Depuis le 1er juin 2026, l’Hôtel de Berri, au cœur du 8e arrondissement de Paris, accueille une nouvelle table sous le nom du Schiap by Stéphane Pitré. Le restaurant de l’hôtel était fermé depuis une longue période. Il a rouvert le 1er juin avec un concept entièrement nouveau, porté par Stéphane Pitré. Il s’agit donc bien d’une véritable renaissance du lieu.Pensé comme une brasserie chic, élégante et vivante, le restaurant s’inscrit dans l’esprit d’Elsa Schiaparelli, qui vécut près de quarante ans au 22 rue de Berri et y reçut le Tout-Paris des arts, des lettres et de la mode. Dans ce lieu chargé de références, la cuisine du chef breton trouve un terrain d’expression plus libre, tournée vers le produit, la gourmandise et le plaisir partagé.
Il signe la carte et sa cuisine se construit autour du vivant. Elle puise dans les terroirs français, auprès d’artisans, de pêcheurs, de maraîchers et d’éleveurs, avec une attention particulière portée aux filières d’Île-de-France. Ses racines bretonnes y demeurent présentes, dans ce dialogue entre la mer et la terre, mais la proposition du Schiap se veut plus directe, plus lisible, sans renoncer à la précision technique qui a marqué le parcours du chef.

Originaire de Bretagne, Stéphane Pitré s’est formé dans de grandes maisons françaises et londoniennes, du Ritz London au Lucas Carton d’Alain Senderens. Sa rencontre avec Jérôme Banctel a été déterminante dans sa vision de la cuisine. En 2011, il prend sa première place de chef à l’Hôtel Le Metropolitan, où il affine une identité culinaire mêlant racines bretonnes et influences asiatiques. En 2014, il ouvre son premier restaurant, LOUIS, salué par le Gault & Millau du titre de Jeune Talent de l’année et d’une note de 15/20. En 2019, il obtient sa première étoile au Guide MICHELIN, conservée jusqu’en 2024. Mais le 12 décembre 2025 « Après dix années d’une aventure humaine et professionnelle unique, la conjoncture économique difficile que traversent aujourd’hui de nombreuses PME en France m’a conduit, par lucidité plus que par choix, à céder cette maison » explique Stéphane Pitré annonçant la fermeture de Louis
Au Schiap, Stéphane Pitré signe une carte qui prolonge son univers tout en l’inscrivant dans un décor où la mode, l’art et la gastronomie se répondent. La figure d’Elsa Schiaparelli y affleure naturellement. Couturière surréaliste, libre, audacieuse, elle aimait associer création et plaisir, élégance et insolence. Le restaurant reprend cet esprit « frizzante », cette manière de faire dialoguer le goût, la couleur et l’imaginaire.
Deux créations signatures rendent directement hommage à la couturière. La Robe au Homard, raviole ouverte de homard accompagnée d’un jus des têtes infusé au gingembre, répond à la fameuse robe imaginée en 1937 par Elsa Schiaparelli avec Salvador Dalí. Le Sac Schiaparelli, Fraise Couture, joue quant à lui le trompe-l’œil en dessert, inspiré de l’un des accessoires iconiques de la maison. Deux clins d’œil assumés, où la gourmandise rejoint l’esthétique surréaliste chère à la créatrice.

Le décor participe pleinement au récit. Aux murs, l’artiste et illustrateur Hippolyte Romain a imaginé une fresque-fiction où Woody Allen tournerait à Paris un film consacré à Elsa Schiaparelli. Dans ce théâtre imaginaire, les époques se croisent joyeusement. Salvador Dalí, Jean Cocteau, Christian Bérard, Foujita, Gertrude Stein, Diana Vreeland ou Coco Chanel apparaissent dans le champ, rejoints par Hubert de Givenchy, Karl Lagerfeld ou Jean-Paul Gaultier, héritiers ou complices de cet esprit couture traversé par le surréalisme.
Ce jeu de références correspond à l’identité même de l’Hôtel de Berri. Situé au 22 rue de Berri, l’établissement occupe l’emplacement de l’ancien hôtel particulier d’Elsa Schiaparelli. Derrière une façade signée Maurice Novarina, Grand Prix de Rome, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, l’hôtel déploie une esthétique nourrie des arts décoratifs français du XXe siècle. Décoré par Philippe Renaud, membre de The Luxury Collection du groupe Marriott International et opéré par Dokhan Luxury Hotels, il cultive une atmosphère parisienne, érudite et colorée.
Le Schiap by Stéphane Pitré s’inscrit ainsi comme le prolongement naturel du lieu. Une table pensée pour vivre dans son époque, sans oublier l’histoire qui l’abrite. Une adresse où l’élégance ne se contemple pas seulement : elle se déguste.
Le Schiap revendique une élégance sans raideur, une adresse capable d’accueillir un déjeuner d’affaires comme un dîner plus apaisé. Du lundi au vendredi, le restaurant propose notamment un menu business à 42 €, composé de trois plats renouvelés chaque jour. Une manière d’inscrire la table dans le rythme parisien, entre exigence et accessibilité, dans un hôtel qui cultive lui-même une certaine idée de la fantaisie française.



