Toquicimes 2026 Emmanuel Renaut rend hommage à Guillaume Gomez ©Sandrine Kauffer-Binz

Toquicimes 2026: Emmanuel Renaut rend hommage à Guillaume Gomez

Présent depuis la première édition de Toquicimes, à l’invitation d’Emmanuel Renaut, Guillaume Gomez, Meilleur Ouvrier de France, ancien chef des cuisines de l’Élysée, ancien ambassadeur de la gastronomie française et parrain du festival en 2020, mesure le chemin parcouru. À l’occasion de cette neuvième édition, une plaque à son nom a été dévoilée devant le Flocons Village, sur un espace désormais symboliquement dédié à la gastronomie. Un hommage célébré en présence de Jean-Noël Picot, maire de Megève, et de plusieurs grandes figures de la profession, dont Michel Rostang, Mathieu Viannay, Édouard Loubet et Christophe Marguin.

Guillaume Gomez souligne la fidélité des personnalités historiques du festival, à l’image de Mercotte, l’implication des chefs de la région, l’ouverture progressive à l’ensemble de l’arc alpin et à l’international, ainsi que la montée en puissance des concours de la Meilleure Fondue des Alpes et du Pâté-Croûte de Montagne. Sans oublier le dîner de soutien à la Team France Bocuse d’Or, devenu un temps fort de la manifestation. Pour lui, Toquicimes s’est imposé comme un rendez-vous incontournable, porteur d’une identité forte, profondément liée à son territoire. Il espère que cette dynamique se poursuivra pour la dixième édition, en 2027.

À l’origine de cette initiative, Emmanuel Renaut, chef triplement étoilé du Flocons de Sel et cofondateur de Toquicimes, a tenu à saluer la fidélité de son ami, présent chaque année au festival malgré un agenda particulièrement chargé. « C’est surtout un amoureux de notre belle profession », a-t-il souligné, évoquant son engagement national et international, son attachement aux chefs et ses précieux conseils.

Cette cérémonie revêtait également une dimension symbolique pour Emmanuel Renaut, qui fêtera en décembre prochain ses trente années d’installation à Megève. Se décrivant comme un Parisien de naissance devenu profondément attaché à son village d’adoption, il a exprimé sa gratitude envers cette commune qui l’a accueilli et où il a construit son parcours. Jean-Noël Picot a salué, à son tour, les deux personnalités pour leur contribution à la renommée gastronomique de la destination.

la cérémonie

Guillaume Gomez a accueilli cette distinction avec reconnaissance. Il a rappelé l’importance de la gastronomie dans l’attractivité touristique, l’économie et l’identité culturelle françaises. Saluant l’ouverture aux cuisines transalpines et la présence de chefs suisses et italiens, il s’est réjoui du rayonnement grandissant de cet événement consacré à la gastronomie de montagne.

Cette première plaque marque le début d’une nouvelle tradition imaginée par Emmanuel Renaut : faire de cet espace situé devant le Flocons Village, où se trouvait historiquement son premier restaurant, une véritable Place de la Gastronomie. Chaque année, une nouvelle plaque pourrait y être apposée en hommage à un chef, probablement le parrain de Toquicimes. Guillaume Gomez a tenu à préciser que cette initiative dépassait sa propre personne : « C’est surtout un bel hommage qu’il fait à la gastronomie française. » Une manière d’inscrire durablement dans le paysage de Megève les personnalités qui accompagnent le festival et contribuent au rayonnement de la profession. Cette appellation de Place de la Gastronomie traduit pour l’heure la vocation symbolique donnée à cet espace.

 

« La santé dans la gastronomie n’est plus une option »

Interrogé sur la thématique 2026, consacrée aux liens entre cuisine alpine et santé, Guillaume Gomez défend une gastronomie capable de conjuguer gourmandise et équilibre. « On ne va pas enlever le gras, le sel, le sucre », rappelle-t-il, convaincu que le plaisir conserve toute sa place dans une alimentation raisonnée. Il évoque néanmoins les conséquences sanitaires et économiques des mauvaises habitudes alimentaires, citant notamment un taux de 18 % d’obésité chez les moins de 21 ans et un coût de 125 milliards d’euros lié aux problématiques de santé associées à l’alimentation, selon les chiffres qu’il attribue à l’Institut Montaigne. La cuisine savoyarde, souvent réduite aux fondues et aux raclettes, mérite selon lui d’être regardée autrement : elle valorise aussi les plantes, les végétaux, les protéines et les produits de montagne.

Pour Guillaume Gomez, le dialogue entre chefs, médecins et scientifiques devient indispensable afin de construire l’alimentation de demain. Les restaurateurs doivent désormais répondre à des attentes multiples : allergies, régimes particuliers, place croissante du végétal, réduction du sucre ou portions plus adaptées. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle alimentaire, mais de réfléchir collectivement à une cuisine qui réponde aux nouvelles préoccupations des consommateurs. « Aujourd’hui, ce n’est plus une option, la santé dans la gastronomie », insiste-t-il, rappelant que la cuisine doit évoluer avec les attentes de la société, sans jamais renoncer au plaisir.

par Sandrine Kauffer-Binz

crédit photos et vidéos ©Sandrine Kauffer-Binz