GLENN VIEL et Alexy

Alexy Algar-Denos, finaliste de Top Chef 2026 ouvre son restaurant Cramat’

Il n’a pas remporté la finale, mais il aura traversé cette saison de Top Chef avec une énergie, une spontanéité et une constance qui l’ont imposé comme l’un des candidats les plus marquants de l’édition 2026. Face à Viviana Pisacane, sacrée gagnante de cette dix-septième saison, Alexy Algar-Denos termine à la deuxième place, après un parcours dense, jalonné de victoires, de prises de risque et d’une vraie fidélité à son identité culinaire.

Originaire de Perpignan, profondément attaché à la Catalogne française, Alexy Algar-Denos s’est construit dans une quête d’apprentissage auprès de grandes maisons et de chefs étoilés. Son parcours l’a mené auprès de Gilles Goujon, Frédéric Bacquié, Serge Labrosse, Christophe Comes ou encore Anne-Sophie Pic, avant de poursuivre son chemin à l’international, notamment en Suisse, en Nouvelle-Zélande, en Australie et à Hong Kong. De retour dans le Sud, il officiait jusqu’à récemment comme sous-chef à L’Almandin, la table étoilée de L’Île de la Lagune, à Saint-Cyprien, auprès du chef Frédéric Bacquié.

Frédéric Bacquié et Alexy Algar-Denos

Quelques jours avant la finale, une page s’est tournée.a quitté la maison de Frédéric Bacquié pour ouvrir son propre chapitre culinaire. Son ancien chef a témoigné:

« Une page se tourne à L’Almandin… et quelle fierté pour notre maison ! Après une belle année à nos côtés, le Sous-Chef Alexy Algar-Denos s’apprête à vivre de nouvelles aventures. Au-delà du cuisinier talentueux, nous souhaitons remercier Alexy pour son professionnalisme, son sourire au quotidien, son énergie positive et son implication sans faille au sein de notre maison. Son incroyable parcours dans Top Chef 2026 est une grande fierté, pour nous tous. Nous sommes heureux d’avoir pu l’accompagner dans ses projets et ce bout de chemin partagé. Toute l’équipe de L’Île de la Lagune lui souhaite le meilleur pour la suite. À très bientôt en terre catalane… ou ailleurs » Frédéric Bacquié

Alexy ouvre Cramat’

Ce projet s’appelle Cramat’, un restaurant éphémère installé à Saint-Cloud, à Quai Ouest, aux portes de Paris. En catalan, “cramat” signifie “brûlé”. Un nom qui raconte à la fois ses racines, son goût pour la braise, le feu, les produits du Sud et cette cuisine directe, solaire, gourmande, qu’il souhaite aujourd’hui défendre en son nom.

Sa cuisine est gourmande, sincère, sans filtre, portée par des recettes héritées et des clins d’œil plus contemporains. On retrouve ainsi une bullinada de merlu ou des boles de picolat, directement inspirées de sa grand-mère, qui côtoient des créations plus libres, à l’image d’une sucrine confite façon Caesar revisitée ou d’un chou-fleur laqué aux épices, co-signé avec Sacha Boyadjian, autre visage remarqué cette année sur la scène gastronomique télévisée.

Les braises dictent le ton. Sardines, aubergines grillées, encornets, pièces de viande et légumes de saison composent une carte vivante, évolutive, qui se raconte au fil de l’été. Une expérience à découvrir à la carte ou à travers le menu d’Alexy, en trois temps – entrée, plat, dessert – à 39 €.

Côté desserts, la gourmandise prend le dessus avec des inspirations catalanes assumées. Le turrón se réinvente en version ultra-régressive, avec glace cacahuète, chouchou et caramel. La crème catalane se twiste avec un praliné de graines de courge, tandis qu’une panna cotta abricot-verveine et crumble amande apporte une touche plus fraîche et estivale.

Un lieu de vie, du midi à la nuit

Cramat’, c’est aussi un rythme. Des déjeuners ensoleillés, des dîners qui s’attardent, des verres qui s’enchaînent. Le week-end, tout s’accélère avec des DJ sets les vendredis et samedis, dans une atmosphère festive et décontractée. Le dimanche, place aux familles, avec des animations kids pour garder un air de vacances.

Toujours cette impression d’être ailleurs, comme en bord de mer, sans quitter les bords de Seine.

Au lendemain du verdict, encore traversé par l’émotion de la finale, Alexy Algar-Denos revient sur son parcours, sa déception, sa relation avec Glenn Viel, son départ de L’Almandin et l’ouverture de Cramat’.

Entretien avec Alexy Algar-Denos 

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Vous venez de découvrir le verdict. Vous terminez deuxième de Top Chef 2026. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Forcément, il y a de la déception. Ce qui m’a le plus touché, c’est d’avoir fait monter mes proches de Perpignan pour assister à ce moment. Voir cette lame orange, à ce moment-là, c’est difficile. Mais je retiens aussi tout le chemin parcouru. J’ai pris du plaisir, j’ai appris, j’ai avancé. Aujourd’hui, je me dis surtout que le meilleur reste à venir.

Votre famille était présente. Était-ce malgré tout un soutien ?

