Serge Dubs, Meilleur sommelier du Monde 1989 qui officie à l’auberge de l’Ill à Illhaeusern s’est vu remettre le 1er prix Gérard Basset, un prix créé par l’Association de la Sommellerie Internationale (ASI) en hommage au Meilleur Sommelier du Monde 2010, décédé en 2019 à 61 ans. Les deux hommes se connaissaient bien.

Ce nouveau prix « ASI Gérard Basset Basset Lifetime Achievement Award » couronne l’ensemble de la carrière d’un sommelier et c’est Serge Dubs qui entre dans l’histoire comme premier détenteur du titre.

« Un prix exceptionnel qui récompense une carrière qui l’est tout autant », souligne Marc Haeberlin.
« Je suis très ému par cette reconnaissance qui me donne une sensation de plénitude, de joie et d’affection », confie Serge Dubs avec humilité. « En apprenant la nouvelle, j’ai été submergé par des émotions de bonheur, c’est un honneur », rajoute Serge Dubs. « Mon subconscient m’envoie des messages d’amour, de reconnaissance et de gratitude, comme un accomplissement. Je n’ai jamais rien ressenti de tel dans toute ma carrière. Quand je gagne un concours, je me libère, mais cette fois, je n’avais rien demandé, rien recherché.

J’ai reçu un cadeau de la vie; il faut le gérer, le partager et le restituer. J’ai une responsabilité par rapport à Gérard Basset, d’honorer sa mémoire, l’homme qu’il était. Je salue son chemin de vie. Il faudra que j’en sois digne.

Serge Dubs récompensé du 1er prix Gérard Basset pour l’ensemble de sa carrière ©Sandrine Kauffer-Binz

Serge Dubs récompensé du 1er prix Gérard Basset pour l’ensemble de sa carrière ©Sandrine Kauffer-Binz

« J’y ai vu un signe également », poursuit Serge Dubs, « car c’est le 7 mars 2021, le jour de l’anniversaire de mon fils Nicolas, mais aussi de celui de Romané, le fils de Gérard, que j’ai appris la nouvelle  »

« Gérard nous manque aujourd’hui. Je me souviens quand il était arrivé en stage à l‘Auberge de l’Ill il m’avait marqué. Il m’avait posé les bonnes questions, non pas sur les cépages et le vin, des connaissances purement théoriques, mais sur la psychologie le relationnel avec le client et le conseil. Il était passionné, teigneux dans les concours, persistant. C’était un phénomène, il s’est présenté 3 fois au titre de Meilleur Sommelier du Monde. Gérard a beaucoup souffert en concours, mais il avait toujours cette volonté de s’améliorer. Une opiniâtreté qui a fini par payer. Et lorsqu’il terminait second il gardait toujours son côté amical et affectueux envers les autres. Nous étions amis et rivaux sur les concours tout comme au football. Il était avant-gardiste, il a beaucoup oeuvré pour la profession, c’est un exemple pour les jeunes. Gérard nous manque aujourd’hui ! », admet Serge Dubs.

Paul, Jean-Pierre et Marc Haeberlin avec Serge Dubs

Paul, Jean-Pierre et Marc Haeberlin avec Serge Dubs

Ils étaient 5 finalistes pour ce trophée dont un autre alsacien Paul Brunet, France
Louis Havaux, Belgique, David Lawler, Australie et Véronique Rivest, Canada

 » Je suis heureux de recevoir ce prix mais j’en suis gêné également car parmi les 5 nominés, deux ont contribué à ma formation ; Louis Havaux et Paul Brunet, je voudrais leur rendre hommage également.  »

Le premier Prix décerné par l’ASI

Serge Dubs récompensé du 1er prix Gérard Basset pour l’ensemble de sa carrière ©Sandrine Kauffer-Binz

Serge Dubs récompensé du 1er prix Gérard Basset pour l’ensemble de sa carrière ©Sandrine Kauffer-Binz

Selon l’ambassadrice de l’ASI, Michéle Chantôme, « c’est le premier Prix décerné par l’ASI. Il était important pour nous de rendre hommage à Gérard Basset qui a tant fait pour la profession et pour notre association. Gérard était une légende de son vivant, admiré et aimé de tous. Son épouse Nina et son fils Romané, gardiens de son héritage, ont immédiatement adhéré à ce projet en mémoire de Gérard. Il est important pour l’ASI, qui est une association d’associations, de mettre en avant les personnalités qui donnent une image positive de la profession de sommelier, tout comme Gérard l’a fait, toute sa vie ».

Le jury final qui a sélectionné les candidats nominés dans le monde entier réunissait William Wouters (Président, ASI), Michéle Chantôme (Ambassadeur, Vice-présidente Afrique & Moyen-Orient, ASI), Marcos Flores (vice-président Amériques, ASI), Piotr Kamecki (vice-président Europe, ASI), Saiko Tamura-Soga (vice-présidente Asie & Océanie, ASI), Marc Almert (Meilleur Sommelier du Monde 2019, ASI) et Nina Basset (épouse de Gérard Basset).
Parmi les candidats de la sélection finale, Nina Basset affirme que « chacun d’entre eux mérite amplement d’être récompensé et Gérard serait en plein accord et ravi de ce choix ».

La remise du trophée est prévu pour cet été à l’occasion de la prochaine AG de l’ASI

Les portraits des 5 premiers finalistes, par ordre alphabétique, signés Nina Basset.

Paul Brunet était un grand ami de Gérard. Dans le monde de la sommellerie, il est respecté, aimé et loué pour sa générosité d’esprit, sa passion et ses conseils aux jeunes sommeliers.

Serge Dubs est un grand ami de Romané et de moi-même et il était également très cher à Gérard non seulement en tant qu’ami, mais aussi en tant que concurrent. Ils avaient un respect mutuel et une passion pour tout ce qui est compétition. Quand on pense à un grand sommelier et à un grand ambassadeur de la sommellerie, Serge est en haut de l’affiche.

Louis Havaux est un mentor très respecté et un sponsor et bienfaiteur enthousiaste et très généreux de la sommellerie et de l’ASI depuis de nombreuses années et sa contribution à la sommellerie se doit d’être appréciée de nous tous.

David Lawler est quelqu’un de spécial. Il a travaillé si dur pour que la sommellerie en Australie et ailleurs soit reconnue et respectée dans le monde entier. Il mérite d’avoir son nom sur la liste des réalisations de toute une vie

Véronique Rivest est aimée de tous, elle est la « Grande Dame de la Sommellerie ». Elle a une vivacité, un rire contagieux et un sourire de vainqueur. Elle est aussi un mentor passionné et enthousiaste pour beaucoup. Elle est la championne des femmes dans le domaine du vin et est une source d’inspiration pour de nombreuses jeunes sommelières qui rejoignent la profession aujourd’hui.

Par Sandrine Kauffer-Binz