Julien Raphanel ©Jean-Baptiste Delerue

À Reims, La Grande Georgette ouvre Little Georgette avec Julien Raphanel

Face à la cathédrale de Reims, La Grande Georgette poursuit son évolution naturelle avec l’ouverture de Little Georgette, un bistrot pensé comme un pendant libre, vivant et assumé à la table gastronomique. Avec Little Georgette, La Grande Georgette affirme pleinement sa maturité. Deux tables, deux écritures, une même exigence, portées par une vision cohérente de la gastronomie, installées au sein de l’hotel-Spa La Caserne Chanzy

Aux commandes de l’ensemble, le chef Julien Raphanel , arrivé en 2021, imprime une cuisine lisible, précise, solidement ancrée dans le terroir champenois, où la technique s’efface au profit du goût et de la justesse.

Formé auprès de Guy Lassausaie, Jean-Marie Gauthier et Philippe Mille, Julien Raphanel incarne une génération de chefs pour lesquels la maîtrise technique est un socle, jamais une finalité. Sa cuisine se distingue par sa clarté d’expression, son équilibre et une lecture rigoureuse des saisons. Chaque plat vise l’évidence, sans surcharge ni effet inutile, avec une attention constante portée aux textures, aux jus et aux assaisonnements.

Parmi ses signatures, le ris de veau occupe une place centrale, décliné tout au long de l’année selon l’inspiration et les produits disponibles. Doré au sautoir, il s’accompagne d’un consommé aux essences de gingembre ou d’une extraction de cosses de petits pois. Braisé, il se prolonge par un élixir du Jura, des girolles au vin jaune ou des nectarines confites. À chaque variation, le produit est respecté, travaillé avec constance, sans jamais perdre sa lisibilité.

La carte de La Grande Georgette se déploie en plusieurs séquences, jusqu’à six plats, laissant au convive la liberté de composer son parcours. Chaque assiette s’inscrit dans une construction d’ensemble où le rythme du repas, la cohérence des saveurs et la relation au convive priment sur toute forme d’esbroufe. Le luxe, ici, s’exprime dans la maîtrise, la précision et l’attention portée au détail.

Cette cuisine d’auteur s’appuie sur un réseau exigeant de producteurs et d’artisans locaux, qui nourrissent l’identité de la maison. Les légumes bio de Benoît Deloffre, les champignons sauvages de l’Argonne cueillis par Mazurier, les asperges de Benjamin Marchal, les œufs fermiers de Claude Lacroix, le miel de Sébastien Bernier à Mourmelon-le-Grand ou encore les viandes maturées de Nicolas Petit composent la trame quotidienne de la carte. De cette matière première naissent des assiettes précises et expressives, comme les morilles soufflées de langoustines, le rouget des côtes à l’émulsion de fleur de sureau, le homard bleu au jus de tête au curry rouge, ou encore la tarte tiède « Macaé », écume cacahuète, devenue un dessert emblématique de la maison.

L’expérience se prolonge naturellement par une cave de tout premier plan, imaginée par Jean-Charles Kranzmann, responsable du bar et de la sommellerie. Avec près de 1 500 références, dont environ 650 champagnes, elle figure parmi les plus riches de France. Grandes maisons, vignerons champenois recherchés, beaux flacons de Bourgogne, de Bordeaux, du Rhône ou vins du monde composent une sélection libre, sans exclusivité, pensée pour dialoguer avec la cuisine et accompagner chaque parcours.

La salle, ouverte sur la cuisine, permet d’observer le travail précis de la brigade, tandis que la terrasse panoramique face à la cathédrale offre une autre lecture du lieu, particulièrement au coucher du soleil.

En complément naturel de cette table gastronomique, Little Georgette affirme une autre facette de l’identité du lieu. Pensé comme un bistrot français assumé, il propose une cuisine accessible et conviviale, fidèle aux grands classiques : œufs mayonnaise, escargots, tartare de bœuf, sole meunière, mousse au chocolat, tartes de saison ou crêpes Suzette. Une adresse où l’on vient sans cérémonial, pour le plaisir immédiat, dans un esprit de partage et de spontanéité.

www.lacasernechanzy.com/

© Matthew Shaw