À Lettenbach-Saint-Quirin, près d’Abreschviller, en Moselle, le Domaine de l’Éclaircie a ouvert ses portes le 1er août 2026, après trois années de chantier. Porté par Alexandra Schmitt et son frère, le chef Hugo Petri, ce projet familial transforme l’historique Auberge de la Forêt en un ensemble hôtelier et gastronomique réunissant 24 chambres, un restaurant, un espace bien-être et le Bar des Cimes. Le 5 octobre 2026, l’établissement a obtenu son classement quatre étoiles. Une nouvelle étape pour cette maison née en 1963, dont la table figure dans les sélections des guides Michelin et Gault&Millau.

Hugo Petri, une cuisine de terroir entre tradition et modernité
Avant de revenir dans l’établissement familial, Hugo Petri a notamment travaillé à l’Abbaye de la Bussière, en Bourgogne, au Cheval Blanc de Lembach, en Alsace, ainsi qu’à l’Hostellerie de la Montagne, à Colombey-les-Deux-Églises. Ces expériences ont nourri une cuisine française attachée aux fondamentaux classiques, mais ouverte aux associations contemporaines, aux textures et aux produits de saison. À La Table du Domaine, le chef accorde une attention particulière aux cuissons, aux sauces et à la lisibilité des assiettes. Le Guide Michelin référence le restaurant dans sa sélection de cuisine moderne, évoquant notamment la truite d’une pisciculture voisine, le risotto aux Saint-Jacques et aux girolles ou encore le tartare de bœuf au couteau. Gault&Millau distingue également l’adresse dans sa sélection, soulignant une cuisine de marché qui valorise les produits locaux. L’établissement bénéficie par ailleurs du titre de Maître Restaurateur et du label Qualité MOSL.

«La cuisine doit rester lisible, sincère, précise. Je veux que l’on retrouve ici cette générosité qui fait partie de notre histoire, mais avec davantage de maturité, de régularité et de finesse. Un plat réussi, c’est souvent un équilibre simple : le bon produit, la bonne cuisson, la bonne sauce, et l’envie de faire plaisir », précise Hugo Petri.
Les cartes proposées en 2026 illustrent cette orientation culinaire. Parmi les entrées figurent le tartare de truite fumée de la pisciculture Messang, accompagné d’un crémeux de céleri, de raifort, d’épinards et d’une sauce hollandaise, ainsi que les escargots de Moselle et ravioles de sous-bois, servis avec des croûtons, des copeaux de champignons et une écume. Le foie gras de canard au porto s’associe à une variation de poire et à des condiments aux noix, tandis que le panais est travaillé en plusieurs textures, avec une noisette torréfiée et un jus corsé de légumes.

Pour les plats, le chef propose notamment un dos de merlu, camaïeu de poireaux, gnocchis, beurre blanc et œufs de truite ; des noix de Saint-Jacques rôties, accompagnées d’une déclinaison de butternut et d’une écume au café ; ou encore un cœur de ris de veau doré à la sauge, servi avec du céleri, de la pomme verte et un jus de veau au porto. La volaille se présente en ballotine aux trompettes, avec polenta, maïs et sauce au porto. Les incontournables de la maison, tels que le tartare de bœuf au couteau et le risotto de Saint-Jacques, côtoient ainsi des propositions plus élaborées. Les desserts prolongent cette recherche autour des fruits et des textures : pomme verte en trompe-l’œil, poire pochée à la vanille avec crémeux de chocolat Valrhona, ou encore quetsches confites, panna cotta à la fève tonka et crumble aux amandes.
Les menus affichés vont de 48 € pour le Menu de l’Éclaircie à 79 € pour le Menu Saveurs d’Hugo, avec une formule intermédiaire à 66 €. Ces compositions correspondent aux cartes de saison consultables en octobre 2026 et sont susceptibles d’évoluer.

Vingt-quatre chambres, un spa et une nouvelle offre de restauration
L’agrandissement comprend un hôtel de 24 chambres, réparties en trois collections baptisées Calice, Forêt et Belle Roche. Sur trois niveaux, les ambiances déclinent des tonalités ocre, vertes et bleues, associées au bois, aux matières naturelles et aux ouvertures sur le paysage. Certaines chambres disposent de loggias ou de terrasses privatives, tandis que d’autres sont communicantes pour accueillir les familles. L’espace bien-être, réservé aux personnes de 16 ans et plus, comprend un grand bassin bouillonnant en inox, un sauna, un hammam, des douches avec seau norvégien, un atrium extérieur ouvert sur le ciel, deux salles de massage et une salle de fitness.

La marque Cinq Mondes accompagne les prestations de soins et les produits d’accueil. En complément du restaurant historique, le Bar des Cimes dispose d’une terrasse de 100 m² et propose boissons et collations dans un cadre ouvert sur le parc. L’offre s’est également diversifiée avec un Déjeuner des Cimes, présenté sous forme de buffet à 35 €, et un Dîner du marché en trois plats à 30 €. Cette pluralité de formules permet à l’établissement de s’adresser à différentes clientèles, depuis les habitués de la table jusqu’aux résidents de l’hôtel.
De l’Auberge de la Forêt à un domaine hôtelier quatre étoiles
L’histoire débute en 1963, lorsque Laurent et Odile Risch ouvrent un petit café familial à Lettenbach, au cœur du massif forestier. Au fil des décennies, l’établissement devient l’Auberge de la Forêt, une adresse appréciée des habitants de la région et des amateurs de gastronomie. En 1981, Nicole Risch prend le relais et fait évoluer la restauration vers une cuisine plus contemporaine. Ses enfants, Alexandra Schmitt et Hugo Petri, représentants de la troisième génération, poursuivent aujourd’hui cette aventure avec des responsabilités complémentaires : à elle l’accueil et la gestion, à lui les cuisines. Après trois années de travaux, ils donnent une nouvelle dimension à la maison familiale, désormais tournée vers une clientèle de restauration et de séjour.

« Nous sommes frère et sœur, associés, mais aussi les héritiers d’une maison qui existait avant nous et qui devait continuer à avancer. Tout l’enjeu était là : ne pas trahir l’histoire, ne pas figer le lieu non plus », expliquent les propriétaires.
Avec cette ouverture, Alexandra Schmitt et Hugo Petri inscrivent une entreprise familiale de plus de soixante ans dans une nouvelle étape de son développement. Ils ont réussi à conjuguer une activité gastronomique déjà installée, une offre hôtelière haut de gamme et des prestations de bien-être, sans perdre l’identité qui a construit la réputation de l’ancienne Auberge de la Forêt.
par Sandrine Kauffer-Binz
photos ©Domaine de l’Éclaircie
Domaine de l’Éclaircie – 276, rue des Verriers, 57560 Lettenbach-Saint-Quirin / Abreschviller.




