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Stéphane JÉGO lance une pétition pour faire décréter « l’état de catastrophe naturelle sanitaire » ©archive CCF

Le 18 mars 2020, Stéphane JÉGO, chef et propriétaire de l’Ami Jean à Paris a lancé une pétition pour inciter le gouvernement à décréter l’état de catastrophe naturelle et sanitaire, afin que les assurances indemnisent les commerçants, artisans, éleveurs, producteurs hôteliers-restaurateurs. Adressée à Bruno Le Maire (Ministre de l’Économie et des Finances), 92 000 l’ont déjà signée, parmi lesquels Alain Ducasse, Hélène Darroze, Jean-François Piège, Pierre Gagnaire, Philippe Etchebest, Guillaume Gomez, le collège culinaire de France,… et vous ?

 

Amis commerçants, confrères, éleveurs, producteurs, tout acteur,

Comme vous tous, samedi à minuit, j’ai dû fermer mon restaurant, L’Ami Jean, à Paris. Et je ne sais pas pour combien de temps. Ce temps-là, utilisons-le pour organiser et garantir la réouverture de nos établissements. La seule issue à cette crise économique, qui s’annonce fatale pour nombre d’entre nous : pousser le gouvernement à décréter l’état de catastrophe naturelle sanitaire afin que les assurances nous indemnisent.

Chefs, bartenders, mixologues, nous avons chacun appelé nos assureurs et chacun a reçu la même réponse. Mais rien n’est perdu car rien n’est écrit. La situation est inédite et nous nous devons de nous battre pour sauver nos établissements ! Personne ne le fera à notre place et les assureurs, qui sont fédérés, se sont, eux, déjà organisés pour échapper à la crise.

Emmanuel Macron l’a martelé : « C’est une crise sans précédent ! ». Alors, écrivons chacun et ensemble, indépendants, petites et moyennes entreprises, les lignes qui nous font défaut aujourd’hui !

Que l’individualité de chacun – via vos contacts médias et les réseaux sociaux – se mette au service du collectif. J’en appelle à une mobilisation autant historique qu’apolitique car il ne s’agit pas de prêcher pour notre paroisse. L’état de catastrophe naturelle sanitaire est notre seule issue.

Emmanuel Macron a annoncé, lundi soir, une aide de 300 milliards d’euros pour garantir les prêts bancaires et mardi matin, Bruno Le Maire a promis 45 milliards d’euros pour les entreprises. Suis-je le seul à me demander pourquoi il n’a été mentionné à aucun moment le rôle des assurances ?

Serait-il juste que les assurances (220 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018) et leurs réassurances (234 milliards d’euros de CA en 2018) soient les seules à s’en sortir indemnes ?

Sans à aucun moment nier « la guerre sanitaire » à laquelle nous sommes confrontés, nous nous devons de penser à demain, à nos entreprises, nos salariés et la base de notre métier : artisans, éleveurs, producteurs… Décréter l’état de catastrophe naturelle sanitaire est capital pour l’ensemble des professions.

Amis, confrères, je vous appelle au combat pour la survie de nos métiers. Rejoignez le collectif ! J’invite chacun de vous à signer cette tribune avec moi. Montrons un front uni pour que le gouvernement nous entende !

Stéphane Jégo

signer la pétition sur le site www.change.org

 

Le 23 mars 2020, la Fédération française de l’assurance (FFA) annonce la mobilisation de 200 M€

 

La Fédération française de l’assurance (FFA) a obtenu l’accord de ses adhérents pour soutenir la trésorerie des entreprises. Une enveloppe de 200 M€ sera mobilisée dans les prochaines heures. Elle viendra alimenter le fonds de solidarité annoncé par Bruno Le Maire (1M€) la semaine dernière.

Les adhérents de la FFA vont contribuer « à due proportion » de son poids sur le marché français; Axa France, Crédit agricole Assurances, BNP Paribas Cardif, Allianz France, Generali, Covéa, Groupama devraient en être les principaux contributeurs.

Les membres de la FFA s’engagent également à différer le paiement des loyers pour les PME et les TPE appartenant à l’un des secteurs dont l’activité est interrompue en application de l’arrêté du 15 mars 2020.

De plus, par solidarité avec les personnes fragiles (c’est à dire les personnes en affection de longue durée et les femmes enceintes), placées en arrêt de travail selon la procédure dérogatoire prévue aujourd’hui par la Sécurité Sociale, les assureurs prendront en charge, au titre des contrats, les indemnités journalières, dans la limite de 21 jours d’arrêt de travail, dans les mêmes conditions qu’un arrêt de travail pour maladie prescrit par un médecin.

Cet accord intervient au terme de plusieurs jours de négociations avec Bercy et de débats internes à la profession. Bruno Lemaire, ministre de l’Economie et des Finances s’était montré déterminé à ce que l’assurance participe, au même titre que la banque à « l’effort de solidarité nationale ».

Enfin, les assureurs sont demandeurs pour participer à la réflexion à mener sur la création d’un régime de type assurantiel destiné à intervenir en cas d’une future catastrophe sanitaire majeure.

Mais, pour une prise en compte immédiate, il faut un préalable signé entre les parties

 

Catherine Dumas, sénatrice de Paris et fondatrice du club de la table française a souhaité apporter une réponse, quant à la demande de la prise en charge de la perte d’exploitation par les assurances au motif de la catastrophe naturelle et sanitaire.

« La proposition d’une contribution des groupes d’assurances à l’effort national, via une déclaration de catastrophe naturelle sanitaire, a été l’occasion d’initiatives parlementaires. J’en ai suivi le déroulement, ainsi que les réponses des ministres sur les aspects techniques et juridiques. Il apparait que la proposition contenue dans la lettre ouverte ne peut pas être envisagée, notamment parce qu’aucun contrat autonome de couverture en cas de perte d’activité ou de chiffre d’affaires n’a été préalablement signé entre les parties. La déclaration de catastrophe naturelle a pour principale incidence de simplifier les déclarations de sinistres et d’accélérer leurs prises en charge par les assurances, uniquement pour les biens préalablement assurés ». Elle conclut par ; « Je vais rester vigilante sur les réponses qui seront apportées par l’Etat pour envisager d’autres mesures d’urgence et pour mettre en place des dispositifs pérennes et efficaces. Le gouvernement dispose désormais du pouvoir de légiférer par ordonnance, pour ce faire ».

A suivre…

 

Par Sandrine Kauffer-Binz