Alexandre Zoccolan remporte le Trophée Émile Jung 2026

Le 16 mars 2026, à Strasbourg, dans le cadre du salon Egast, la troisième édition du Trophée Émile Jung a réuni de jeunes cuisiniers venus défendre une certaine idée de la grande cuisine française – exigeante, technique et profondément attachée à la tradition des sauces et aux accords mets-vins. La compétition perpétue l’héritage du chef Émile Jung, figure majeure de la gastronomie alsacienne, grand saucier et fondateur de l’Association des Sommeliers d’Alsace.

Le film

palmarès

  • 1er Alexandre Zoccolan* – Restaurant Julien Binz (Ammerschwihr – 68)
  • 2ème Valéria Ringenbach – Le Vatrivin (Ammerschwihr – 68)
  • 3ème Alain Schmitt – Restaurant du Musée (Fréland – 68)

4ème exaquio

  • Kylian Bonnard – La Pyramide** (Vienne – 38)
  • Ernest Dorgler – L’auberge de l’Ill** (Illhaeusern – 68)
  • Edoardo Ruffato – La Cheneaudière* (Colroy La Roche – 67)

Prix meilleur commis

Joël Dibietsch (CEFPPA Adrien Zeller), apprenti au Crocodile, a remporté le prix du meilleur commis. Il avait été désigné commis pour Alexandre Zoccolan

Durant trois heures et demie d’épreuve, les candidats ont dû démontrer leur maîtrise technique autour de deux préparations imposées. La première consistait en une terrine de deux poissons accompagnée d’une sauce chaude ou froide à base de vin blanc d’Alsace, le tout devant s’accorder avec un vin que chaque concurrent devait présenter et défendre devant le jury. La seconde épreuve mettait à l’honneur la caille et le foie gras, servis avec deux garnitures et une sauce, laissant aux candidats la liberté d’interpréter ce classique dans le respect de l’esprit du concours.

Au terme de cette épreuve particulièrement exigeante, le jury a distingué trois candidats. La victoire revient à Alexandre Zoccolan, du Restaurant Julien Binz à Ammerschwihr. Il est suivi par Valéria Ringenbach, Le Vatrivin, et Alain Schmitt, du Restaurant du Musée.

Trois autres cuisiniers se classent quatrièmes ex aequo : Kylian Bonnard, de La Pyramide, Ernest Dorgler, de L’Auberge de l’Ill, et Edoardo Ruffato, de La Cheneaudière.

La compétition était présidée par Jean-Georges Vongerichten, chef alsacien installé à New York et à la tête d’une quarantaine de restaurants dans le monde, dont le célèbre Jean-Georges à Manhattan. Autour de lui, un jury composé de grandes figures de la gastronomie internationale : Michael Ellis, Peter Knogl, les Meilleurs Ouvriers de France Chantal Wittmann et Antoine Wœrlé, ainsi que Pierre Zimmermann, Christophe Schmitt, Éric Westermann et Thomas Mack.

Au-delà du palmarès, le Trophée Émile Jung rappelle combien la grande cuisine se construit dans la transmission. Avec son épouse Monique Jung, Émile Jung a fait rayonner pendant des décennies le restaurant Le Crocodile et la gastronomie alsacienne bien au-delà des frontières françaises. Toujours engagée dans la transmission aux jeunes talents, Monique Jung poursuit aujourd’hui cette mission avec la même bienveillance.

Plus qu’un concours, le Trophée Émile Jung célèbre ainsi une certaine idée de la gastronomie : une cuisine fondée sur la précision, la maîtrise des sauces et l’intelligence des accords avec le vin. À Strasbourg, le nom d’Émile Jung continue d’inspirer une nouvelle génération de cuisiniers bien décidée à écrire la suite de cette histoire culinaire.

Une preuve supplémentaire que l’héritage d’un grand chef peut continuer de vivre, porté par celles et ceux qui, aujourd’hui, prennent à leur tour le relais.

Monique Jung ©Weiss

Discours prononcé par Monique Jung

Mesdames, Messieurs, chers amis,
organisateurs, participants et partenaires du Trophée Émile Jung,

Nous sommes tous réunis ce soir pour la troisième édition du Trophée Émile Jung, en hommage à mon regretté époux. Je suis très heureuse que les déesses qui tissent le fil de nos existences me permettent une nouvelle fois d’ouvrir cette cérémonie.

Depuis que Roger Bouhassoun, président des Chefs d’Alsace, a eu la lumineuse idée de ce trophée, que Jean-Paul et Philippe Burrus ont spontanément soutenu, avec le concours logistique de Véronique Siegel et Christophe Weber, respectivement présidente et directeur de l’UMIH 67, ce concours culinaire est allé crescendo à chaque édition et le plateau proposé cette année est tout simplement exceptionnel, tant par la qualité des participants que par celle des membres du jury.

Ainsi abondée par des fées bienveillantes, il importait également que l’épreuve se déroule dans un écrin au diapason, et celui d’Egast, fort de ses quarante années d’expérience, rallie naturellement tous les suffrages.

