Il faut absolument suivre les instructions de Guy Ehrhart pour se rendre au Domaine des Fontenelles dans les fermes de Pinpin sur les hauteurs de Labaroche, au cœur du pays Welches. Le panneau indiquant le hameau, bifurque pile lors d’un virage en épingle. Gites presque confidentiels, complètement métamorphoses avec goût, charme et cachet, méritent le détour pour se retrouver «seul au monde», enlacé d’un vert forestier qui invite à se reconnecter avec la nature.

Guy Ehrahrt devant sa collection de pot à lait et barate à beurre Ferme de Pinpin ©Sandrine Kauffer-Binz

Guy Ehrhart, l’hôte de ces lieux, accueille avec truculence. Guy sait recevoir, il s’empare des bagages et commente la visite des lieux. Il est aux petits soins pour ses convives, généreux en conseils pour les randonnées, la visite du musée à bois à Labaroche ou les restaurants et distilleries environnants. Mais, est-ce bien nécessaire? il y a tout sur place pour cuisiner, faire un barbecue entre amis ou une grande tablée familiale près de la piscine (accessible à tous les gites).

Toute la journée, Guy s’affaire sur la propriété aux travaux d’entretiens et d’embellissement.  5 gites de taille et d’atmosphères différentes composent les fermes de Pinpin.

Le grenier, la fermette, la grange à foin, la ferme de l’oncle Jules, la maison Troglodyte, cultivent chacun leur singularité.

Le gite troglodyte et sa large baie vitrée Ferme de Pinpin ©Sandrine Kauffer-Binz

Vue sur l’étang et les crêtes vosgiennes

 

Le Gite, « troglodyte » se targue d’une vue imprenable sur l’étang, la vallée et les crêtes vosgiennes. Astucieusement aménagé, enfoui sous la terre et la pierre, le gite est invisible depuis la route. La baie vitrée qui court sur la longueur de l’appartement, traversant, salon et chambre, est une ouverture sur la nature verdoyante.

Plus loin, une ferme vosgienne datant de 1850, réunie aujourd’hui deux gites distincts. Cette ferme a survécu « miraculeusement » aux deux guerres et lors de la réhabilitation, sa grange, son étable et sa partie habitation ont été réunies dans une seule maison.

Les anciennes mangeoires transformées en banquette avec coussin sont parfaites « en coin lecture »  -Ferme de Pinpin ©Sandrine Kauffer-Binz

En bas, c’est l’entrée de la ferme de l’oncle Jules qui respire la vie de famille du début du siècle dernier. Photos, objets, lits, et tableaux appartiennent et incarnent les ancêtres de Guy, son patrimoine et son histoire. Il y a des objets du trousseau de sa maman, des photos d’enfance, du mariage de ses parents, du linge de lit et de maison orné de belles broderies. Près de la cheminée dans le salon, de superbes boiseries d’époque, témoignent de la vie dans l’étable, avec par exemple les mangeoires des vaches transformées en banquettes pour lire ou flâner devant la cheminée.

L’authenticité de cette vie paysanne devient douillette sous la main décorative et experte de Guy, qui dépose de nombreux coussins, peaux de bêtes, vieilles embrases et tissus alsaciens. Mais, dans les fermes de Pinpin, l’authenticité se conjugue avec le confort de la modernité; que ce soit dans l’électroménager, ou la literie, avec une mention particulière pour la cuisinière « collector : un petit bijou ! », s’exclame Guy, ravi. « C’est elle, qui assure le chauffage central de la maison », confie-t-il.

La cuisinière chauffe aussi toute la ferme Ferme de Pinpin ©Sandrine Kauffer-Binz

Une décoration chinée au goût certain

D’un style ancien, mais d’un goût certain, Guy a tout décoré avec soin.

«J’adore chiner, faire les brocantes et y apporter des objets magiques, historiques, et leur donner une seconde vie. Mais, l’ancien hôtelier, qui tenait l’hôtel des Vosges à Turckheim, y a mis également toute son âme, ou plutôt des empreintes de son histoire personnelle ; sa vie, son enfance, ses parents, sa famille, ses envies, sa trajectoire et ses voyages, sa passion pour le Maroc, (tapis et luminaires), ses collections de canard, de barattes à beurre, ou encore de belles vaisselles alsaciennes.

Avec générosité et simplicité, il raconte volontiers qui il est, d’où il vient, conteur et charmeur, regard pétillant et malicieux, il partage ce qui l’anime et le fait vibrer.

le grenier -Les fermes de Pinpin ©Sandrine Kauffer-Binz

 

Le haut de la maison est le gite « Le grenier », avait à l’époque cette fonction.

L’accès au gite, dans l’esprit d’un chalet, se fait par la toiture. Autre style et autre ambiance, la grande pièce à vivre expose un meuble de cuisine central tout équipé, et le coin salon a une vue imprenable sur l’étang, niché sous la grande charpente, ambiance cosy avec sa cheminée et ses peaux de mouton.

Guy Ehrhart a donné une seconde vie aux deux vieilles fermes ©Sandrine Kauffer-Binz

Diplômé de l’école hôtelière de Lausanne, ce grand voyageur, qui a fait escale en Californie, à ou encore à Tahiti, est revenu en Alsace en 1994, poser ses valises professionnellement à l’hôtel des Vosges à Turckheim. Il avait 40 ans. Quelques mois plus tard, il achète également une première ferme et en 2005, la seconde. Toute sa vie, il avait convoité ces acquisitions, les deux fermes du petit hameau des Fontenelles. 

Pour Guy, c’était un rêve de longue date qui s’est concrétisé, puisque depuis son enfance, chaque année, il y venait en vacances. « C’était mon terrain de jeu. Je m’asseyais dans l’herbe, des heures à admirer cette vue magnifique. Et je me suis promis qu’un jour, ces fermes seraient à moi ! J’aime l’idée de me sentir seul, de penser que c’est ma vallée et qu’il n’y a pas de voisin », sourit-il.

Ce joli retour aux sources, flirtant avec ses tendres années, est devenu un havre de paix, à partager.

 

Par Sandrine Kauffer-Binz

Crédit photos et vidéos ©Sandrine Kauffer-Binz

Site les fermes de Pinpin