Gérard Goetz célèbre 70 ans de passion familiale à l’hôtel Julien à Fouday

En 2025, l’Hôtel Julien à Fouday célèbre un double anniversaire : celui de sa fondation en 1955, et celui de Gérard Goetz, figure emblématique de l’établissement, né la même année que le bistrot de routiers fondé par ses parents, Yvette et Julien Goetz. Ce qui n’était à l’origine qu’un modeste relais pour routiers niché au cœur de la vallée de la Bruche, en Alsace, est devenu au fil des décennies une adresse incontournable de l’hôtellerie de charme. Porté par la vision et l’ambition de Gérard Goetz, l’établissement a connu une transformation remarquable : agrandissement des chambres, création d’un spa, développement d’infrastructures haut de gamme… Une réussite qui dépasse aujourd’hui les frontières régionales.

« Mes parents m’ont transmis le goût du travail bien fait. J’ai simplement continué à faire grandir leur rêve », a déclaré Gérard Goetz, ému, devant un parterre de proches, de partenaires, de collaborateurs et d’élus locaux, réunis à l’occasion des festivités organisées pour cet anniversaire symbolique.

L’instant s’est poursuivi avec les témoignages touchants de ses filles, qui, tour à tour, ont pris la parole avec émotion, humour et tendresse. À travers leurs mots, c’est toute la dimension humaine de cette aventure familiale qui s’est révélée, entre héritage, transmission et passion commune. Chacun des convives a  salué une trajectoire exemplaire et le rôle majeur que joue l’Hôtel Julien dans le rayonnement touristique de la région. Tous ont souligné l’importance de ce lieu, devenu au fil du temps bien plus qu’un hôtel : un véritable emblème alsacien de l’accueil, de l’excellence et du savoir-vivre, un exemple à suivre, un moteur, une référence pour toute une région et au-delà, incarnant la réussite d’un tourisme familial, authentique et ambitieux.

Le chef de famille a profité pour faire visiter les nouvelles ambitions de l’établissement : un nouveau bâtiment en cours de finalisation, qui viendra renforcer la capacité hôtelière ; une nouvelle cuisine ; un restaurant gastronomique flambant neuf, une salle de petit-déjeuner indépendante, une boulangerie artisanale… Autant de projets qui illustrent la dynamique continue d’un lieu en perpétuelle évolution.

archive avec Marylène – Julien Fouday

Discours de Gérard Goetz

Mes chers amis,

70 ans on m’a dit ça se fête alors je vais fêter, entouré de tous ceux que j’ai rencontrer dans ma vie et que j’aime ! (…)  70 ans c’est l’occasion de jeter un regard en arrière, pas pour se dire « comme le temps passe vite », même si c’est vrai, mais surtout pour se dire : « quelle chance j’ai eue » ! (…) Il y a 70 ans mes parents Yvette et Julien se sont installés à Fouday avec leur petit rejeton de 2 mois, et ont acheté une petite auberge de bord de route. Très vite ils se sont faits une clientèle de routiers, d’artisans en semaine, et de gens de la ville le week-end, qui avaient une maison secondaire par ici. Les samedis soirs, ils avaient aussi des mariages et les chasseurs.

Lorsque j’ai eu 18 ans mon papa nous a quittés pour l’au-delà.

Moi qui rêvais comme chaque jeune cuisinier à l’époque de parcourir le monde, je me suis vite retrouvé à Fouday pour aider ma maman en espérant qu’elle décide de vendre assez vite sa petite auberge.

Mais quelques mois plus tard le destin a mis sur mon chemin, Marylène une petite vosgienne que j’ai épousé. Je ne pouvais pas laisser passer une occasion pareille. Tant pis pour la découverte du monde !

2 ans après Hélène est arrivée, suivie d’Eléonore 4 ans plus tard. Et là il n’était plus question de partir.

Comme Marylène et moi avions quand même un peu d’ambition, chaque fois qu’on avait trois sous on les investissait.

Avec son sens du commerce et ma passion pour la construction la chance était avec nous et ça a fonctionné. Et petit à petit au fils des ans le bistro de bord de route s’est gentiment transformé.

Ses petits-enfants

« Je veux dire combien je suis fier »

Et puis nos deux filles, malgré quelques réticences au départ, surtout Eléonore, ont quand même fini par épouser le métier avant d’épouser leurs deux supers maris, Gaston et Laurent.

Gaston qui est en train de prendre ma suite sur les différents chantiers de la maison et un jour je l’espère, si Dieu le veut, Laurent nous rejoindra en cuisine. Et puis sont arrivés nos adorables 4 petits-enfants : Victor, Auguste, Martin et Louise. Mon plus grand bonheur aujourd’hui c’est d’avoir toute ma famille autour de moi. À mes enfants, petits-enfants, et peut-être arrière-petits à venir (on ne sait jamais), je veux dire combien je suis fier. Fier de ce que vous êtes devenus, fier des valeurs que vous incarnez, et fier d’avoir été témoin de vos parcours. À mon équipe, et je ne parle pas seulement de travail, je parle d’amitié, de loyauté, de confiance, merci. Merci pour votre engagement, votre énergie, et votre patience aussi, parce que je sais que je ne suis pas toujours le plus simple. Vous m’avez accompagné, soutenu dans les bons moments comme les plus complexes. On dit souvent qu’on choisit ses amis, pas sa famille. Moi, j’ai eu la chance de pouvoir choisir une équipe qui est devenue une vraie famille de cœur.

