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Edouard Philippe, le Premier Ministre a réuni ce jeudi 14 mai 2020, les acteurs du tourisme lors d’un comité interministériel. « Le sauvetage du secteur du tourisme est une priorité nationale. »

Les restaurants et cafés en zone verte se préparent à ouvrir le 2 juin 2020, à condition que « l’évolution de l’épidémie ne se dégrade pas et sous réserve que les mesures sanitaires recommandées par le Haut Conseil de Santé publique soient parfaitement respectées », a-t-il annoncé. Cette date devra être confirmée lors de la semaine du 25 mai.

En attendant, « il faut que notre capacité à contenir l’épidémie soit démontrée jusqu’au 2 juin. (…) Nous suivons une stratégie de déconfinement progressif. Nous préparons des protocoles, nous aurons des réponses le 25 mai pour les dates et modalités de réouverture du secteur touristique » a conclu Edouard Philippe.

A cette occasion, plusieurs annonces étaient attendues, notamment les mesures d’aides au secteur. Une enveloppe d’ 1,3 milliards d’euros va être débloquée, soit 18 milliards en tout pour la crise du Covid-19.

En attendant, les Français sont autorisés à partir en vacances en juillet et en août. Les HCR  se sont engagés à rembourser intégralement les réservations en cas d’annulations liées au covid.

Voici les mesures qui ont été annoncées :

Le fonds de solidarité restera ouvert pour les entreprises du secteur jusqu’à la fin de l’année 2020 et sera élargi aux entreprises qui réalisent jusqu’à 2 millions de CA et compte jusqu’à 20 salariés. L’aide pourra atteindre 10000 €.

Le Prêt Garanti Saison sera mis en place pour le secteur. Ses conditions seront plus favorables que le PGE (Prêt Garantie par l’Etat). Le plafond est de 25% pour le PGE alors que pour le Prêt Garanti Saison ce sera les 3 meilleurs mois de l’année précédentes.

L’enveloppe des prêts tourisme passera de 250 M€ à 1 Mds €.

> Les banques se sont engagées à proposer au PME un report des remboursements de leurs prêts sur 12 mois au lieu de 6 mois.

Exonération  des cotisations sociales patronales entre mars et juin. Elles le seront tant que le secteur restera fermé.

Un crédit cotisation sera accordé aux entreprises pour accompagner la reprise et sera imputable sur l’ensemble des cotisations dues représentant plus de 2Mds € d’aide au secteur.

Chômage partiel : les conditions actuelles seront conservées au moins jusqu’au mois de septembre 2020. Au-delà, l’activité partielle leur restera ouverte si leur activité ne reprend que progressivement, dans des conditions qui seront le cas échéant revues.

Un plan d’investissement de 1,3 Mds € soutenu par BPI France et la caisse des dépôts accompagnera les mesures présentées. Il va générer des investissements privés pour atteindre un chiffre global de 7 Mds €.

> Une offre d’accompagnement sera proposée et permettra à plus de 2000 entreprises d’en bénéficier.

>Dans le cadre de la loi de finance rectificative, les collectivités locales pourront prévoir des allègements sur les taxes de séjour et le dégrèvement de 2/3 des cotisations foncières que l’Etat financera à 50%.

> Le plafond d’utilisation des tickets restaurant sera doublé

Roland Heguy, président de l’UMIH

Réaction de l’Umih

« La profession a obtenu certaines satisfactions ce matin comme la date de réouverture fixée au 2 juin en zones vertes, mais il reste encore de grandes incertitudes pour notre profession », souligne Roland Heguy. « Il faut encore travailler et l’Umih et ses syndicats associés resteront mobilisée. C’est pourquoi, nous demandons au Gouvernement que soient organisés des points d’étape réguliers avec le secteur pour réévaluer le calibrage des aides en fonction de l’évolution économique car cette crise sera profonde et durable. »

Mais, notre filière représente 8% du PIB et plus de 2 millions d’emplois.

Nous déplorons l’attitude du monde des assurances

« Les assurances n’alimentent le fonds d’investissement qu’à hauteur d’1 milliard d’euros alors que nos pertes d’exploitation se sont déjà montées à 10 milliards et qu’elles sont appelées à se poursuivre partiellement du fait de l’obligation de réouverture en sous-capacité. L’attitude inflexible des assurances est condamnable car ce sont des milliers d’entreprises qui peuvent faire faillite.

C’est pourquoi, l’UMIH a vivement demandé au Gouvernement, de légiférer pour contraindre les assurances à prendre en charge une partie de la perte d’exploitation subie par nos entreprises pendant les mois de fermeture. L’UMIH travaille également à une offre d’assurance qui pourra être proposée aux entreprises du secteur CHRD.

La demande de prise en charge des loyers, qui n’a pas encore obtenu de réponse de la part de l’exécutif. Les loyers sont en effet une véritable bombe à retardement pour nos entreprises.

Enfin, le travail en lien avec les services de l’Etat sur les protocoles sanitaires n’est pas terminé. Il y a, pour la profession, une ligne rouge : Imposer 4m2 de distanciation dans les restaurants et bars comme pour les commerces. Roland Héguy a rappelé que le terrain s’impatientait pour recevoir le protocole validé par le Gouvernement car un restaurant et un hôtel n’ouvrent pas en 24h00, cela se prépare !

Réaction du  Syndicat des Indépendants (SDI)

Le Syndicat des Indépendants (SDI) qui représente les TPE, artisans, commerçants, et professionnels indépendants se félicite de ces dispositions qu’il demandait depuis longtemps. Un regret cependant : que ces mesures ne soient pas étendues à toutes les TPE de moins de 21 salariés. L’exonération des cotisations patronales notamment et la prolongation de cette mesure permettraient à ces entreprises de surmonter cette période difficile.
Pour le SDI, il est essentiel d’ajouter à ce plan l’abandon des charges URSSAF du chef d’entreprise et une année blanche pour certains impôts (IS, IR, CFE) afin de lui donner un peu plus de corps.

Pour resto Ensemble

Il y a une bonne nouvelle c’est la réouverture le 2 juin, mais sous réserve de l’épidémie. Mais nous sommes très déçus car nous attendions un véritable « plan Marshall« , un plan massif et une aide des assurances ! Il n’y a rien de tout cela. C’est la raison pour laquelle le collectif Resto Ensemble reste mobilisé et poursuit son combat pour faire valoir la perte d’exploitation (PE) par les assurances.
Le collectif prend le temps de recueillir les idées et les retours de ses membres. « Notre proposition des surprimes, défendue par Philippe Etchebest, n’a pas été entendue », regrette Laurent Trochain. « C’était pourtant un bon compromis. Va-ton devoir tous rompre nos contrats ? « , s’interroge-t-il. « A l’instar de l’assurance créée par les motards, la profession devrait-elle songer à créer sa propre assurance ? « 
Sur leur compte Facebook, ils affichent des photos et slogans chocs tels;  « Vous aimiez notre restaurant du village, vous pourrez bientot l’acheter ! «