Émile n’a jamais manqué une édition d’Egast. Il y participait à des titres divers : en faisant des démonstrations de cuisine, en coachant des participants aux différents concours, en contribuant à l’accueil de grands chefs nationaux et étrangers, en innovant avec Hervé This dans la cuisine moléculaire et en présidant divers jurys. Chère Josiane, il ne savait rien vous refuser et il partageait avec vous l’amour de cet événement.

À titre personnel, je suis impressionnée par la somme et la conjonction des efforts consentis par l’ensemble des acteurs du trophée. Tous fixent le même horizon et chacun polit sa pierre pour qu’elle s’intègre idéalement dans ce bel édifice.

Henry Ford aimait à dire :
« Se rassembler est un début. Rester ensemble est un progrès. Travailler ensemble est un succès. »
Voilà qui illustre bien ce que m’inspirent votre engagement et votre cohésion.

Le thème du trophée cette année est décliné en deux apprêts : une terrine aux deux poissons et une caille au foie gras. Émile avait une prédilection pour le petit volatile et il lui bombait le torse sans parcimonie avec l’exquis viscère de la mère l’oie.

Les six finalistes en compétition ce jour ont rivalisé de prouesses pour réaliser ces deux mets. Il est vrai qu’ils disposent déjà d’un savoir-faire avéré, exprimé dans les maisons dont ils sont originaires : La Pyramide à Vienne, l’Auberge de l’Ill, le Valtrivin et le Restaurant Julien Binz à Ammerschwihr, La Cheneaudière à Colroy-la-Roche et le Restaurant du Musée à Fréland.

Se préparer à un concours culinaire de ce niveau exige de lui consacrer beaucoup de temps, souvent pris au détriment de celui dit libre, ce qui implique une forme d’abnégation et de disponibilité dont l’usage, de nos jours, est moins dense que dans le passé.

Mais cet état d’esprit, au service d’un métier entièrement dévolu à la noble mission de « donner à manger », que tous les six vous célébrez, est de nature à susciter d’autres initiatives et, j’en suis persuadée, d’autres vocations.

En exerçant votre métier de cuisinier avec enthousiasme et persévérance, vous accéderez à l’excellence, votre légitime motivation. Pour cela, vous avez droit à notre sincère reconnaissance.

Le jury, qui a eu la rude tâche de vous départager, est des plus prestigieux. À sa tête, Jean-Georges Vongerichten, grand chef alsacien établi à New York, Chicago, Las Vegas, Marrakech, Singapour — la liste n’est pas exhaustive. Avec lui : Peter Knogl, trois étoiles Michelin au Trois Rois de Bâle ; Thomas Mack, deux étoiles Michelin à l’Ammolite à Europa-Park ; Christophe Schmitt, une étoile au Berceau des Sens de l’École Hôtelière de Lausanne ; Éric Westermann du Buerehiesel, président des Étoiles d’Alsace ; Pierre Zimmermann, maître boulanger et lauréat de la Coupe du monde de boulangerie, qui apprend le pain français aux Américains dans sa Fournette de Chicago ; et Michael Ellis, ancien directeur international des guides Michelin.

Enfin, je sais gré aux organisateurs du trophée d’avoir prévu dans la composition du jury deux éminents représentants des arts de la table : Chantal Wittmann, Meilleur Ouvrier de France, et Antoine Woehrlé, également Meilleur Ouvrier de France et ancien du Crocodile.

La complémentarité entre la cuisine et la salle est aussi indispensable qu’indissociable et elle a grand besoin, de nos jours, d’être davantage mise en valeur. Il en va de la pérennité de ce modèle qu’est le repas français tel qu’il a été labellisé par l’UNESCO.

Grâce à vous tous, le Trophée Émile Jung est à présent bien ancré non seulement à Egast mais aussi dans l’actualité professionnelle en général.

Il contribue à la diffusion de cette gastronomie française qui continue de rayonner à travers le monde, n’en déplaise à certains détracteurs.

À l’heure où de noirs cumulus obscurcissent l’azur du ciel, les arts de la table nous rassemblent et nous unissent dans l’acte fédérateur de se nourrir, non seulement pour satisfaire l’élémentaire besoin alimentaire mais pour l’embellir de partages, d’émotions et, j’ose le dire, de fraternité.

Aujourd’hui comme hier, chaque bouchée de la cuisine française est un souvenir en devenir.

Le jury

  • Michael Ellis (F&B FEBC Group, ancien directeur international des Guides Michelin)
  • Peter Knogl (Les Trois Rois*** Bâle)
  • Thomas Mack (Eatrenalin **- Europa Park)
  • Christophe Schmitt (Le Berceau des Sens*, Ecole hôtelière de Lausanne)
  • Antoine Woerlé (MOF Arts de la Table)
  • Pierre Zimmermann (La Fournette – Chicago), vainqueur de la coupe du monde de boulangerie 1996
  • Eric Westermann (Le Buerehiesel – Président des Etoiles d’Alsace)
  • Jean-Paul Burrus président de l’association Emile Jung

Revoir le film 2024 sur Egast

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le trophée Emile Jung ©Sandrine Kauffer