Avec Gaston, Laurent, Hélène, Eléonore

Alors ce soir, ce n’est pas seulement un anniversaire que je veux fêter. C’est une vie partagée avec vous. Une aventure faite de liens forts, de rires, de défis, de projets, et d’amour. Et pour cela, je vous dis merci. Du fond du cœur.

Avant de conclure j’ai une pensé pour des gens que j’aurais tellement aimé avoir avec nous ce soir. Je pense bien sûr à Denis Boulanger, Marco Arbeit, Thierry qui n’était pas seulement ce jardinier extraordinaire mais surtout un ami de la famille, Gérard Schmitter,  Daniel Maitrot, Pierre Vanderdrissche, Josy Schwanger, Marie-Laurence, Chriss Dresen mon attachée de presse sur la Belgique, Georges Schmitt et bien d’autres »

Discours d’Eléonore et Hélène

Papa,

Tout le monde le sait ici, mais tout le monde ne mesure pas à quel point c’est un bonheur d’être tes filles. C’est un cadeau de tous les jours, énorme comme ton cœur blotti sous la carapace de l’homme que tu es et que nous admirons tant.

Il y a tant de choses à retenir de ce que tu nous as appris et que nous tentons de transmettre à nos enfants. Ton optimisme sans faille, ton énergie sans bornes, cet art de faire de la vie un bonheur permanent. A tes côtés, rien n’est impossible, rien n’est insurmontable. Tu trouves toujours la solution.

A 70 ans alors que certains pensent « retraite » et vie paisible, ou plus tranquille, toi tu gravis le Mont Blanc avec tes potes, tu organises une choucroute pour 400 personnes sous une tente, tu construis encore et toujours. Et alors qu’on pourrait te penser pleinement absorber par ce petit chantier en cours, toi tu nous parles déjà du prochain.

Tu ne te décourages jamais et tu donnes envie aux autres. Tu as soixante-dix ans aujourd’hui et tu n’as jamais été aussi jeune, avec cette capacité d’émerveillement permanent, cette curiosité de tout, et l’envie d’avoir toujours un projet d’avance. Tu cours plus vite que les autres, tu finis par en fatiguer certains, mais ceux qui t’aiment te suivent toujours.

Si tu as souvent été autoritaire – et tu l’es toujours – c’est parce que tu es exigeant, d’abord avec toi-même, et surtout avec ceux que tu aimes. Tu n’as pas besoin d’élever la voix, un simple regard suffit pour ramener tout le monde sur le bon chemin. Tu vois toujours plus loin que les autres.

Tu nous as toujours protégées en nous encourageant, même si parfois, on avait l’impression que tu pouvais être dur sur le moment. Je me souviens très bien de ta réaction lorsque tu as découvert que je connaissais beaucoup mieux les bars de Strasbourg que les bancs de la fac de droit…. La semaine d’après j’étais inscrite à l’école hôtelière de Lausanne pour y apprendre un vrai métier… Je me souviens aussi que tu as croisé Eléonore un premier jour de grandes vacances devant la TV.  Tu lui as demandé : tu comptes faire ça tout l’été ? Tu n’as pas attendu la réponse et, trois jours plus tard, elle était dans un avion pour Atlanta ! Pour aller apprendre l’anglais. Sur le coup, elle n’en menait pas large, mais par la suite, elle était tellement heureuse, et tu m’as donné le goût des voyages.

Tu nous as inculqué de belles valeurs : d’abord le travail, l’importance de la loyauté et de la fidélité. Tu nous as montré, sans le dire, combien tout passe d’abord par le travail, surtout quand on est le patron à bord. Montrer l’exemple, afficher sa passion sans le dire. Quand tu es à Fouday, tu ne manques aucun petit-déjeuner : tu es là à 7 heures pour servir le pain et les brioches aux clients. Alors que tu pourrais te reposer. Mais le repos, pour toi, c’est l’ennui. Et tu détestes t’ennuyer. Tu es un amoureux de la vie. Tu la croques à pleines dents.

Tu es un fédérateur en tout : dans le travail, auprès de tes équipes. Tu sais entraîner. Mais tu es aussi un fédérateur dans ta famille. Et c’est l’un des plus beaux cadeaux que tu peux nous faire. Tu sais réunir ta famille et la protéger. Tu fais tout pour qu’elle reste unie. Ce ne sont pas Gaston et Laurent qui diront le contraire ! Chez vous, chez nous, chez toi et maman, la porte est toujours ouverte quoi qu’il arrive. Nous mesurons la chance que nous avons. Nous n’arrêtons pas de le répéter à nos enfants. Pour eux, tu es un papy formidable. Même s’ils te craignent autant qu’ils t’aiment. Avec maman, tu les gâtes, tu t’en occupes, tu les emmènes en vacances, tu leur donnes ce qu’il y a de plus beau, c’est-à-dire des souvenirs qu’ils pourront raconter plus tard. Et cela n’a pas de prix.

Il est temps de conclure. Ce soir, devant tous nos amis, nous avons voulu te dire ce que nous n’avons peut-être encore jamais osé te dire. Mais au fond de toi-même, et derrière ta pudeur qui te rend si touchant, tu le sais déjà.

Alors bon anniversaire Papa »

TELECHARGER Le magazine des 70 ans de l’hôtel Julien à Fouday avec des photos archives

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