Jean Sulpice alerte sur les préjudices causés par les coupures électriques

Depuis le début du mois de juillet, la baie de Talloires est confrontée à une succession de pannes électriques. En pleine saison touristique, ces coupures paralysent l’activité économique des quatre hôtels-restaurants du site, parmi lesquels l’Auberge du Père Bise, dirigée par Jean et Magali Sulpice. La baie de Talloires accueille quatre hôtels-restaurants, dont l’Auberge du Père Bise, établissement deux étoiles au Guide Michelin, hôtel cinq étoiles et membre de Relais & Châteaux depuis plus de cinquante ans. Depuis le début du mois de juillet, l’ensemble du site est confronté à des coupures électriques répétées qui perturbent fortement son activité.

Deux coupures générales en moins de dix jours

Dans un contexte de fortes chaleurs et face à des infrastructures électriques vieillissantes, deux coupures générales ont frappé la baie de Talloires en moins de dix jours. La première, survenue le 9 juillet, a privé tout le secteur d’électricité de 20 heures à 2 heures du matin. La seconde, le samedi 18 juillet, a interrompu l’alimentation électrique de 9 h 30 à 16 heures. Ces deux incidents ont entraîné des fermetures anticipées et l’arrêt de travail forcé de nombreux salariés, dont les 140 employés de l’Auberge du Père Bise. Malgré la mobilisation rapide des techniciens d’Enedis, la seconde panne n’a pas pu être réparée dans l’immédiat, contraignant l’entreprise à déployer un groupe électrogène de secours dans l’attente de réparations définitives. Cette situation renforce l’inquiétude des professionnels de l’hôtellerie et de la restauration face au risque de nouvelles interruptions en pleine saison touristique.

Un préjudice majeur pour l’activité économique locale

Ces coupures répétées engendrent un préjudice considérable pour les professionnels du secteur : annulation de services, perte sèche de chiffre d’affaires, mise à l’arrêt temporaire des équipes et dégradation de l’expérience client. Les équipes d’intervention d’Enedis ont fait preuve d’une grande réactivité lors de chaque événement. Toutefois, la répétition de ces incidents souligne la nécessité de renforcer durablement les infrastructures électriques de la baie de Talloires. Le vieillissement de certains équipements, conjugué à l’évolution des contraintes climatiques et à une forte sollicitation du réseau, nécessite aujourd’hui des investissements pérennes afin de garantir une alimentation électrique fiable et adaptée aux enjeux du territoire.

Jean Sulpice ©Franck Juery

Jean Sulpice appelle à une solution durable

« Cette situation nous inquiète profondément, car nous avons aujourd’hui le sentiment qu’elle peut se reproduire à tout moment. En pleine haute saison, chaque journée compte : chaque service est le fruit de mois de préparation, de réservations anticipées parfois un an à l’avance par des clients venus du monde entier. Une coupure électrique brutale met immédiatement à l’arrêt toute une organisation, avec des conséquences importantes pour nos équipes, nos clients et l’image de notre établissement. Nous savons que les équipes techniques d’Enedis sont mobilisées et nous les remercions pour leur engagement à chaque intervention. Mais au-delà des réparations d’urgence, nous avons besoin de construire une solution durable pour sécuriser l’alimentation électrique de la Baie de Talloires. Nous faisons vivre ce territoire, nous employons des centaines de personnes et nous avons à cœur de continuer à y développer une activité d’excellence. Nous croisons les doigts pour que cette situation ne se reproduise pas, et nous comptons sur une mobilisation commune de l’ensemble des acteurs concernés afin de trouver, ensemble, une solution pérenne qui garantisse l’avenir de nos activités et la sérénité de tous ceux qui font vivre la Baie de Talloires »

Indemnisation et prévention

Au-delà des réparations techniques, une question demeure : qui assumera le coût réel de ces coupures ?

La garantie pertes d’exploitation ne couvre pas systématiquement une interruption d’activité lorsqu’aucun dommage matériel n’a été constaté. Sauf extension spécifique du contrat d’assurance ou reconnaissance de responsabilité par le gestionnaire du réseau, une part importante du préjudice pourrait donc rester à la charge des établissements.

Pour l’Auberge du Père Bise, qui réunit un hôtel cinq étoiles, deux restaurants, un spa et 140 salariés, deux interruptions de plus de six heures en pleine saison peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires perdu, de charges maintenues et de frais supplémentaires. Le dédommagement forfaitaire prévu pour les coupures longues paraît sans commune mesure avec les conséquences économiques réellement subies.

Une autre interrogation reste entière. Après la question de l’indemnisation se pose donc celle de la prévention : qui peut aujourd’hui garantir aux professionnels de la baie de Talloires que la prochaine panne ne surviendra pas lors du prochain service ?

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