Delphine Wespiser, Miss France 2012 et Hubert Maetz, Président des Etoiles d'Alsace ©DanielZenner

L’Alsace à Marseille (1/3)

Eh cong ! Tu sais que l’Alsace est à Marseille ? Peuchère, sur la place du Général de Gaulle en plus ! Ils ont installé des tentes, comme un village. Sont venus avé les cigognes en peluche, les danses folkloriques, les bons plans pour visiter l’Alsace, les bretzels, les tartes flambées, le pain d’épices, la choucroute, les foies gras, le vin, la bière, les kougelhopfs et des chefs cuisiniers. Manque que les géraniums eh cong !

La nouvelle de l’arrivée en force des alsaciens à Marseille à filé comme une girelle ! Même qu’on était à la Une du Provençal, le lendemain de notre arrivée avec Miss France, alsacienne de souche, belle et vraiment sympathique.

Plusieurs fois par an, le CRT (Comité Régional du Tourisme) organise dans des grandes villes d’Europe des événements afin de promouvoir l’Alsace et ses nombreux attraits. Anvers, Linz, Berlin, Paris, Lyon, Rennes, Frankfort, Lille et d’autres…

Des institutions sont présentes (CRT, ADT 67 et 68, offices de tourismes, musées, châteaux, gîtes, etc.) Pendant les quatre à cinq jours que dure l’événement, des animations se succèdent : danses folkloriques (merci au groupe de Berstett) des concerts (Les Dessous de la Vie, les Garçons Trottoirs, Jazz Manouche), des spectacles (les Zanimos). Le tout à la sauce alsacienne…

Delphine Wespiser, Miss France 2012 et ambassadrice d’Alsace ©DanielZenner

Des artisans proposent le meilleur de nos spécialités. Des grands chefs viennent réaliser des démonstrations culinaires. Mon rôle dans le village ? Sélectionner des exposants de qualité, suivre la logistique, mettre en place et suivre les démonstrations culinaires.

A Marseille, certains participants étaient septiques quant au succès de l’opération. Mais peuchère ! Quelle réussite ! Le village n’a pas désempli. Même le dimanche, les Marseillais sont venus en nombre, on ne passait plus dans les allées, la tente de 100 mètres carrés des démonstrations culinaires était chaque fois comble. Jean Marie, au bout de deux jours à dû faire venir de Riquewihr un autre camion de knacks, viandes fumées, spätzelés, choucroute, tartes flambées… Magalie à tout vendu. Il ne restait sur son stand pâtissier le dimanche, que quelques macarons et Lintzentart ! Les foies gras ont été plébiscités, la bière fut bue à grandes gorgées, le vin d’Alsace coulait à flot. Mireille Oster n’avait plus de pains d’épices à vendre dès le samedi ! Quel engouement pour notre région ! Les marseillais nous ont aimé, des alsacophiles en puissance !

J’ai découvert les habitants de la cité Phocéenne : chaleureux, intéressés, curieux, sympathiques et ne s’embarrassant pas de conventions inutiles. Le bagou et la tchatche en plus, ce qui en fait un charme certain.

Bernard Leray, chef de la Nouvelle Auberge entouré de Delphine Weispiser et Daniel Zenner ©DanielZenner

Et Marseille touristique ? Je n’ai pas eu le temps, ni probablement l’envie. Le Vieux Port est en chantier. Je l’ai connu en 1980 quand j’étais marin à Toulon. J’aimais flâner au marché aux poissons. De petites espèces de roches, colorés et inconnus de mon palais garnissaient généreusement les étals. Comme dans les films de Pagnol, quelques impressionnantes matrones haranguaient le chaland. Elles criaient à tue tête en tenant une daurade par la queue. Aujourd’hui, le marché aux poissons vivote mais cela fera l’objet d’une chronique prochaine dans laquelle je vous parlerai de la bouillabaisse. Et là, Bonne Mère, vous allez êtres estomaqués !

Autour de la Cannebière ? Magasins de vêtements, chaussures, banque, vêtements, Orange, pharmacie, vêtements, chaussures, banque, vêtement, SFR, vêtements, chaussures, Döner, vêtements, Bouygues. A peu de choses près, le même charme des grandes villes, les cars de CRS en plus.

Première démo en ce mercredi 10 octobre 2012. Bernard Leray entre en scène. Oui, « La Nouvelle Auberge à Wihr au val » Une étoile Michelin. Bernard, breton d’origine, tient auberge avec Martine, alsacienne de souche. Les poissons n’ont plus de secrets pour lui. Il marie harmonieusement les mollusques et crustacés de l’océan aux trésors de notre terre d’Alsace. Bernard est un cuisinier consciencieux, mâture, réfléchi. Cela donne une cuisine aboutie, riche, maîtrisée. Je le regarde œuvrer. Il n’a nul besoin d’un commis. Ses gestes sont précis, ses mots mesurés. L’homme de l’art coupe, émince, évalue. Il pèse la matière comestible autant que ses gestes. Dans les coulisses, à l’aide de la pierre à faux qu’il a emporté avec lui, il aiguise la lame de mon vieux robot-coupe emporté pour l’occasion. Car le persil doit être haché sans force, sans s’échauffer. Le beurre prend forme dans le bol, doucement. Toujours les gestes mesurés, simplement professionnel.
soupe d’escargots de la Weiss, bouillon de bœuf et tartine d’escargots. ©DanielZenner
Il fustige au passage les émissions de télé-réalité qui mettent les participants en état de stress permanent. Lui, en son antre gourmande, il assure un service sans cris ni larmes. Il organise son travail et réfléchi sa carte en fonction de son équipe, de ses locaux, de son métier. Le terroir et la saison en plus, et l’intérêt qu’il porte pour les sacrés bons produits issus de notre terre d’Alsace. Les escargots viennent de la ferme Huss à Orbey. Ils sont la pierre de voûte de sa recette : soupe d’escargots, bouillon de bœuf et tartine d’escargots.
Pour suivre, Bernard nous cuisina un pavé de sandre, posé sur un lit moelleux de choucroute, nageant complaisamment dans une sauce au pinot noir, brillante, parfaitement liée, nappante, l’ensemble surmonté d’une tranche de lard paysan transparent. Merci à toi Bernard.
Par Daniel Zenner

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