qui s’en échappaient. C’est la raison pour laquelle, je ne mets jamais de musique dans mes restaurants. Les conversations, les envois, le bruit des casseroles et des couverts, mettent en musique le service du restaurant.
J’ai grandi avec une arrière-grand-mère, une grand-mère et une mère qui étaient très bonnes cuisinières, j’ai baigné, tout petit, dans la gourmandise. Mon métier m’a permis de rencontrer les chefs de France, pendant mes tournées.

Quand avez-vous eu envie de vous lancer dans la restauration ? Y a -t-il eu une personne ou un contexte déclencheur ?
Le contexte fut la décision du chef Jean-Paul Lacombe, deux étoiles Michelin, de vendre son restaurant « Leon de Lyon ». Il y avait eu quelques inquiétudes, quant aux éventuels repreneurs et j’avais envie de contribuer à préserver le patrimoine culinaire et gastronomique lyonnais. Cette maison est une institution ! Née en 1904, elle a fêté ses 120 ans en 2024. Jean-Paul avait envie que le repreneur préserve son histoire, la tradition et ses valeurs. J’y mets tout mon cœur pour m’y employer.

Vous avez été élu « Personnalité de l’année 2019 » lors de la soirée des « Plumes d’Or du Vin et de la Gastronomie », qu’avez-vous ressenti ?
J’étais ému bien sûr. Nous avons aussi eu quelques prix pour « Léon de Lyon » et j’ai eu l’honneur de recevoir la médaille du Mérite agricole, remise par mon ami Georges Blanc. C’était très émouvant. J’en suis d’autant plus heureux et fier, car c’est une distinction difficile à obtenir, qui incarne à la fois les valeurs françaises de l’agriculture, la viticulture, et les métiers de la gastronomie. Il s’agit de toute une filière nourricière, issue de la terre, avec la transmission d’un savoir-faire. J’ai eu la chance de grandir près de fermes et d’être sensibilisé au goût des bons produits. Je suis proche des agriculteurs, ils font bien leur métier. Je ne prône pas le bio, surtout pas dans le vin, je n’aime pas les vins natures, qui sentent l’écurie (sourire). Il est impossible d’afficher 100% bio, il y a une forme d’escroquerie.



Vous avez aussi acquis des parcelles de vigne. Avoir son nom sur une bouteille de vin, c’est comme avoir son nom à l’Olympia ?
Oui exactement ! Les cuvées « Laurent Gerra » existent en Pouilly-Fuissé, Moulin à vent, Vinsobres Côtes du Rhône blanc, Côtes du Rhône rouge et Côtes de Provence. Ces vins sont à la carte de mes établissements, mais également chez certains cavistes. Mon oncle possédait des vignes dans le Jura, région de mon enfance. J’avais 10 ans et j’assistais aux vendanges avec lui.
Enfilez-vous le tablier à la maison ?
Oui, j’adore cuisiner, je mets de la musique et cela me détend. J’ai le goût des choses simples. Je suis Bressan alors je réussis bien le poulet. J’excelle dans la sauce de salade avec une recette transmise par mon arrière-grand-mère à ma grand-mère, puis à mon père. J’ai pris la relève. Elle est élaborée avec de la moutarde, de l’ail, plusieurs huiles et plusieurs vinaigres.

Est-il vrai que vous organisez vos tournées en fonction des restaurants ?
Oui c’est important. Il y a une région, que je ne citerai pas, mais s’ils n’avaient pas de bons restaurants, je ne reviendrais plus (sourire). D’autres, regorgent de bonnes adresses, comme l’Alsace, je retourne à l’auberge de l’Ill chez Marc Haeberlin, qui m’avait invité à la fête des « 50 ans de 3 étoiles Michelin ». Mais, je m’attable aussi volontiers dans des bistrots, winstubs, brasseries, ou des bouchons, car j’aime toutes les cuisines du terroir. Quand je suis en tournée, je préfère manger et boire «local », et découvrir les spécialités, jusqu’aux plateaux de fromages et aux spiritueux pour prolonger cet instant d’amitié et de convivialité. Mes préférences sont herbacées avec la gentiane et la chartreuse, mais j’ai également de doux souvenirs autour d’une eau-de-vie d’abricot…
Par Sandrine Kauffer
Un article paru également sur THE CRAFTER®
LA FICHE D’IDENTITÉ GASTRONOMIQUE de Laurent Gerra