Oui, bien sûr. Mais sur le moment, je ne l’ai pas vécu comme cela. Je pensais surtout à eux, au déplacement, à l’attente, à l’émotion. C’est ma manière de vivre les choses.

Que retenez-vous de votre aventure dans Top Chef ?

Je retiens une aventure très enrichissante. J’ai eu la chance d’aller loin, d’enchaîner des victoires, de me confronter à des épreuves fortes et de prendre du plaisir. Pour moi, c’était essentiel. Mon premier beau souvenir, c’est déjà de ne pas être sorti au premier épisode. Ensuite, il y a eu cette satisfaction d’être choisi par deux chefs au moment des brigades. Personnellement, cela m’a beaucoup marqué.

Alexy Glenn VIEL Hélène DARROZE Viviana

On vous a senti très complice avec Glenn Viel. Qu’est-ce que ce duo vous a apporté ?

Cela m’a rassuré dans mon choix. J’avais choisi le chef Glenn Viel, et on s’est compris assez vite, en très peu de temps. On a beaucoup rigolé aussi. Je pense que nos caractères se sont bien rejoints. C’est aussi pour cela que je suis allé avec lui. Je voulais vivre cette aventure avec quelqu’un avec qui je pouvais travailler sérieusement, mais aussi garder cette part de plaisir.

Quels conseils de Glenn Viel garderez-vous pour la suite ?

Il m’a donné des conseils assez mentaux, des conseils pour réfléchir à la suite, pour se recentrer. Pendant le tournage, il me rappelait de chercher les textures, les goûts, d’aller à l’essentiel dans les plats. Après, les chefs, on les voyait surtout à la fin des épreuves, donc il n’y avait pas toujours énormément de temps pour échanger. Mais ce qu’il m’a dit sur la concentration, sur la manière de penser la suite, je vais le garder.

Y a-t-il une épreuve dont vous vous souviendrez particulièrement ?

Je n’ai pas toujours été très confiant pendant les épreuves, mais il y en a une où je l’ai vraiment été : l’épreuve du trompe-palais. Celle-là, je m’en souviendrai. C’était un moment où je sentais que j’étais à ma place.

Et votre pire cauchemar en cuisine ?

La laitance de dorade. Vraiment.

La finale a-t-elle été l’un des moments les plus difficiles de l’aventure ?

Oui, il y avait beaucoup de pression. La tension était forte, l’ambiance n’était pas toujours simple entre les candidats. Ce n’est pas évident à vivre. Mais cela fait partie de l’expérience.

Vous avez quitté L’Almandin, à Saint-Cyprien, où vous travailliez auprès du chef Frédéric Bacquié. A-t-il été difficile de lui annoncer votre départ ?

Oui, cela a été très difficile. Très compliqué. J’ai énormément de respect pour lui, donc je ne voulais surtout pas créer de déception. C’était un moment délicat, parce que cette maison et ce chef comptent beaucoup pour moi. Mais il a compris. Il est sans doute passé par là lui aussi.

Votre nouveau projet s’appelle Cramat’. Que voulez-vous y raconter ?

Cramat’, c’est un restaurant éphémère à Saint-Cloud. On y propose une cuisine catalane, avec des marqueurs de braise et de feu. Le nom signifie “brûlé” en catalan. Il parle de mes racines, mais aussi de la cuisine que j’ai envie de faire aujourd’hui. Il y a la braise, le feu, les produits de saison, l’esprit du Sud. Et puis il y a aussi la crème catalane, ce caramel brûlé sur le dessus, qui raconte aussi quelque chose de mon identité.

Comment ce projet est-il né ?

C’est d’abord une opportunité, une rencontre. Quand j’ai visité le lieu, cela m’a donné envie d’imaginer quelque chose qui lui ressemble. Ensuite, j’ai affiné les détails autour de ce projet. J’avais envie que ce soit cohérent avec le lieu, avec la saison, avec mon histoire et avec cette cuisine catalane que je porte.

Cramat’ est donc une première manière de voler de vos propres ailes ?

Oui, complètement. C’est un projet éphémère, mais c’est une étape importante. Aujourd’hui, Top Chef est derrière moi. Je regarde devant. Il y a des projets qui vont venir, forcément. Je veux prendre du plaisir, kiffer cet été et continuer à cuisiner.

Quelles rencontres garderez-vous de cette saison ?

J’ai retrouvé Sacha, que j’avais un peu perdu de vue. C’est un ami avec qui j’avais travaillé il y a cinq ou six ans. J’ai aussi rencontré Nicolas, qui est devenu un super pote. Je pense aussi à Victor, à Théo, qui sont de très bons amis. Et puis il y a Viviana, évidemment, qui est là, qui me regarde, qui m’écoute. Ce sont des rencontres fortes.

Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui ?

D’être heureux dans ma vie. C’est déjà pas mal. Et puis de vivre plein de belles choses en cuisine, de continuer à me régaler.

Propos recueillis par Sandrine Kauffer-Binz

Louise Alexy Sacha Alexia

Glenn VIEL Alexia Alexy
Sacha Alexy

Images ©Cramat’