Dans notre revue de presse, cette semaine changement de responsable de salle à la brasserie du Bristol à Colmar (68).
Nathalie Freyburger, chef de rang depuis 15 ans au restaurant gastronomique le Rendez-vous de chasse, remplace Bernard Sauge, qui prend sa retraite.
Les habitués de l’Auberge, place de la Gare, le connaissent par son prénom. » L’autre soir, un client que je connais depuis 30 ans m’a demandé mon nom de famille » remarque Bernard Sauge, en charge du service en salle à l’Auberge depuis 1978. C’est le hasard qui l’a fait entrer dans cette profession. Car Bernard Sauge, né à Besançon en 1953, arrivé à Colmar en 1960, se destinait à une carrière de pâtissier. » J’ai été formé chez Jean Deutschmann » rappelle-t-il. A la vingtaine, un emploi saisonnier sur la Côte d’Azur l’ouvre au métier de serveur. » J’ai découvert une vie riche en contacts et également une fiche de paye bien plus intéressante. A l’époque, un serveur pouvait doubler voire tripler son salaire avec les pourboires. »
Après quelques années dans la pâtisserie, à 25 ans, il choisit définitivement la restauration. Un bref passage au Novotel, puis il postule à l’Auberge, en 1978, à un poste de chef de rang. « J’ai appris mon métier sur le tas » reconnaît-il modestement.

» L’essentiel de mon travail réside dans l’accueil. J’appelle les clients par leurs noms, je connais leurs goûts. » Dans le restaurant aux 100 couverts (plus 50 en terrasse) il voit défiler tout le gratin colmarien du monde économique, politique, mais aussi les touristes, clients de l’hôtel. A une époque, il a même servi quelques chanteurs qui se produisaient à la Foire aux vins. » Tout cela m’a apporté une grande ouverture. Si j’avais choisi la pâtisserie, je n’aurais pas connu tout ce monde. » Il reconnaît que le métier est difficile, notamment en charge horaire. » On est toujours en décalage avec les autres.
» Mais à l’Auberge, il se sentait bien. » C’était comme un cocon. Et puis ici le système de rémunération, au pourcentage, nous permet de gagner notre vie correctement. »
Ce qui a changé en 30 ans ?
» Quand j’ai commencé l’Auberge s’apparentait plus à une winstub. A l’époque, les gens buvaient beaucoup plus, ils se retrouvaient autour d’un verre et la cuisine était plus sommaire : un hareng mariné faisait l’affaire. Aujourd’hui, la cuisine est plus sophistiquée, c’est devenu une brasserie. » Hier, Bernard a fait ses deux derniers services à l’Auberge. A partir d’aujourd’hui, il dit » qu’il va renaître, apprendre à vivre sans le travail. » A l’Auberge, il sera remplacé en promotion interne par Nathalie Freyburger, chef de rang depuis 15 ans au Rendez-vous de chasse. »
Un article signé V.F. et publié dans les Dna du 26 juin 2010


