À Hammamet en Tunisie, l’émotion avait un parfum de sel et d’accomplissement. Pour fêter ses dix ans, Mouna Ben Halima propriétaire et PDG de La Badira, palace emblématique et seul hôtel tunisien membre des Leading Hotels of the World, a accueilli Christophe Raoux, chef étoilé du Royal Champagne et Meilleur Ouvrier de France 2015, pour un dîner à quatre mains aux côtés de Ramzi Bouguila, le chef exécutif de La Badira.
Un double anniversaire placé sous le signe de la transmission, de la formation et du partage, des valeurs au cœur du parcours d’un Meilleur Ouvrier de France, mais aussi de ce palace qui incarne depuis une décennie l’hospitalité tunisienne dans toute sa noblesse.
Le film
Pendant deux jours, Christophe Raoux a investi les cuisines de La Badira, entouré d’une quarantaine de cuisiniers et pâtissiers. Dans un esprit d’ouverture et de pédagogie, il a partagé ses gestes, ses techniques, son exigence et sa bienveillance.
« Un honneur et un bonheur », confie Ramzi Bouguila, « une immense source d’enthousiasme pour toutes nos équipes. »
Dans un pays où le Guide Michelin n’existe pas, l’arrivée d’un Meilleur Ouvrier de France a eu valeur d’événement. Les brigades, impressionnées et fières, ont redoublé d’efforts pour faire rayonner leur savoir-faire, prouvant leur envie d’apprendre, de progresser et de s’élever.
De son côté, Christophe Raoux a salué « l’engagement, le sourire et la belle organisation » de la brigade tunisienne, soulignant la qualité des infrastructures et « le travail remarquable réalisé dans les différents restaurants de La Badira ». Il a également découvert les produits et recettes traditionnelles du pays, une cuisine sincère, généreuse et inspirante. Ce premier voyage, confie-t-il, « laissera une empreinte durable » et l’envie de revenir.

Ramzi Bouguila, la fierté d’une génération tunisienne
Né à Monastir, formé à l’École hôtelière de Hammamet, Ramzi Bouguila incarne cette nouvelle génération de chefs tunisiens passionnés, exigeants et profondément attachés à leur pays. Fort de vingt-deux ans d’expérience, il a participé à trois ouvertures d’hôtels, dont le Mövenpick Resort & Marine Spa de Sousse en 2009. En 2013, il rejoint le Radisson Blu, avant d’être présent dès 2014 à l’ouverture de La Badira, dont il a accompagné les premiers pas.
Après une parenthèse de cinq ans en Algérie, où il occupait le poste de chef exécutif d’une chaîne hôtelière regroupant huit établissements, Ramzi revient en Tunisie « par amour de son pays ». Il collabore un temps avec le chef Bellini à Gammarth, avant de signer en 2022 son retour à La Badira, cette fois en tant que chef exécutif.
Aujourd’hui, il supervise l’ensemble des cuisines de l’établissement : le restaurant gastronomique Adra, le restaurant Kamilah Cuisine du Monde, le Petit Grill, le service du petit-déjeuner et les banquets. En haute saison, il orchestre 450 couverts par service avec 62 collaborateurs ; en basse saison, environ 250 couverts avec 45 collaborateurs.
Mais malgré ses responsabilités, il reste un homme de terrain :

« Je suis un amoureux de la cuisine. Je participe à la mise en place avec mes équipes et je vais voir mes clients en salle », confie-t-il avec simplicité.
Passionné par la gastronomie française, il admire les grands chefs et la gastronomie française, il aime cuisiner le canard, ele fois gras ou un Saint-Pierre beurre blanc. Mais son cœur reste attaché aux saveurs de son pays : le couscous, le gingembre et le citron vert, qu’il aime travailler pour leur fraîcheur et leur éclat.
« J’ai toujours rêvé d’une étoile Michelin », glisse-t-il discrètement, « mais le vrai bonheur, c’est de transmettre et de voir nos jeunes progresser. »
Un dîner, deux chefs, une même vision
Ce dîner à quatre mains, célébrait à la fois la décennie de La Badira et les dix ans du titre de Meilleur Ouvrier de France de Christophe Raoux. Une rencontre entre deux chefs unis par la même passion du métier, le respect du produit et l’envie de transmettre. Une passerelle entre la France et la Tunisie, entre la rigueur et la chaleur, entre l’excellence et le cœur. C’est la 3ème édition de ces quatres mains avec Laurent Régal, Christophe Leroy.
Sous l’impulsion de Mouna Ben Halima, femme visionnaire, audacieuse et profondément attachée à son patrimoine, La Badira continue d’incarner le luxe tunisien dans ce qu’il a de plus vrai : une élégance ancrée dans l’histoire, ouverte sur la modernité, et guidée par la lumière.
Par Sandrine Kauffer





