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Le Collectif « Restoensemble » émerge d’une situation d’urgence, d’une guerre sanitaire sans précédent en France qui impose la nécessité de se fédérer, de mener un « combat », solidaire, collectif et avec pour objectif de s’entraider, du crêpier à l’étoilé, du pizzaiolo au bistrotier.

Dès l’annonce de la fermeture, des hôteliers-restaurateurs amis depuis 30 ans, ont lancé un site internet et une page Facebook, qui fédère en quelques jours à peine, 5 500 abonnés.

Marie Trochain et Stephanie Leclerre

Dès le 16 mars 2020, un site internet est mis en ligne répondant à toutes les questions des professionnels du secteur du CHR en difficulté. Des documents et communiqués de presse sont publiés et des outils sont mis à disposition gratuitement. Un groupe WhatsApp de plus de 500 contacts de chefs d’entreprises échangent sur des difficultés rencontrés mais aussi des solutions à envisager. « Nous les aiguillons, les conseillons, partageons les bonnes infos et des pistes de solutions », explique Laurent Trochain, l’un des modérateurs.

Lettre envoyée par #Restoensemble à Bruno Lemaire 

 

Le 26 mars 2020, le collectif adresse une lettre à Bruno Lemaire, Ministre de l’Économie et des Finances, dans laquelle il appelle à l’aide et à la prise en considération de spécificités et difficultés.

Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics, il interpelle le gouvernement pour la survie de leurs établissements sur « la perte de rémunération de nos salariés demandant l’intégration des heures supplémentaires résultant des accords conventionnels, soit 39h et non 35h. Le collectif relève « les avances de trésorerie impossibles à réaliser entre le versement de l’indemnisation à nos salariés et le remboursement par l’Etat à l’employeur. Le collectif demande « un financement sans frais par les banques mais aussi qu’un taux unique soit appliqué pour le PGE ». Enfin, « Restoensemble » insiste pour la « prise en charge des pertes d’exploitation par les contrats d’assurance, en demandant la reconnaissance de l’état de « catastrophe naturelle sanitaire » pour mettre en oeuvre les garanties stipulées par les contrats d’assurance. »

« En effet, le gouvernement a mis en place des aides de report mais sans perte d’exploitation. Sans chiffre d’affaire nous ne pourrons faire face aux remboursements des prêts et des reports », mentionne Laurent Trochain.

« Nous avons aussi soutenu et signé la pétition mise en ligne par Stéphane Jego.  Pour illustrer sa pétition, nous avons demandé aux membres de notre collectif de se mettre en situation de #chefsenperil en s’adressant aux compagnie d’assurance « Assurez ou on va tous y rester »

« De nombreux membres du groupe ont déjà fait parvenir la même lettre à leurs députés et élus régionaux« , précise Laurent Trochain. Le réseau se mobile et se déploie dans toute la France.

Telécharger la lettre et l’envoyer à vos députés

Resto Ensemble Lettre à Bruno Le Maire

 

« Nous avons la chance en France d’être bien accompagnés par des mesures gouvernementales, mais cela ne suffira pas, les assureurs doivent répondre présents dès aujourd’hui »

Régis et Jacques Marcon

« Assurez ou on va tous y rester »

Catherine Dumas, sénatrice de Paris et fondatrice du club de la table française a souhaité apporter une réponse, quant à la demande de la prise en charge de la perte d’exploitation par les assurances au motif de la catastrophe naturelle et sanitaire.

« La proposition d’une contribution des groupes d’assurances à l’effort national, via une déclaration de catastrophe naturelle sanitaire, a été l’occasion d’initiatives parlementaires. J’en ai suivi le déroulement, ainsi que les réponses des ministres sur les aspects techniques et juridiques. Il apparait que la proposition contenue dans la lettre ouverte ne peut pas être envisagée, notamment parce qu’aucun contrat autonome de couverture en cas de perte d’activité ou de chiffre d’affaires n’a été préalablement signé entre les parties. La déclaration de catastrophe naturelle a pour principale incidence de simplifier les déclarations de sinistres et d’accélérer leurs prises en charge par les assurances, uniquement pour les biens préalablement assurés ». Elle conclut par ; « Je vais rester vigilante sur les réponses qui seront apportées par l’Etat pour envisager d’autres mesures d’urgence et pour mettre en place des dispositifs pérennes et efficaces. Le gouvernement dispose désormais du pouvoir de légiférer par ordonnance, pour ce faire ».

Marie-Aude et Serge Vieira

Il faut préparer dès aujourd’hui la reprise

En attendant, le collectif est très actif. « Il est important pour nous de nous organiser et de passer les bonnes infos aux plus grands nombres », explique Laurent Trochain. « Nous sommes une dizaine (Julie et Laurent Trochain, Stéphanie et Johan Leclerre Solange et Nicolas Adam, Caroline Savoy, Sébastien Richard, et d’autres qui rejoignent chaque jour le noyau dur) à répondre aux questions, modérer les commentaires sur le groupe WhatsApp et facebook, alimenter le site internet avec documents mis à disposition gratuitement. Nous avons tous des combats à mener, chacun dans notre région, mais unis nous ne sommes pas seuls face à l’adversité. Nous mettrons tout en œuvre pour sauver ce secteur d’activité, nos entreprises, donc nos employés, et soutenir nos partenaires artisans, producteurs et fournisseurs », souligne Laurent Trochain. « Il faut se projeter et préparer dès aujourd’hui la reprise. Aurons-nous la trésorerie disponible ? Les clients nous feront-ils confiance ? Vont-ils revenir dans nos établissements dès la fin du confinement ? « .

Tant de réponses encore en suspens…

Chefs en péril et salariés en péril

La mobilisation se généralise avec les salariés. « Nous demandons au gouvernement que le dispositif d’activité partielle indemnise à 100 % tous les salariés de nos entreprises. « quoi qu’il en coûte », avait dit le président de la République.

 

Il est important de rappeler qu’en période de crise sanitaire, nombreux sont les restaurateurs qui se sont mobilisés pour préparer et livrer bénévolement des repas aux personnels soignants. (relire Les chefs avec les soignants « Occupez-vous de nous, on s’occupe de vous ».

Des hôteliers ont mis à disposition leurs chambres sans attendre d’être réquisitionnés. L’Etat a réussi à mobiliser de nombreuses parties prenantes pour surmonter cette crise sanitaire et économique; des fournisseurs d’énergies, aux banques, des organismes de cautionnement aux administrations fiscales et sociales. Les compagnies d’assurances sont attendues de pied ferme, à leurs cotés dans un engagement solidaire et durable.

 

Par Sandrine Kauffer-Binz

 

FB: #restoensemble

SIte: www.restoensemble.com

contact: trochain.laurent@orange.fr

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